Jean-Sébastien Roy, directeur général du Séminaire Sainte-Marie.

Les sports électroniques arrivent au SSM

SHAWINIGAN — Ce n’est un secret pour personne. Les activités sédentaires, comme regarder la télévision, jouer à des jeux vidéo ou travailler à l’ordinateur, sont associées à l’obésité. En 2017, 30 % des enfants de 2 à 17 ans étaient en surpoids ou obèses selon l’Agence de santé publique du Canada. Or, voici que le Séminaire Sainte-Marie de Shawinigan entend lutter à sa façon contre ce phénomène et bien d’autres qui affectent les jeunes, en offrant à ses élèves de faire du sport... électronique.

À première vue, quand on comprend que cette nouvelle façon de s’amuser se pratique assis devant un ordinateur, il y a de quoi se questionner, reconnaît le nouveau directeur du SSM, Jean-Sébastien Roy. «C’est la première remarque que mon conseil d’administration a passée en prenant connaissance du projet», raconte-t-il. Quand il leur a expliqué les détails du concept, toutefois, même les plus âgés dans le groupe, qui voient leurs petits-enfants se passionner pour les jeux vidéo, ont voté en sa faveur. C’est que le SSM entend se servir du plaisir que procurent les sports électroniques (E-sports) pour inculquer à ses élèves un équilibre de vie. L’idée n’est pas du tout d’augmenter le nombre d’heures devant les écrans, bien au contraire, explique M. Roy. «On vise plutôt l’équilibre entre la pédagogie et l’entraînement physique», dit-il.

Ce que le Séminaire entend faire, en fait, c’est de se servir de la passion des jeunes joueurs pour les sports électroniques afin de leur enseigner un équilibre de vie, explique-t-il. En résumé, les sports électroniques pourraient devenir une récompense bien méritée pour les jeunes qui font de réelles activités physiques à l’école et qui ont de bonnes notes.

Le sport électronique, c’est la pratique d’un jeu vidéo, seul ou en équipe, grâce à l’utilisation d’un ordinateur et d’une console de jeux vidéo. Ses adeptes peuvent prendre part à des tournois internationaux et remporter, dans certains cas, des bourses fort intéressantes. Certains arrivent même à gagner leur vie en prenant part à ce genre de jeu. On en devine donc l’ampleur et la popularité actuelle dans le monde.

Au Québec, seulement 3 ou 4 écoles secondaires ont intégré les sports électroniques, jusqu’à présent, dans leurs activités scolaires ou parascolaires. Il existe néanmoins une Fédération québécoise de sports électroniques qui souhaiterait que ces activités soient reconnues comme de vrais sports par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

La Fédération a une vision du sport électronique semblable aux objectifs du SSM. Elle a en effet mis sur pied le programme Cyber espoir en soutenant le talent des cyberathlètes avec pour objectif la réduction du décrochage scolaire, la création d’un sentiment d’appartenance aux établissements scolaires de même que l’accroissement de l’intégration et de la socialisation de certains jeunes.

Le SSM, une école privée de 170 élèves, démarrera son projet pilote à l’automne 2019. D’ici là, il reste encore plusieurs détails à peaufiner, ne serait-ce que le type de jeux vidéo qui seront utilisés. Jusqu’à présent, on envisage surtout les vidéos qui ne contiennent pas de violence, indique M. Roy. «Il faut vérifier auprès des parents et voir ce qui se fait ailleurs», fait-il valoir.

Le directeur indique que les jeunes qui choisiront le projet de sport électronique auront probablement un certain nombre d’heures d’entraînement physique à faire en parallèle.

L’éducateur physique de même que la psychoéducatrice seront dans le coup. «C’est comme au hockey. Si tu pètes ton bâton sur la tête d’un autre joueur, si tu ne manges pas comme du monde, si tu ne t’entraînes pas, si tes notes baissent trop, à un moment donné, tu vas être tassé», plaide M. Roy. Bref, l’éducation et les saines habitudes de vie sont au cœur de ce projet motivant, fait-il valoir en ajoutant que des ateliers sur la cyberintimidation sont également dans les cartons.

Le SSM veut s’entendre avec les parents des jeunes qui feront du sport électronique. «Si un jeune joue déjà pas mal à la maison et qu’en plus, il joue à l’école, ça va faire trop. Il y aura un encadrement au niveau du temps de jeu», assure-t-il.

Le sport électronique comprendra un volet de socialisation, ajoute le directeur, parce que les compétitions se feront en équipe, indique-t-il. «Cet aspect-là vient me chercher», dit-il, car cela pourrait permettre de faire sortir certains jeunes de leur isolement.

Les jeunes et les parents désireux d’en apprendre davantage au sujet de ce projet, qui pourrait peut-être devenir un programme d’études d’ici deux ans, sont invités à se rendre à la journée portes ouvertes du SSM le dimanche, 28 octobre, de 10 h à 14 h.

Le DigiHub de Shawinigan appuie le projet et les membres de l’équipe compétitive É-Lectriks du Collège Shawinigan agiront, dans leurs propres locaux, à titre d’entraîneurs du SSM.