Le développement autour de la rivière Saint-Maurice fait partie des enjeux de la présente élection.

Les souliers de Julie

La Tuque — «Je m’attends du gouvernement qui va être au pouvoir à ce qu’il nomme un ou une ministre régionale en Mauricie et pas un ministre qui va parrainer la Mauricie. Je n’ai jamais cru au parrainage d’une région. Tant Julie Boulet que Jean-Pierre Jolivet ont fait la démonstration que c’est porteur pour l’avenir que d’avoir un ministre dans ton comté ou ta région».

Ces propos du maire de Shawinigan, Michel Angers, démontrent à quel point celui ou celle qui va succéder à Julie Boulet aura de grands souliers à chausser dans le nouveau comté de Laviolette-Saint-Maurice.

«Il n’y a pas un politicien qui va dire que d’avoir un député au pouvoir, ce n’est pas intéressant. C’est une volonté de tous les élus que d’avoir une ministre dans sa région qui est à l’écoute. Je vais travailler avec ce que les citoyens du comté vont faire comme choix. Avec du pouvoir, c’est toujours plus facile, et en même temps, on est dans un système où tous les députés, qu’ils soient au pouvoir ou pas, se doivent de travailler pour leur comté et d’être écoutés par le gouvernement. Si on en est rendu à faire en sorte que si tu n’es pas au pouvoir, tu es boudé par le gouvernement, je pense qu’on n’a pas bien compris ce qu’était notre régime démocratique actuellement», confie-t-il.

Selon lui, Julie Boulet aura joué le véritable rôle de ministre régionale en ayant une préoccupation pour l’ensemble des municipalités. «Elle a été à l’écoute non seulement de Shawinigan et La Tuque, mais aussi de Trois-Rivières et Des Chenaux», fait remarquer M. Angers.

Faits saillants

> Téléphonie cellulaire
> Redevances pour les ressources
> Programmes de formation adaptés
> Révision de la fiscalité municipale

Résultats des élections de 2014

Saint-Maurice
Pierre Giguère (PLQ) 33,59 %
Luc Trudel (PQ) 30,93 %
Stéphane Mongeau (CAQ) 28,45 %
Marie-Line Audet (QS) 5,31 %
Jonathan Lapointe (PCQ) 1,09 %
Jean Guillemette (ON) 0,62 %

Laviolette
Julie Boulet (PLQ)52,58 %
André Beaudoin (PQ) 23,25 %
Sylvain Gauthier (CAQ) 18,76 %
Jean-François Dubois (QS) 4,67 %
G-O. Clavet-Massicotte (ON) 0,52 %
Jean-Paul Bédard (PMLQ) 0, 22 %

Une opinion partagée par son homologue de La Tuque, Pierre-David Tremblay. «On a eu une ministre qui a été bien présente. Tout le monde l’appelait Julie, et non madame la ministre, ou la députée. La population s’attache. Ce fut une histoire d’amour pendant 25 ans avec Jean-Pierre Jolivet et 17 ans avec Julie. Je souhaite au prochain autant de présence et de compréhension du milieu, des régions. Il va falloir que ce soit très apparent. Julie avait cette facilité. Elle nous a accompagnés dans différents dossiers. On a deux secteurs principaux, la foresterie et le tourisme, et on était bien servi en ayant une ministre du Tourisme. Dans le prochain gouvernement, on va vouloir que les gens soient proches de ces réalités-là, qu’ils nous rencontrent, qu’ils apprennent à connaître nos besoins et qu’ils travaillent dans nos objectifs à nous», souligne-t-il.

Si le dossier de la téléphonie cellulaire est pratiquement réglé, c’est maintenant la question de la main-d’œuvre qui préoccupe le maire latuquois. «On veut que la formation s’adapte aux valeurs et aux besoins du terrain», fait savoir M. Tremblay.

S’il aimerait bien ne plus avoir à se battre «à toutes les années» pour le transport interrégional, celui-ci entend «travailler beaucoup au niveau de nos ressources».

«Ce qui me fatigue, c’est qu’il sort beaucoup de bois et on voudrait aller chercher une redevance là-dessus. Le gouvernement fait 15 $ du mètre cube coupé, on aimerait ça être capable d’aller chercher une piastre ou deux là-dessus. Et je suis dans la mecque de l’hydroélectricité. Les programmes de revalorisation pourraient être bonifiés. Car si on a des nouvelles sources de revenus, je deviens plus compétitif pour attirer des gens et les garder, ça me dégagerait une marge de manœuvre pour être capable de créer de la richesse, des petites entreprises et développer mon tourisme», fait-il valoir.

Outre le développement autour de la rivière Saint-Maurice, Pierre-David Tremblay souhaite recevoir l’aide de l’État pour dispenser des services sur un territoire aussi grand.

«Je m’attends du prochain député qu’il soit capable de monter ces dossiers-là au gouvernement. Ce n’est plus des caprices, c’est une question de survie et de vitalité. Dans une région-ressource et en développement, ça prend un ministre. On a été au pouvoir longtemps, on aimerait rester au pouvoir, et ça passe par un ministre dans la région. C’est mon souhait le plus grand. Un bon député va faire la job aussi, mais d’avoir un ministre, il y a une certaine reconnaissance aux régions à ce moment-là et la haute Mauricie le mérite», affirme-t-il sans détour.

Pour sa part, le maire de Shawinigan veut un député à l’écoute. «Il doit s’assurer de défendre d’abord et avant tout les citoyens et citoyennes du comté. Je suis d’accord qu’il y a des lignes de partis, mais je m’attends à ce que le député prenne parti dans un premier temps pour ceux et celles qui vont l’élire», tient-il à indiquer.

Et ce qu’il attend d’un gouvernement, «c’est qu’il poursuive toute la démarche d’autonomie qui a été démarrée auprès des villes». «On s’attend à une révision complète de la fiscalité municipale, à un allégement réglementaire, à une décentralisation plus importante des fonds pour le développement économique et à ce que le prochain gouvernement paie la totalité de ses taxes», conclut M. Angers.