Présents aux côtés des leaders syndicaux, la mairesse de Saguenay, Josée Néron, et le maire d’Alma, Marc Asselin, ont réclamé la protection de l’industrie de l’aluminium dans le cadre de l’ACÉUM.
Présents aux côtés des leaders syndicaux, la mairesse de Saguenay, Josée Néron, et le maire d’Alma, Marc Asselin, ont réclamé la protection de l’industrie de l’aluminium dans le cadre de l’ACÉUM.

Les régions se mobilisent pour protéger l'aluminium

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Les syndicats représentant les travailleurs des alumineries du Québec, avec comme alliés des représentants de la société civile, des élus et des gens d’affaires, se mobilisent afin d’obtenir du gouvernement fédéral les mêmes protections pour l’aluminium que pour l’acier dans le cadre du nouvel Accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique (ACÉUM).

Jeudi, les dirigeants du Syndicat des Métallos et du SNEAA-Unifor ont convié élus et représentants socio-économiques au Complexe Jacques-Gagnon d’Alma afin de partager leurs préoccupations à la suite du dévoilement la semaine dernière du texte de l’ACÉUM.

Syndicats, représentants de la société civile, élus et gens d’affaires ont fait front commun, jeudi, à Alma.

Celui-ci prévoit que 70 % des pièces automobiles contenant de l’aluminium devront provenir de la zone nord-américaine pour qu’un véhicule soit exempt de tarifs douaniers. Toutefois, il suffit que l’aluminium d’un autre continent soit fondu et transformé dans les trois pays de l’accord pour qu’il soit conforme au traité, ce qui est considéré comme un trou béant pour l’avenir de la production d’aluminium au Canada. Le Mexique pourrait ainsi ouvrir ses frontières à l’aluminium vendu par les Chinois, Russes et Indiens.

« Pour nous, c’est une crainte majeure à long terme. On va se réveiller sans investissement majeur. On veut être protégés. On souhaite recevoir des investissements et croire qu’on a un avenir. On exige des gouvernements qu’ils nous supportent », a lancé Alexandre Fréchette, président du Local 9490 affilié aux Métallos.

Éric Drolet, du Local 9700 de l’Aluminerie de Bécancour (ABI), a rappelé que les alumineries du Québec sont situées dans les régions et que ce seront ces régions qui seront touchées par la négligence du gouvernement fédéral.

Les maires Marc Asselin, d’Alma, et Josée Néron, de Saguenay, sont montés en duo sur la scène pour lancer un appel à la solidarité.

« On a mangé une volée en foresterie, on a vécu une problématique dans le domaine agricole et on s’en prend à l’aluminium. C’est la base de notre économie régionale. On ne sait plus où on s’en va à l’avenir », a déclaré M. Asselin.

Du côté de la députation régionale, les bloquistes Mario Simard et Alexis Brunelle-Duceppe ont convié les représentants de la région à se présenter au Parlement lors de la reprise des travaux de la Chambre des communes à la fin janvier, afin de faire valoir le point de vue des régions.

Le député provincial de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a déclaré qu’il est inacceptable que l’aluminium vert provenant du Saguenay–Lac-Saint-Jean ne soit pas traité sur le même pied que l’acier. Il s’en est pris au gouvernement Legault. « Le gouvernement se laisse berner par un premier ministre fédéral incapable de se défendre devant les présidents Obrador et Trump. Je suis ici pour dire à M. Legault qu’il doit se tenir debout devant son homologue du fédéral. Il faut une stratégie serrée et chirurgicale pour dire aux grands investisseurs que l’aluminium le plus vert est produit ici. »

Alain Gagnon, président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA) Unifor, a réitéré les propos tenus la veille voulant que les producteurs d’aluminium satisfaits de l’ACÉUM et de la nouvelle convention collective signée pour quatre ans doivent saisir le présent contexte pour procéder à des investissements conformes aux engagements pris envers la région.

Jeudi, la Chambre des représentants des États-Unis a approuvé par une forte majorité le nouvel accord commercial.