François de Grandpré
François de Grandpré

Les stages en tourisme se déroulent comme prévu

TROIS-RIVIÈRES — Nous sommes au printemps 2020. Le monde entier est aux prises avec la COVID-19. Au Québec, les attractions touristiques, les sites de plein air, les événements, les voyages, les transporteurs, les hébergements et les sites culturels sont tous en suspens afin d’aider à résister à l’envahisseur. Tous? Non, car les irréductibles étudiants en tourisme de la région font leurs stages comme prévu.

«Tous les stages ont repris», se réjouit le professeur François de Grandpré du département d’études en loisir, culture et tourisme de l’UQTR. Ils sont 57 et une quarantaine sont en télétravail au service de diverses entreprises du milieu. Les 17 autres ont soit reporté leur stage à l’automne, soit entrepris des stages auprès de chercheurs de l’Université. Certains sont encore indécis et d’autres ont décidé d’entreprendre des projets personnels en lien avec leur champ d’études.

Au Collège Laflèche, les étudiants du programme de Tourisme font eux aussi, comme prévu, les stages nécessaires à leur diplôme.

René Beaudoin, professeur en Tourisme au Laflèche, indique que «dès le début, je leur ai parlé des opportunités qu’il y a derrière une crise. Une crise, ça nous oblige à faire les choses autrement», fait-il valoir.

«Ce virage numérique qu’on n’a pas eu le choix de prendre, ça donne des résultats qui sont bien intéressants», constate-t-il.

C’est en grande partie grâce à ce virage numérique, en effet, que «tous les stages sont démarrés», dit-il. «Les objectifs des stages se poursuivent de façon normale, mais tout ça à distance», explique-t-il.

Certes, il n’y a pas d’activités touristiques, culturelles ou événementielles et personne ne sait quand elles reprendront, mais pour plusieurs entreprises, c’est le moment parfait «pour faire des travaux qu’elles n’ont pas le temps de faire habituellement ou de mettre en place des projets de développement qui étaient en latence depuis longtemps. Il ne faut pas oublier que la visite touristique n’est que la pointe de l’iceberg. Il y a tout un mécanisme en dessous qui continue de rouler», fait valoir M. Beaudoin.

Les stagiaires de l’UQTR œuvrent donc présentement «dans les villes, dans des municipalités et dans les organisations. On a une stagiaire, par exemple, à la Cité de l’énergie. Ils sont partout au Québec, même aux Îles-de-la-Madeleine, signale le professeur de Grandpré.

René Beaudoin

Ça n’a toutefois pas été simple, car les stages de ce département de l’UQTR durent huit mois et ils étaient déjà commencés depuis deux mois lorsque le gouvernement a décidé de mettre le Québec en pause, raconte-t-il. Certains faisaient des stages dans le secteur de l’événementiel, comme le FestiVoix, illustre-t-il. «La vie ne s’arrête pas quand même», fait-il valoir. «L’étudiant en profite pour planifier d’autres projets, travailler en télétravail sur autre chose», dit-il.

Le professeur de Grandpré explique qu’à la base, dans ce programme, l’Université forme des gestionnaires et non des exécutants. «Donc ils font beaucoup de planification, beaucoup de projets», explique-t-il, et cela leur confère une importante souplesse. «Tout le stage est organisé autour de la gestion de projets», dit-il. «Ils peuvent faire des études de faisabilité et des plans d’affaires», illustre-t-il.

«Plusieurs de nos clients veulent finalement ajuster le tir et réinvestir dans le développement de produits pour la saison estivale sous une nouvelle formule permettant du divertissement en contexte de confinement», illustre Jean-Philippe Marcotte de Personare vulgarisation historique. La stagiaire qu’il accueille du Collège Laflèche, Frédérique Lussier, a pour mandat de trouver des solutions pour les clients qui doivent adapter leur offre de service au contexte actuel.

René Beaudoin, du Collège Laflèche, explique que «du mois de mars au mois de mai, souvent, les entreprises ne sont pas encore ouvertes aux touristes si elles sont saisonnières. Donc il y a beaucoup de planification, d’organisation de choses à venir. Les étudiants sont capables de le faire à distance tout en étant en contact avec l’entreprise et nous», dit-il.

L’image que l’on a souvent, dit-il, «est celle d’une entreprise saisonnière où, en dehors de la saison touristique, il ne se passe rien alors qu’il se passe énormément de choses», fait-il valoir, «en termes de planification, de mise à jour, d’évaluation de ce qui a été fait ou d’occasions d’affaires», dit-il. «Les étudiants peuvent y participer», fait-il valoir.

Les étudiants du Collège Laflèche ne pourront pas, cette année, faire des prestations ou des visites guidées. À la place, ils s’intéressent à ce qui pourrait être fait pour que les entreprises puissent faire vivre l’expérience touristique qu’elles souhaitent même en période de confinement.

À l’UQTR, au Collège Laflèche et «partout dans le monde, une grosse veille se fait là-dessus», souligne M. Beaudoin.

On veut voir comment faire autrement. Récemment, illustre-t-il, la cité d’archéologie et d’histoire Pointe-à-Callière de Montréal lançait une visite virtuelle de son musée. Il y a des exemples de ça partout en Europe, souligne-t-il.

Au département de Loisirs, culture et tourisme de l’UQTR, «les gens qu’on forme ont les mêmes qualités que les gestionnaires de projets. Ils sont très polyvalents. Ils ont différents outils pour intervenir dans différentes situations», dit-il. Les entreprises ont donc tout intérêt à les accueillir.

«Qu’est-ce qui va arriver avec l’activité touristique? Ça, c’est une autre histoire», fait valoir le professeur de Grandpré.