La Ville de Trois-Rivières a prévu réaménager l’intersection de la rue Bellefeuille et du boulevard des Récollets en 2020. Un coroner en a fait la recommandation en 2012 à la suite de l’accident qui a coûté la vie à Marc-Olivier Mercille-Ferland, 17 ans.

Les recommandations du coroner toujours pas appliquées

Trois-Rivières — Sept ans après le dépôt du rapport du coroner Éric Labrie qui a enquêté sur l’accident qui a coûté la vie à Marc-Olivier Mercille-Ferland, ses recommandations ne se sont pas encore concrétisées. En janvier 2012, le coroner avait recommandé à la Ville de Trois-Rivières «de revoir entièrement la configuration de l’intersection du boulevard des Récollets et de la rue Bellefeuille». Depuis, les travaux prévus n’ont pas encore été mis en branle. La réfection de l’intersection est prévue en 2020 au coût de 2,5 millions $.

«On a pris acte que c’est un endroit plus dangereux. On a déjà fait des gestes pour diminuer le risque d’accident qui semblent avoir porté leurs fruits. Maintenant, on veut procéder à certaines modifications et on va les faire dans les règles de l’art», expliquait au début de la semaine passée Yvan Toutant, qui était jusqu’à vendredi dernier, porte-parole du cabinet de la mairesse par intérim.

Si le projet est prévu en 2020, les fonctionnaires ont eu le mandat de le réévaluer en fonction du principe de Vision zéro. Ils doivent déterminer si les plans et devis sont conformes à cette philosophie de sécurité routière ou si certains éléments doivent être ajoutés. Selon les résultats de cette réévaluation, les coûts pourraient donc augmenter et les travaux pourraient débuter plus tard que prévu.

La Ville a déjà procédé à des modifications à la suite de l’accident mortel. Le coroner en fait d’ailleurs mention dans son rapport publié en 2012. Des feux sur la rue Bellefeuille ont été retirés et remplacés. Des atténuateurs - des petits volets - ont été installés sur les feux verts pour en limiter la visibilité.

«On avait fait certaines modifications notamment au niveau des feux de circulation parce qu’il y avait énormément d’accidents. Les gens confondaient les lumières. Ils pensaient que leur feu était vert alors que ce n’était pas le cas. On a changé les choses, et ça a réglé une bonne partie des problèmes», affirme M. Toutant.

Des modifications qui ne sont pas suffisantes, écrivait en 2012 le Dr Labrie. «Quoique ces changements soient bien intentionnés, je crois qu’ils sont insuffisants pour diminuer de façon notable les risques inhérents à cette intersection problématique», peut-on y lire. «En raison d’un problème clair de perception relié à la disposition des feux de circulation à cette intersection boulevard des Récollets/rue Bellefeuille et par souci de sécurité pour les automobilistes et piétons qui empruntent cette intersection, des interventions plus poussées que celles déjà faites de la Ville de Trois-Rivières sont définitivement souhaitables. De plus, je recommande que la Ville de Trois-Rivières se questionne sur la pertinence de conserver deux bretelles très courtes à la jonction du boulevard des Récollets nord et de la rue Bellefeuille. Ces deux bretelles sont très à risque d’accidents en raison de leur longueur respective et de la présence d’entrées pour des commerces à proximité immédiate de ces bretelles», écrivait également le coroner. Les bretelles sont toujours là.

M. Toutant ne croit pas que la Ville a trop tardé avant de mettre en branle le réaménagement de l’intersection. «Évidemment, c’est bien beau les recommandations, il faut quand même avoir les budgets nécessaires pour procéder, et prendre le temps de faire les études nécessaires pour faire les travaux correctement.»