Les rassemblements religieux reprendront

TROIS-RIVIÈRES — Les rassemblements religieux reprendront à partir du 28 juin prochain, ont annoncé mercredi les diocèses de Trois-Rivières et de Nicolet. L’autorisation par la Santé publique de tenir des réunions de 50 personnes et moins permet la reprise des messes dominicales… pour certains fidèles du moins. Car restrictions obligent, il n’y aura pas toujours de la place pour tout le monde. 

«Malgré ce qu’on peut penser, il y a souvent plus de 50 personnes qui assistent au même moment à une messe. Il n’y aura donc malheureusement pas de place pour tous les fidèles lors de certaines célébrations», mentionne Mélanie Charron, coordonnatrice de la pastorale d’ensemble et des communications au Diocèse de Trois-Rivières. 

L’ouverture des églises et lieux de culte comme le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap après plus de trois mois de fermeture se fera de façon graduelle, affirment les deux diocèses. Et cette reprise suivra le protocole sanitaire élaboré par la Table interreligieuse de concertation avec la Santé publique. Par exemple, exit les bénitiers qui seront remplacés par des stations de gel hydroalcoolique. Et bien sûr, les personnes ou familles devront respecter la distanciation physique et le sens des allées. 

L’eucharistie sera aussi transformée. Les fidèles et les ministres de la communion devront tendre les mains le plus loin possible pour se donner «le corps du Christ». Mélanie Charron du Diocèse de Trois-Rivières confie que plusieurs croyants ont actuellement «faim» de la communion, un rite très important pour les catholiques. 

«Vivre en présence du nouveau coronavirus a bouleversé les habitudes de tout le monde, bien que cela n’a pas empêché les gens de s’entraider ou de s’unir dans la prière, même à distance. Mais pour nous, les chrétiennes et les chrétiens, notre présence les uns aux autres et notre relation avec Dieu se vivent à leur comble dans le pain partagé, dans la communion à l’eucharistie», mentionne Mgr André Gazaille, évêque de Nicolet. 

«Et même pour nous, les prêtres, qui avons continué de célébrer l’eucharistie privément chaque jour durant ces trois mois, c’était une souffrance de ne pouvoir la vivre avec d’autres. C’est dire combien ce moment était attendu par beaucoup de gens.»

Une célébration présidée par Mgr Luc Bouchard, évêque de Trois-Rivières, aura lieu le 28 juin à 10 h 30 à la cathédrale de Trois-Rivières afin de souligner la reprise des rassemblements religieux. Les différentes communautés reprendront leurs activités au cours des prochaines semaines. 

Les messes dominicales du Diocèse de Nicolet doivent reprendre graduellement à partir du week-end eu 27 juin.

Les célébrations comme les mariages et les baptêmes pourront reprendre, à condition de respecter les mesures de distanciation. Les deux Diocèses avouent que plusieurs de ces célébrations ont déjà été reportées d’un an en raison de la pandémie. 

Les funérailles pourront aussi se tenir en suivant des mesures sanitaires précises.

«La vie spirituelle, c’est
un élément important»

L’annonce de la reprise des activités dans les lieux de culte s’est invitée à l’improviste à la toute fin de la conférence de presse tenue mercredi par le directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda, et la ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest.

En réponse à une question, Dr Arruda a confirmé aux journalistes que les lieux de culte étaient considérés comme tout autre lieu fermé, où la limite des rassemblements est fixée à 50 personnes maximum. «Je pense que c’est important que les communautés religieuses et les gens qui ont des pratiques religieuses puissent être respectés au même titre que toutes sortes d’autres types d’activités dans notre société», a-t-il commenté en précisant avoir voulu attendre le bon moment pour permettre la reprise des rituels religieux.

Horacio Arruda a ajouté que les célébrations religieuses comportent d’importants risques particulièrement si les gens chantent en chœur.

D’ailleurs, les leaders de toutes les confessions religieuses pourront compter sur un guide de bonnes pratiques leur permettant d’adapter leurs rituels et leurs locaux.

«La vie spirituelle, c’est un élément important, mais on a voulu garder les mêmes principes de rassemblements: moins de 50 personnes, distanciation, diminution des contacts», a insisté Dr Arruda.

Il a révélé avoir reçu de nombreux messages de gens disant souffrir de la perte de leur pratique religieuse. Le besoin grandissant des fidèles envers la reprise de leurs rites aurait également pesé dans la balance.

Horacio Arruda a souligné que la santé publique craignait la multiplication de rassemblements religieux illégaux. Un tel phénomène aurait rendu la tâche beaucoup plus difficile pour les autorités de contrôler une éventuelle éclosion.

Avec La Presse Canadienne