Les membres de la FIQ, dont la présidente Nathalie Perron à l’avant-plan, réclament la fin des arrêtés ministériels qui avaient été appliqués en lien avec la pandémie.
Les membres de la FIQ, dont la présidente Nathalie Perron à l’avant-plan, réclament la fin des arrêtés ministériels qui avaient été appliqués en lien avec la pandémie.

Les syndicats du secteur de la santé accentuent la pression [VIDÉOS]

Trois-Rivières — Les travailleurs du secteur de la santé accentuent la pression sur le gouvernement, alors que les syndicats représentant tant les infirmières que les préposés aux bénéficiaires et auxiliaires de services à domicile manifestaient mardi, à Shawinigan et Trois-Rivières. Et alors que les revendications touchant à la fois le ministère de la Santé et le Conseil du trésor se faisaient entendre, les représentants syndicaux accueillent avec prudence les nouvelles nominations au conseil des ministres.

À Trois-Rivières, les membres du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers – CSN, ont manifesté devant le Centre Cloutier-du Rivage, afin de réclamer que le gouvernement Legault respecte ses engagements électoraux dans les négociations de la convention collective, échue depuis le 31 mars dernier.

«On n’a pas arrêté d’entendre M. Legault en point de presse nous dire merci et combien nous étions importants, mais concrètement les gestes qu’il pose ne reflètent pas ça. On manifeste symboliquement devant l’un des centres qui a été le plus éprouvé au Québec durant la pandémie. À nos yeux, M. Legault nous semble déconnecté de la réalité et semble davantage préoccupé par son image politique», résume Pascal Bastarache, président du syndicat.

Ce dernier rappelle que le gouvernement a offert aux travailleurs de la santé des augmentations de 5% sur trois ans, ce qui rappelle-t-il ne représente même pas l’inflation. Par ailleurs, M. Bastarache dénonce l’inaction du gouvernement en ce qui concerne le règlement de l’épineuse question de l’équité salariale pour les préposés aux bénéficiaires et les auxiliaires à domicile. «On se contente de distribuer des primes d’état d’urgence et des primes temporaires, qui peuvent être retirées à tout moment au gré des décisions gouvernementales», déplore-t-il.

Une quinzaine d’infirmières membres de la FIQ ont participé à une manifestation sur le viaduc du Capitaine-Veilleux, dans le secteur Shawinigan-Sud

À Shawinigan, une quinzaine d’infirmières membres de la FIQ ont également participé à une manifestation sur le viaduc du Capitaine-Veilleux, dans le secteur Shawinigan-Sud. Les membres de la FIQ réclament la fin des arrêtés ministériels qui avaient été appliqués en lien avec la pandémie. Selon la présidente Nathalie Perron, la situation actuelle dans les différents établissements ne justifie plus d’avoir recours à ces arrêtés.

«On veut s’assurer que les droits de nos membres soient respectés. Présentement, on se sent pris en otage avec ces arrêtés. On vit toujours sous la menace de se faire annuler les vacances, ou modifier les horaires. La charge physique et mentale liée à tout ça est extrêmement difficile», dénonce Nathalie Perron.

Cette dernière dit avoir proposé des solutions qui sont pour le moment demeurées lettre morte. «Quand la situation l’exige, et s’il devait y avoir une recrudescence des cas (de COVID-19), on serait capable de s’asseoir et de discuter pour continuer d’assurer un bon service à la population. Mais pour le moment, l’organisation du travail peut être faite autrement qu’avec la menace de ces arrêtés», croit-elle.

Remaniement ministériel

Tant M. Bastarache que Mme Perron accueillent avec prudence la nomination de Christian Dubé comme nouveau ministre de la Santé, en remplacement de Danielle McCann. Prêts à donner la chance au coureur, les deux présidents se questionnent tout de même sur ce choix du premier ministre. «Mme McCann était une personne très terrain. J’espère que quelqu’un qui arrive du milieu des finances pourra rapidement comprendre le système de santé», signale Nathalie Perron, qui salue toutefois la volonté exprimée par François Legault de voir les gestionnaires des centres être plus imputables des décisions prises.

«Ça c’est vraiment pertinent. Nous sommes capables de faire mieux et oui, il va falloir que des gens soient imputables parce que ça retombe sur le dos des professionnels», croit-elle.

Pascal Bastarache se dit pour sa part sceptique de ce choix à la Santé. «C’est un businessman. Nous avons besoin en ce moment de plus d’humanité et de plus d’écoute, plutôt que de quelqu’un qui est bon avec les chiffres. On verra ce qu’il va pouvoir apporter», indique-t-il.

Les membres du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers – CSN, ont manifesté devant le Centre Cloutier-du Rivage, afin de réclamer que le gouvernement Legault respecte ses engagements électoraux dans les négociations de la convention collective, échue depuis le 31 mars dernier.

Quant à la nomination de Sonia LeBel au Conseil du trésor, et donc de ses nouvelles responsabilités de négocier avec le secteur public, les deux représentants syndicaux laissent la chance au coureur. «Mais je crois que d’avoir une femme au Conseil du trésor est une bonne chose, et j’espère qu’on aura de l’écoute de sa part quand viendra le temps de trancher la question de l’équité salariale. J’ose croire qu’elle sera sensible à cette revendication», note Pascal Bastarache.