Le moral des troupes est assez bas chez les professeurs de l’UQTR en ce moment.

Les professeurs exposent l’impact du lock-out

TROIS-RIVIÈRES — Un sondage réalisé entre le 9 et le 15 mai par et auprès des professeurs de l’UQTR, dont Le Nouvelliste a obtenu copie, révèle un peu plus l’ampleur des impacts générés par la paralysie temporaire de l’Université au cours des deux semaines de lock-out.

Notons que 175 professeurs ont répondu à ce sondage, soit 39 % d’entre eux. Ils proviennent de 28 départements différents. Les deux tiers des répondants n’occupent pas de poste de direction ou administratif.

Il en ressort que 5980 étudiants de premier cycle n’avaient pas accès à leurs notes de même que 876 étudiants du deuxième cycle et 228 du 3e cycle. En généralisant à l’ensemble du personnel étudiant, le Syndicat estime que plus de 17 000 résultats de la session d’hiver n’étaient pas disponibles durant le lock-out.

Le sondage révèle que pas moins de 1230 projets et stages de premier et 2e cycles ont été mis à risque du côté des 175 professeurs répondants, ce qui équivaudrait à quelque 3100 projets et stages pour l’ensemble des professeurs.

Le sondage estime que quelque 600 emplois étudiants directs ont été perturbés durant cette période, soir 236 pour les seuls 175 répondants.

Pas moins de 112 demandes de subventions sont suspendues par les 175 répondants pour une valeur de près de 14 millions $. En généralisant à l’ensemble des professeurs, ce montant grimpe à 25 millions $ de subventions «mises à risque par le lock-out», précise le sondage.

Le résultat précise aussi que 537 projets de recherche ont été suspendus pour les 175 répondants de même que 296 projets en service à la collectivité, ce qui représente, dans ce cas-ci, pour tous les professeurs, plus de 750 projets.

Le lock-out a coûté la suspension de 98 projets pour les 175 répondants et 28 contrats qui n’ont pas pu être renouvelés. Pas moins de 457 liens externes entretenus avec des partenaires ont aussi été affectés.

L’UQTR n’a pas accepté de commenter ce sondage, lundi.

Plusieurs professeurs ont contacté Le Nouvelliste, lundi, pour faire connaître leur indignation du fait que l’UQTR estime que le lock-out n’a somme toute pas fait grand dommage. Un des professeurs croit que cela témoigne d’un fossé profond entre les réalités des professeurs et l’image que s’en fait l’administration. Le mot «peur», peur de s’exprimer notamment, revient constamment dans leur discours tant et si bien que plusieurs ont décidé de ne pas se présenter sur la ligne de piquetage de l’ABI, mardi, comme prévu, par crainte de représailles.

La porte-parole du comité d’appui aux négociations, France Joyal, rappelle que les professeurs ont «mis la main à la pâte afin de réorganiser les 600 activités d’enseignement affectées par le lock-out. Ils ont aussi fait les corrections et remis quelque 7000 résultats pour que les étudiants puissent obtenir leur diplôme.

«Dans les faits, une suspension de travail de 15 jours pour les professeur(e)s représente plus de 100 heures de rattrapage à ajouter à un horaire d’été chargé», précise-t-elle.

Si l’UQTR estime que les dommages liés au lock-out sont somme toute minimes, les professeurs, eux, estiment que «ce qui est minime, dans cette histoire, c’est l’appréciation de l’ensemble des tâches des professeur(e)s et de la complicité de celles-ci par leur propre administration», signale Mme Joyale.