Les syndiqués de Rio Tinto Alcan de Shawinigan sont convoqués à une nouvelle assemblée générale afin de prendre connaissance de «nouveaux éléments» concernant l'acquisition du centre de coulée par le consortium Sotrem-Pluri-Capital.

Les syndiqués de Rio Tinto convoqués à une nouvelle assemblée

Les syndiqués de Rio Tinto Alcan de Shawinigan seront convoqués à une nouvelle assemblée générale, les 15 et 16 avril à l'Auberge Gouverneur, afin de prendre connaissance de «nouveaux éléments» concernant l'acquisition du centre de coulée par le consortium Sotrem-Pluri-Capital.
<p>Louis-Gérard Dallaire, président du Syndicat des travailleurs de l'usine Alcan.</p>
Il s'agira vraisemblablement du vote de la dernière chance pour permettre à l'entreprise saguenéenne de poursuivre les activités de cette usine au-delà du 31 décembre 2014.
Rappelons que les 24 et 25 mars, les syndiqués avaient rejeté à 65 % l'offre de contrat de travail proposée par Sotrem et recommandée par le comité de négociation. La nouvelle convention collective impliquait notamment une réduction de 40 % du taux horaire et des changements importants dans le régime de retraite.
Malgré ce résultat, les canaux sont demeurés ouverts entre les parties. Le président-directeur général de Sotrem, Michel Boudreault, a toujours maintenu qu'il ne pouvait aller plus loin dans ses offres. La clé pourrait se trouver dans les poches du propriétaire actuel, Rio Tinto Alcan, sur les conditions de séparation.
La convocation pour les assemblées générales de la semaine prochaine est affichée dans l'usine. Joint jeudi en fin d'après-midi, le président du Syndicat des travailleurs de l'aluminerie Alcan (CSN), Louis-Gérard Dallaire, ne pouvait que confirmer l'appel pour cette nouvelle présentation, sans vouloir entrer dans les détails pour le moment.
«Le sujet est trop sensible», laisse-t-il tomber.
En fait, l'enjeu est devenu tellement délicat que le maire, Michel Angers, a été prié de ne pas se présenter à ces assemblées. En congé sans solde, l'ex-syndiqué souhaitait expliquer de vive voix les implications de ce vote.
M. Angers avait causé tout un émoi chez les travailleurs en communiquant publiquement sa déception à la suite du rejet des offres. Il avait laissé entendre que le dossier de Sotrem était «interrelié» avec un autre, vraisemblablement celui de FerroAtlántica. Il avait notamment déclaré que le risque était grand de «tout perdre».
Or, jamais les syndiqués n'avaient été mis au courant de ces liens entre les deux dossiers et M. Dallaire avait mentionné que dans son esprit, il n'en existait pas. Voilà pourquoi M. Angers souhaitait expliquer le dossier dans une perspective plus large en assemblée générale.
Mais compte tenu de la réaction suscitée par ses déclarations et du climat extrêmement émotif entourant cette nouvelle réflexion, M. Dallaire a demandé au maire de ne pas se présenter aux prochaines assemblées.
«Je leur fais confiance», commente M. Angers. «Je pense que le message a été livré. Tout est en place pour une réussite.»
Le maire assure qu'il ne s'offusque pas trop de cette suggestion, même s'il tenait visiblement à se présenter à ces assemblées.
«Ça ne m'empêchera pas de rencontrer le président du syndicat pour lui expliquer l'ensemble des démarches qui entourent tout ça, si le besoin s'en fait sentir», fait-il remarquer. «Mon objectif n'est pas de soulever des susceptibilités. L'objectif que je poursuis, c'est que ça marche! S'ils se sentent bien en selle, ça me va. J'ai confiance au résultat.»
Rappelons que l'entente d'exclusivité qui permet à Sotrem de négocier l'acquisition du centre de coulée avec Rio Tinto Alcan vient à échéance le 20 avril. M. Boudreault souhaiterait obtenir un vote positif pour une nouvelle convention collective avant cette date. Par la suite, il pourrait s'attaquer au dernier droit des négociations pour l'approvisionnement en eau, en électricité et en aluminium de sa future usine.