La construction de la résidence du Groupe Lokia, qui accueillera les membres de trois congrégations religieuses, est lancée. Sur la photo: Dany Chassé, directeur général de Lokia, Norbert Maltais vice président, Ginette Bellemare, mairesse suppléante, Sœur Gisèle Lacerte, vice-provinciale des Filles de Jésus, Sœur Cécile Dionne, supérieure générale des Ursulines et Guy Tremblay, président du Groupe Lokia.

Les religieuses tournées vers l’avenir

TROIS-RIVIÈRES — Après l’échec d’un premier projet dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, la construction du nouveau toit des quelque 200 religieuses des Ursulines, des Filles de Jésus et des Carmélites est enfin commencée sur le site Trois-Rivières sur Saint-Laurent.

La première pelletée de terre de la résidence qui verra le jour sur l’avenue des Draveurs, soit derrière l’Amphithéâtre Cogeco, a eu lieu jeudi après-midi en présence de plusieurs dignitaires et de représentantes des congrégations impliquées. Comme ce fut annoncé il y a quelques mois, les religieuses ont décidé de faire confiance au Groupe Lokia pour la réalisation du projet évalué à environ 40 millions de dollars. Cette entreprise œuvrant dans la gestion de résidences spécialisées pour personnes âgées possède déjà des installations similaires dans la région de Québec, au Saguenay – Lac-Saint-Jean ainsi qu’au Nouveau-Brunswick. Par ailleurs, une de ses résidences construites dans le secteur Beauport à Québec sera en partie occupée par des membres des Servantes du Saint-Cœur de Marie et des Ursulines au cours de la présente saison estivale.

La future résidence trifluvienne, qui comptera environ 290 unités, sera donc également ouverte aux laïcs. Ils devraient en effet occuper plus de 50 % des unités. Si tout se déroule comme prévu, les religieuses devraient pouvoir y emménager en juin 2019. Pour ce qui est de la section destinée aux résidents laïcs, elle devrait être prête quatre mois plus tard.

Bien qu’elles soient nostalgiques à l’idée de quitter les lieux qu’ont occupés leurs soeurs pendant de nombreuses années – les Ursulines vivent notamment dans le couvent situé dans le quartier historique de Trois-Rivières depuis plus de 300 ans – les religieuses accueillent avec une grande sérénité ce nouveau chapitre. Elles considèrent notamment que le fait de côtoyer des laïcs dans leur milieu de vie leur permettra de vivre de «beaux partages».

«C’est vrai que pour nous, quitter un lieu, c’est un arrachement. Mais nous ne vivons pas pour les lieux. Nous vivons pour quelqu’un [Dieu] et nous allons où il nous appelle. Nous croyons qu’il nous appelle aujourd’hui à déménager dans un lieu mieux adapté à nos besoins. Ça nous permettra de vivre au milieu de la population. Mais rappelons que nous sommes depuis longtemps en contact avec des laïcs. Mais maintenant, nous serons plus prêts. Ça sera une expérience nouvelle», affirme la supérieure générale des Ursulines, Sœur Cécile Dionne.

Les religieuses devraient pouvoir emménager dans leur nouvelle résidence en juin 2019.

Dans le nouveau complexe, les résidents auront accès à plus de 21 000 pieds carrés d’aires communes, dont une salle à manger avec vue panoramique sur la rivière Saint-Maurice, une piscine intérieure, une salle d’entraînement, une bibliothèque, une salle de cinéma, un atelier d’art, une pharmacie, un bureau médical ainsi qu’une vaste salle multifonctionnelle de 110 places. Le projet entraînera la création d’une centaine d’emplois. De plus, il semble qu’une deuxième phase soit déjà à l’étude.

Le président du Groupe Lokia, Guy Tremblay, explique que la future résidence offrira des structures progressives. De cette façon, une personne autonome pourra continuer à y résider même lorsque son état de santé se détériorera. Elle pourra également y recevoir les soins nécessitera sa condition.

«Les gens peuvent être autonomes à 65 ou 70 ans et ne seront pas obligés de déménager quand ils auront besoin de soins. La difficulté avec les personnes âgées, c’est de les changer de milieu. C’est un stress important», explique M. Tremblay.

Initialement, les religieuses des trois congrégations devaient déménager dans l’agrandissement de la résidence Sainte-Famille, située au bord de la rivière Saint-Maurice dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. Après avoir annoncé en grande pompe la construction du bâtiment comptant 134 unités à l’automne 2017, le groupe Dion, promoteur de ce projet, a indiqué par voie de communiqué quelques mois plus tard que le lien d’affaires avec les trois congrégations religieuses avait été rompu. Quelques semaines plus tôt, on avait appris que le site où le groupe Dion projetait de construire la résidence était contaminé. Le site a été nettoyé, mais cela a entraîné des retards importants dans la réalisation du projet.

Comme elle l’avait déjà confié au Nouvelliste ce printemps, Sœur Dionne, se dit «certaine» que le Groupe Lokia sera en mesure de respecter les échéanciers et mener le projet à terme. Elle avoue que c’est pour cette raison que les trois congrégations ont décidé de confier le projet à M. Tremblay et son équipe. Elle précise qu’elle apprécie tout particulièrement le sens de l’humour des représentants du groupe impliqués dans le projet.

Par ailleurs, la supérieure générale n’entretient aucune rancœur envers le premier promoteur, le Groupe Dion. Selon elle, le lien d’affaires entre les trois congrégations et ce dernier a dû être rompu en raison de circonstances hors de son contrôle.

«Ce sont des choses qui arrivent quand on fait des projets», reconnaît-elle.