À l’avant, Céline Gauthier, participante et Marie-Josée Gervais, directrice générale des Défis du Parc. À l’arrière les trois professeures-chercheuses de l’UQTR, Lyne Cloutier (sciences infirmières), Marie-Claude Rivard (sciences de l’activité physique) et Paule Miquelon (psychologie).

Les Roses s’associent à l’UQTR

Trois-Rivières — L’équipe féminine Les Roses vient de lancer sa période de mises en candidature pour son édition 2020. D’un même élan, la directrice générale des Défis du Parc, Marie-Josée Gervais, annonce un partenariat avec trois professeures-chercheuses de l’UQTR qui s’intéressent aux effets physiques, psychologiques et sociaux de ce défi sur les participantes.

Trois jours à peine avant le lancement officiel, les Roses avaient déjà récolté une centaine d’inscriptions pour l’édition 2020. «On accueille 200 femmes, cette année», indique Mme Gervais.

Rappelons que l’objectif premier des Roses est de stimuler, chez les femmes, le goût de se remettre en forme et surtout, de le demeurer. L’âge n’a pas d’importance. La plus âgée des participantes a en effet 70 ans. Pourtant, grâce à un encadrement offert par des spécialistes entre les mois de décembre et septembre, ces femmes de tous âges et de toutes conditions physiques arriveront à faire un triathlon ou un duathlon. Dans un cas, on parle d’un kilomètre de nage, 30 kilomètres de vélo et 8 kilomètres de course à pied. Dans l’autre, elles feront 2 km de cours à pied, 30 kilomètres de vélo et de 8 autres kilomètres de course à pied.

Les Roses s’intéressent depuis un bon moment, déjà, à l’effet que ces défis ont sur la vie des participantes. L’organisation a bien fait quelques sondages sommaires sur la question, mais cette année, elle s’associe à des scientifiques pour dresser un portrait plus clair de la situation. «On veut savoir ce qu’elles font après le défi. Est-ce qu’elles continuent à faire de l’activité physique?», se demande Mme Gervais car c’est là le but premier des Roses.

Marie-Claude Rivard, professeure au département des sciences de l’activité physique, explique qu’avec ses deux collègues, les professeures Lyne Cloutier (sciences infirmières) et Paule Miquelon (psychologie) un devis mixte a été choisi pour cette recherche et il sera simple pour les participantes.

Dans un premier temps, un questionnaire sera soumis aux Roses qui voudront bien y répondre. «On veut aussi approfondir notre compréhension des impacts sur les plans physique, psychologique et social, donc on va aussi conduire des entrevues individuelles», explique la professeure Rivard. «L’idée, c’est de dépasser ce qui est déjà observé sur le terrain», dit-elle. Malgré tous les témoignages, «il faut mesurer les effets de façon scientifique», explique-t-elle en se réjouissant de la participation de l’organisation. «L’évaluation, ce n’est pas dans la culture de toutes les organisations», dit-elle.

«Faire du sport, c’est bon pour la santé. C’est une phrase qu’on entend partout», rappelle la professeure Lyne Cloutier. «Ce qu’on veut faire aujourd’hui, avec ce groupe-là, c’est de voir s’il y a une différence au plan physique et noter les grands changements», dit-elle. Certes pour y voir vraiment clair, il faudrait un nombre beaucoup plus grand de participantes sur une très longue durée. «On n’aura pas ça», reconnaît-elle. «Pour voir les effets sur le cœur et la mortalité dans 10 ans ou dans 15 ans, on n’aura probablement pas les données. Par contre, on aura un premier portrait. Sans ce premier portrait, on ne peut pas aller plus loin avec de plus grands nombres aussi longtemps qu’on n’aura pas l’argent pour le faire», fait-elle valoir.

Paule Miquelon, qui fait des recherches sur les motivations qu’ont les gens à développer des comportements sains pour la santé, prévoit que cette étude avec les Roses de l’édition 2020 permettra de percevoir les effets psychologiques de l’exercice à long terme, soit sur environ un an. Ces effets vont de l’estime de soi à la capacité de relever des défis en passant par l’influence que ces femmes auront sur les divers membres de leur famille. «On mesure aussi les émotions positives et négatives, la capacité de résilience, les tensions, l’anxiété, l’énergie, la fatigue et les symptômes dépressifs», dit-elle en ajoutant qu’elle étudiera également si le fait de faire ces entraînements et d’appartenir à un groupe améliorera le côté psychologique des participantes.

Les femmes intéressées ont jusqu’au 29 octobre, 17 h, pour déposer leur candidature sur le site web lesroses.ca.

Depuis 9 ans, l’équipe féminine Les Roses a incité 1500 femmes à inclure l’activité physique dans leur vie quotidienne. En tout, 12 régions du Québec sont maintenant représentées.