La directrice régionale de la Santé publique, la Dre Marie-Josée Godi.
La directrice régionale de la Santé publique, la Dre Marie-Josée Godi.

Les prochains 28 jours en zone rouge?

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Le basculement en zone rouge d’une partie du Centre-du-Québec et de Trois-Rivières semblait inévitable pour plusieurs, alors que les nouveaux cas de COVID-19, les éclosions et les contaminations communautaires sont en augmentation. Afin de casser cette deuxième vague de la pandémie, on demande à une bonne partie de la population de la région de vivre un semi-confinement pour les 28 prochains jours.

Les habitants de Trois-Rivières et les trois secteurs du Centre-du-Québec en alerte maximale, soit les MRC de Drummond, de Nicolet-Yamaska et de Bécancour, doivent en effet envisager que les restrictions nouvellement imposées se poursuivent jusqu’en novembre. Pas question de sauter dans le même bateau que Montréal et Québec qui ont déjà bien entamé le Défi 28 jours. «Je crois que nous devons commencer notre propre 28 jours», estime la directrice régionale de la Santé publique, la Dre Marie-Josée Godi.

«Avec les mesures qui sont mises en place, on s’attend à voir des résultats dans deux semaines à 28 jours. Si toutes les mesures sont appliquées et respectées, dans deux semaines on va commencer à observer une baisse de cas et un contrôle des éclosions. […] On peut s’attendre à compléter le 28 jours. Mais c’est peu comparé aux deux ou trois mois qu’on a connus le printemps passé.»

Tant que Trois-Rivières et les MRC ciblées seront en zone rouge, il sera notamment interdit de recevoir des visiteurs, sauf pour quelques exceptions et pour les personnes vivant seules. Les bars et les salles à manger des restaurants fermeront samedi soir à 23 h 59, alors que les centres d’entraînement le feront mardi soir. Bref, tout le monde a l’impression d’avoir joué dans ce film.

66 nouveaux cas et un décès supplémentaire

Au lendemain du basculement de Trois-Rivières et des MRC de Drummond, Nicolet-Yamaska et Bécancour au rouge, la Santé publique a rapporté un 214e décès et 66 nouveaux cas de COVID-19. Et ils sont essentiellement à Drummondville et Trois-Rivières.

La MRC de Drummond enregistre 37 des 48 nouveaux cas du Centre-du-Québec. Toujours en zone orange, la MRC d’Arthabaska en compte sept de plus, alors que les MRC de Bécancour et de l’Érable ont deux cas de plus.

En Mauricie, 13 des 18 nouveaux cas sont à Trois-Rivières. Les autres nouvelles contaminations sont dans la MRC de Maskinongé (+2), Shawinigan (+1) et la MRC des Chenaux (+2).

Les hospitalisations en lien avec la COVID-19 ont aussi augmenté, passant de neuf à douze en 24 heures. Trois personnes étaient soignées vendredi aux soins intensifs, soit une de plus que jeudi.

Toujours en progression, le nombre de cas actifs était vendredi de 422.

Relâchement collectif

Au cours des dernières semaines, plusieurs éclosions se sont produites dans les bars, les restaurants, les milieux de travail ou les écoles, explique la Dre Godi. De nombreux secteurs de la société sont touchés. «On a eu des éclosions dans des entreprises du secteur agroalimentaire ou encore dans la construction. Bien que moins important, il y en a eu dans le sport mineur ou des salles de sport», mentionne-t-elle.

«Ces facteurs nous inquiétaient et on jugeait que c’était important d’avoir des mesures plus adaptées à la situation et donc, de passer au palier rouge avec des mesures plus restrictives.»

Pourtant, on aurait pu collectivement éviter ce retour aux mesures sanitaires plus restrictives si nous n’avions pas baissé la garde, croit la directrice régionale de la Santé publique. La Dre Marie-Josée Godi n’hésite pas à dénoncer l’insouciance de certaines personnes qui nuisent à l’ensemble de la société en période de pandémie.

«On aurait pu éviter de passer au rouge si l’ensemble de la population respectait l’ensemble des mesures qui ont été déployées», affirme Dre Godi.

«C’est surtout le comportement des individus qui ont fait défaut ces dernières semaines. On l’a observé, la distance sociale n’était pas maintenue dans les contacts sociaux. Et des personnes symptomatiques allaient participer quand même à des activités.»

Des éclosions lors de rencontres privées qui ne respectaient pas la limite de personnes ont aussi été observées par la Santé publique. «Il est clair que ce sont vraiment nos comportements qui sont en cause», note la directrice régionale de la Santé publique. «Dans les milieux où les mesures sont bien appliquées, il y a un bon contrôle.»

L’évolution de la pandémie à Victoriaville préoccupe aussi la Santé publique. Sa directrice régionale n’exclut pas un changement prochain de palier d’alerte pour la MRC d’Arthabaska si le virus poursuit ses ravages. Et les autres secteurs toujours au palier orange ne sont jamais bien loin d’un changement de niveau d’alerte si la propagation s’intensifie, rappelle la Santé publique.

Et L’Halloween?

Objet de nombreuses spéculations ces derniers jours, la fête de l’Halloween alimente les discussions à la Santé publique. «Nous sommes en réflexion pour voir quelle est la meilleure formule qui pourrait être propice pour l’Halloween. Mais c’est vraiment au niveau national que ça se passe», précise la Dre Godi.

En ce qui concerne le temps des Fêtes, il est trop tôt pour envisager quoi que ce soit, estime la Santé publique. «Si on arrive à contrôler cette deuxième vague, peut-être qu’on arrivera à avoir une période des Fêtes, peut-être différente, mais qui nous permettrait d’être auprès des personnes aimées et avoir des moments agréables», souhaite la directrice régionale de la Santé publique.