Finalement, les travaux sont lancés au parc de la Rivière-Grand-Mère! De gauche à droite: Réal Daneault, Nancy Déziel, Louis Tremblay et Jean-Pierre Jolivet.

Les sceptiques sont confondus

SHAWINIGAN — À peine envisageable à une période pas si lointaine, les travaux de dragage du bassin du parc de la Rivière-Grand-Mère se sont finalement amorcés mercredi, et ce, pour une durée de trois semaines. Cette importante étape revigore la corporation créée l’an dernier, qui ne manque pas d’idées pour animer ces lieux.

L’ex-député Jean-Pierre Jolivet, membre du comité de mobilisation depuis le début, s’est déplacé à deux reprises sur le site, mercredi matin, afin de s’assurer qu’il ne s’agissait pas d’un nouveau mirage. La veille, il avait participé à la période de questions de l’assemblée publique du conseil municipal de Shawinigan, où les élus et les bénévoles se sont lancé des fleurs pour se féliciter de l’aboutissement de cet éprouvant dossier.

«Nous voulons dire à la Ville que nous sommes très heureux que les camions arrivent à l’étang», témoigne M. Jolivet. «Le conseil mérite nos remerciements. Les gens de Grand-Mère sont très fiers qu’on arrive à une conclusion.»

Ces travaux seront réalisés par l’entreprise Excent Environnement, pour un montant de 270 300 $. Ils touchent un milieu hydrique de 4500 mètres carrés. Les sédiments seront retirés du bassin pour réhabiliter les habitats fauniques et redonner les lieux à la population. À noter que l’accès au parc sera interdit au public pendant ces travaux.

Louis Tremblay, président de la Corporation du parc de la Rivière-Grand-Mère, ne croyait jamais que les démarches seraient aussi longues. Il était excité comme un enfant à la veille d’une tempête en apercevant la pelle hydraulique près du bassin, mercredi midi.

«Ils creusent environ un mètre et demi, ils vont enlever des sédiments, surtout du sable», explique-t-il. «Le bassin va redevenir comme avant. De plus, un système de contrôle automatique du barrage sera installé, de sorte que s’il arrive un coup d’eau, il pourra s’ouvrir. L’île pourra aussi être conservée, en gardant les murs.»

Un plan d’action sera réalisé par le Service de l’aménagement du territoire de la Ville pour éviter l’accumulation de sédiments dans le bassin à l’avenir, tel que requis par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Projets

Le maire, Michel Angers, aime s’enorgueillir des combats remportés avec de forts vents de face. Il reconnaît que celui-ci occupe une place particulière dans son palmarès. Selon lui, la détermination des bénévoles a fait une différence.

«On est partis de loin», rappelle-t-il. «Au début, c’était une fin de non-recevoir. C’était tellement compliqué que c’était impensable. Je salue l’ouverture du ministère de l’Environnement. Notre service (permis, urbanisme et environnement) a travaillé fort pour réussir à concocter quelque chose qui pouvait passer. C’est une belle victoire.»

La conseillère du district de la Rivière, Nancy Déziel, savoure aussi ce moment très attendu.

«À mon premier mandat, à toutes les portes où je cognais, les citoyens me parlaient du parc de la Rivière-Grand-Mère», confie-t-elle. «Vers 2014, nous avions fait une demande, mais le ministère nous était revenu avec tellement de facteurs que les travaux dépassaient le million $. Je me disais qu’on ne verrait jamais le bout.»

«Finalement, avec les discussions et l’ouverture, je suis satisfaite. Le fait que les collègues du conseil aient appuyé le projet, ça a fait toute la différence. C’est une victoire pour les gens de Grand-Mère qui apprécient ce parc.»

Le président de la corporation mentionne que la construction d’un nouveau chalet de services deviendra prioritaire après ces travaux, qui devraient se terminer vers la mi-décembre.

«Je sens une volonté», détecte M. Tremblay. «Il commence à y avoir beaucoup d’activités. Nous avons la Marche de l’espoir, les jeunes de l’école du Rocher et ceux des écoles primaires viennent régulièrement, nous avons aussi un monsieur qui veut organiser une épreuve sportive sur le site. Mais on n’a même pas de toilettes! Ça nous prendrait donc un bloc sanitaire. Nous avions aussi un anneau de glace sur la rivière, des glissades. Ça prend une place pour se réchauffer, se changer.»

Enthousiaste, M. Tremblay voit des jeux d’eau dans ce parc, des tables à pique-nique, un circuit piétonnier, un jardin communautaire, l’ensemencement de truites dans le bassin, des pistes de ski de fond... De nouveaux horizons s’ouvrent dorénavant pour le parc de la Rivière-Grand-Mère.

«Nous avons un petit bijou entre les mains», sourit M. Tremblay. «On veut que ça bouge, qu’il y ait du monde!»

Le parc Réal-Daneault?

En séance publique mardi soir, des citoyens se demandaient de quelle façon la Ville pourrait-elle souligner la contribution de Réal Daneault dans le dossier de restauration du parc de la Rivière-Grand-Mère. André Grosleau est même allé jusqu’à suggérer que le site emprunte éventuellement le nom de cet infatigable bénévole.
«Depuis 25 ans minimum, il a donné des heures et des heures dans ce parc», rappelle-t-il. «Je pense qu’il le mérite.»

«On ne parle pas d’une lettre ou d’une résolution municipale; ça prend un peu plus que ça», approuve Jean-Pierre Jolivet. «Réal Daneault a réuni les gens, les a amenés à travailler pour le développement de ce parc.»
Le maire n’a pas fermé la porte, invitant simplement M. Grosleau à déposer une proposition écrite, qui sera évidemment étudiée par le conseil municipal.