Les terrasses de la rue des Forges étaient pleines à craquer, samedi soir, à Trois-Rivières.
Les terrasses de la rue des Forges étaient pleines à craquer, samedi soir, à Trois-Rivières.

Les terrasses en demande à Trois-Rivières et Shawinigan

TROIS-RIVIÈRES — Après des mois difficiles en raison du confinement et des mesures sanitaires liées à la COVID-19, plusieurs restaurateurs doivent souffler un peu en voyant leurs terrasses bien remplies. En effet, les projets de terrasses agrandies aux centres-ville de Shawinigan et Trois-Rivières ont réussi à attirer les foules... tout en respectant la distanciation.

À Trois-Rivières, sur la rue des Forges rendue piétonnière entre les rues Champlain et du Fleuve, les terrasses étaient pleines à craquer, samedi soir. Quelques centaines de mètres plus loin, de nombreuses personnes étaient également attablées à la terrasse collective Saint-Lau, une initiative de Trois-Rivières Centre qui permet de déguster des plats concoctés dans l'un des 13 restaurants participants. Les commandes sont amenées par des livreurs à vélo de l'entreprise trifluvienne ÉcoByke. Une idée qui marche du tonnerre à en croire Gena Déziel, directrice générale de Trois-Rivières Centre.

«Ça dépasse nos attentes. Aujourd'hui (samedi), on est complet, hier (vendredi), c'était la même chose. On ne peut même pas prendre les ''walk-in'' (les clients qui se présentent sans réservation, NLDR), on n'a même plus de tables disponibles», se réjouit-elle.

De l'avis de quelques livreurs, la terrasse collective était moins pleine samedi soir que la veille. Il faut dire que l'expérience proposée est bien différente de celle des terrasses du centre-ville. 

On troque l'ambiance sonore bien remplie et la vue des passants sur ces dernières à un calme quasi plat et une vue imprenable sur le fleuve Saint-Laurent, le port de Trois-Rivières, le pont Laviolette et la rive sud.

L'ambiance était nettement plus tranquille à la terrasse collective Saint-Lau.

Toujours aussi pleine après les vacances?

Il faut cependant relever que la terrasse collective s'est ouverte au début des vacances de la construction, qui se terminent cette fin de semaine. Est-il à craindre que la popularité de cette initiative chute avec le retour au travail de nombreux Québécois et Québécoises?

«On ne craint pas que ça retombe après les vacances de la construction. On est l'été, et il reste d'autres vacances. Et puis, Trois-Rivières, on est une belle destination, on se situe entre Montréal et Québec. J'ai vu des clients qui venaient de partout : de l'Ontario, de Joliette, de partout», souligne Mme Déziel.

Celle-ci ajoute avoir vu des réservations jusqu'au 22 août. Elle souligne également que la terrasse collective est l'occasion pour les Trifluviens de redécouvrir leur centre-ville et son parc portuaire dans un autre contexte.

À savoir si, malgré ce coup de pouce, le centre-ville risque de perdre d'autres restaurateurs, abattus par les conséquences de la COVID et du confinement, Gena Déziel reste optimiste.

«Je pense que le moral est toujours là. C'est sûr que c'est plus difficile cette année compte tenu des restrictions. Mais il y a d'autres éléments qui font en sorte qu'on garde le moral», assure-t-elle.

La terrasse collective Saint-Lau demeurera ouverte jusqu'à la mi-septembre, du mercredi au dimanche à partir de la semaine prochaine. Les heures d'ouverture sont de 17h à 22h, mais les commandes doivent être passées entre 17h30 et 21h30. Il faut numériser un code QR avec un téléphone intelligent pour accéder à une application qui permet de commander dans les 13 restaurants participants, soit Les Ailes Piquantes, l'Angéline, Le Brasier 1908, Les Contrebandiers, La Gamba, Le Lupin, Madame Woo, La Maison de Débauche, Le Manoir du Spaghetti, Le Poivre Noir, Le Pot, Sushizo et Le Temps d'une Pinte. Il est souhaitable de réserver une table par la page Facebook de la terrasse, ou sur le site eventool.com.

Les terrasses sont aussi bien remplies à Shawinigan, surtout sur l'avenue Willow.

Un succès aussi à Shawi

À Shawinigan, la fermeture de la rue Tamarac et de l'avenue Mercier, entre les 4e et 5e rues de la Pointe, et de l'avenue Willow permet également aux restaurateurs d'étendre davantage leur terrasse. Cette mesure visait, comme à Trois-Rivières, à leur donner un coup de pouce pour les aider à traverser la crise de la COVID-19. Bien que la place était moins remplie samedi soir qu'à Trois-Rivières, sauf sur l'avenue Willow, notamment grâce au Broue pub et resto Le Trou du Diable, l'initiateur de ce projet, le président du Regroupement des gens d’affaires de Shawinigan Claude Villemure, affirme que les restaurateurs en ont pour leur argent.

«Selon les discussions que j'ai avec les restaurateurs, ils sont très heureux. La clientèle et les revenus sont là. Ce qu'ils perdent à l'intérieur, ils ont pu le récupérer à l'extérieur. Il y a même des terrasses pour lesquelles il y a des files d'attente», se réjouit Claude Villemure.

Comme à Trois-Rivières, les Shawiniganais ont l'occasion de redécouvrir leur centre-ville, notamment avec des promenades en vélo avec l'entreprise ÉcoByke, les vendredis et samedis. Les citoyens de Shawinigan sont d'ailleurs nombreux à venir encourager les restaurateurs de chez eux, selon M. Villemure. Ce dernier espère qu'ils demeureront au rendez-vous même une fois l'été terminé.

«Ça va être important que les gens soient encore là cet hiver. Quand les terrasses seront fermées, ça va être plus difficile», prévient-il.

Les restaurants du centre-ville shawiniganais semblent d'ailleurs tenir bon malgré la tourmente, selon l'homme d'affaires, lui-même restaurateur.

«Il n'y a pas un restaurateur à date qui m'a tenu un discours négatif disant: on ne passera pas au travers. Tous ceux qui sont là travaillent très fort, sont très imaginatifs. Je ne dis pas que ça va être facile, mais je pense que tout le monde va passer au travers», prédit M. Villemure.

Celui-ci reconnaît que la météo favorable des dernières fins de semaine a contribué grandement à l'achalandage des terrasses. Il remercie également les autorités, dont la Régie des alcools, des courses et des jeux, qui ont permis aux restaurateurs de «sortir des sentiers battus» sans trop de dédales administratifs.