La coordonnatrice générale de l’organisme COMSEP, Sylvie Tardif.

Les propos de Philippe Couillard sont décourageants, selon Sylvie Tardif

TROIS-RIVIÈRES — Les propos du premier ministre Philippe Couillard relativement à la possibilité de nourrir une famille d’un adulte et deux adolescents avec 75 $ par semaine ont fait vivement réagir la coordonnatrice générale de l’organisme COMSEP, Sylvie Tardif.

Dans les heures ayant suivi la déclaration du chef libéral sur les ondes d’une station de radio montréalaise, l’organisme d’alphabétisation et d’éducation populaire, dirigé par Mme Tardif l’a invité à prendre à relever le défi Prends ma place... pour une journée! par l’entremise de sa page Facebook. Dans le cadre de cette activité qui se tient depuis plusieurs années déjà, les participants doivent concocter deux repas pour quatre personnes ainsi qu’un dessert en se débrouillant avec moins de 20 $ pour acheter les ingrédients nécessaires à leurs créations culinaires. Pas plus tard que la semaine dernière, des représentants des cinq principaux partis politiques en lice dans la présente campagne électorale ont participé à cette compétition amicale.

Selon l’ancienne conseillère municipale et candidate à la mairie de Trois-Rivières, cette invitation était une façon de déplorer les propos de M. Couillard. Agacée, elle pesait ses mots lorsque Le Nouvelliste l’a jointe au téléphone jeudi après-midi. Malgré cela, elle n’a pas été tendre à l’endroit du premier ministre.

«C’est assez décourageant. Selon moi, c’est pire comme gaffe que de ne pas savoir que le Nouveau-Brunswick est bilingue. [...] Que le premier ministre lance une telle phrase, ça jette à terre les gens à faible revenu et les personnes qui oeuvrent dans ce milieu», indique-t-elle.

Par ailleurs, elle précise que les concurrents à l’activité Prends ma place... pour une journée! s’arrachent les cheveux sur la tête afin de pouvoir respecter la limite de 19,50 $ permise pour relever le défi, montant qui a été établi en tenant compte des autres frais qu’une famille sur l’aide sociale doit payer quotidiennement pour subvenir à ses besoins. Sur une base hebdomadaire, cette somme s’élèverait à 136,50 $, soit presque le double des 75 $ avancés par le politicien.