Des travailleurs de la santé de la région interpellent la ministre de la Justice et député de Champlain, Sonia LeBel.
Des travailleurs de la santé de la région interpellent la ministre de la Justice et député de Champlain, Sonia LeBel.

Les travailleurs de la santé interpellent Sonia LeBel

Trois-Rivières — Des travailleurs de la santé de la région interpellent la ministre de la Justice et député de Champlain, Sonia LeBel, pour qu'elle se fasse porteuse d'une pétition qui circule depuis environ deux semaines, récolant près de 2600 signatures et réclamant une enquête publique indépendante sur la gestion de la crise de la COVID-19 par le CIUSSS-MCQ. La demande a été formulée en marge d'une manifestation qui les a vu partir de l'hôpital du Centre-de-la-Mauricie, à Shawinigan pour se rendre jusqu'au siège social du CIUSSS-MCQ à Trois-Rivières, dimanche matin.

Les règles de distanciation sociale ne semblent pas avoir entamé la capacité des syndicats de mobiliser leurs membres. Masque au visage, les manifestants et leaders syndicaux ont dit apprécier sentir le soutien de population. Le cortège aura fait quelques détours, s'arrêtant devant divers centres d'hébergement et points de service du réseau de la santé pour saluer les travailleurs en poste. «J'en ai vu plusieurs qui avaient les larmes aux yeux», relate Marie-Line Séguin, vice-présidente régionale de la Fédération de la santé et des services sociaux CSN.

«Malgré les remerciements constants du gouvernement chaque jour, on a vite constaté que les arrêtés ministériels ont suivi et qu'on nous brime dans nos conditions de travail», lance quant à lui Pascal Bastarache, président du Syndicat personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers-CSN. Le syndicaliste s'attire l'approbation de la foule en évoquant les congés et les périodes de vacance récemment révoqués.

De son côté, Paul Lavergne, président du Conseil central du Cœur du Québec de la CSN, se désole que les décisions qui émanent de «la tête» ne se rendent pas sur le terrain. Au sujet de l'enquête qu'il souhaiterait voir prendre place, il déclare que «si le constat qui en ressort est que le CIUSSS est devenu une machine trop grosse, qu'il faut démanteler, eh bien, qu'on en prenne acte».

Principale interpellée, la députée Sonia LeBel a répondu par écrit à notre demande d'entrevue. Elle dit prendre acte de la pétition. «Nous allons prendre le temps d’analyser son contenu. À ce stade-ci, la priorité du gouvernement demeure de gérer la crise sanitaire que nous traversons. Le premier ministre l’a dit, une fois la crise derrière nous, nous ferons un post-mortem et nous examinerons les gestes à poser», a écrit la députée.

Au CIUSSS-MCQ, on ne veut pas commenter la pétition, «puisqu'elle ne nous est pas adressée», fait valoir Guillaume Cliche, agent d'information pour l'organisation. Il rappelle toutefois qu'une évaluation interne est en branle et que le concours d'un expert indépendant a été sollicité. On assure que si une enquête devait prendre place le CIUSSS-MCQ y collaborerait.