Jessica Tremblay a régulièrement peur pour ses parents, qui vivent à quelques mètres du domicile de son frère.
Jessica Tremblay a régulièrement peur pour ses parents, qui vivent à quelques mètres du domicile de son frère.

Les problèmes de santé mentale d’un homme de 26 ans font craindre le pire pour sa famille

Pierrick Pichette
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — L’histoire de Nathalie Dubois publiée par Le Nouvelliste samedi dernier a fait boule de neige au sein de certaines familles de la région. Après lecture de ce texte, Jessica Tremblay a senti le besoin de se confier publiquement sur la situation que doivent vivre ses parents en raison de son frère, tout ça dans l’espoir de lui porter secours.

Tout comme Mme Dubois, les parents de ce jeune homme vivent actuellement dans un «climat de peur». Atteint de troubles de santé mentale, leur fils ferait régulièrement preuve d’agressivité et de paranoïa en plus de proliférer nombre de menaces à sa famille ainsi qu’à ses amis.

«Notre histoire ressemble énormément à celle qui a été racontée par la dame. La seule nuance, c’est que mon frère ne consommait pas énormément de drogues, si ce n’est que du cannabis et du hachich. Au départ, il a commencé à s’isoler de ses amis, puis son état s’est empiré, au point où il a commencé à agresser verbalement et physiquement sa famille, notamment en attaquant mon père quatre ou cinq fois», a raconté la soeur de l’homme de 26 ans, Jessica Tremblay.

Celle-ci raconte d’ailleurs que lors de l’un des épisodes de psychose de son frère, ce dernier a attaqué si violemment son père qu’il lui a, semble-t-il, fait perdre connaissance. Tout ça parce que, selon Mme Tremblay, le papa avait tondu son gazon pendant la journée, faisant ainsi trop de bruit aux yeux du fils.

Chez ce jeune homme, tout a commencé il y a cinq ou six ans. Il a alors été victime d’une collision frontale en voiture. À partir de ce tragique incident, son état psychologique aurait, selon sa soeur, commencé à se détériorer.

«Progressivement, il a commencé à s’isoler de plus en plus de ses amis. Puis, au fil des années, il s’est mis à montrer des signes d’un état schizophrénique, fonctionnant de moins en moins normalement. Aujourd’hui, il n’est plus lui-même et représente un danger constant pour notre famille», a fait savoir Mme Tremblay.

Avec l’argent qu’il a pu amasser à la suite de son accident, le frère de la dame s’est procuré une roulotte qu’il a stationnée à proximité de la propriété familiale. Au dire de sa soeur, il y habite plusieurs mois par année.

«C’est comme ça qu’il s’est mis à attaquer mes parents dès que quelque chose ne faisait pas son affaire. Il fait ce qu’il veut avec eux, si bien qu’ils ont peur de faire trop de bruit en se levant le matin. Lors d’une crise, mon frère s’est même rendu à pousser ma mère, qui est la personne de laquelle il est le plus proche. Tout ça sans parler des nombreuses menaces de mort qu’il a dirigées vers eux», a exprimé sa soeur.

Par ailleurs, de nombreux amis de cet homme auraient tenté de lui venir en aide au cours de derniers mois, mais ceux-ci n’ont rien pu faire. «Chaque fois, il refusait simplement leur aide ou les menaçait. Un moment donné, il a même failli causer volontairement un accident alors que certains de ses amis étaient à bord du véhicule», a témoigné Jessica Tremblay.

Les policiers impliqués

Après avoir passé des mois à se questionner à savoir s’ils devaient ou non porter plainte contre leur propre fils, les parents de cet individu aux prises avec des problèmes de santé mentale ont finalement décidé de passer à l’acte il y a quelque temps. Habitués d’intervenir à cette résidence, les policiers auraient donc accepté de transporter le jeune homme à l’hôpital afin qu’il y reçoive les soins appropriés pour son état.

«Comme c’est prévu, ils l’ont gardé pendant trois jours. Par la suite, il a comparu devant un juge, qui s’est montré extrêmement clément à son endroit. Il l’a toutefois bien averti que s’il se retrouvait à nouveau devant lui dans le futur, il serait beaucoup plus sévère», a ajouté la dame.

Il est à noter que, contrairement à l’histoire de Nathalie Dubois, aucune interdiction de contact entre le fils et ses parents n’a été décrétée dans ce dossier.

Les droits de la personne à nouveau questionnés

Rappelons que lorsqu’un patient en psychose est reçu en centre hospitalier, son degré de dangerosité est évalué par des professionnels, qui décident ensuite s’il est pertinent de garder ou non l’individu. Lorsqu’ils choisissent de l’hospitaliser, comme ce fut le cas dans cette histoire, ils bénéficient d’un maximum de trois jours pour lui prodiguer des soins.

Par la suite, c’est un juge qui détermine le sort de l’usager, qui peut parfois être contraint de subir une évaluation psychologique auprès de spécialistes.

En tout temps, lorsqu’un individu qui ne représente aucun danger particulier pour ses proches ou lui-même refuse les traitements qui lui sont offerts, les intervenants sont tenus de respecter son choix. Dans ce cas précis, les patients reçoivent souvent leur congé de l’hôpital.

«Sincèrement, je ne comprends pas ce que ça prend pour faire évaluer quelqu’un comme il se doit. Je crois que nous avions plusieurs preuves de la dangerosité de mon frère. Mes parents avaient même enregistré certains épisodes de crise qui sont survenus. Tout a été raconté, mais rien n’a vraiment été fait. Je ne sais pas jusqu’où vont les droits de la personne, mais c’est vraiment fâchant», déplore la soeur de l’homme.

Cette dernière s’est d’ailleurs dite drôlement interpellée par les récents cas similaires qui ont fait les manchettes, dont le témoignage de Nathalie Dubois. De plus, le meurtre tragique d’une mère commis par son fils atteint de troubles de santé mentale, à Drummondville, vers la fin du mois de juillet, n’a pas manqué de la traumatiser.

«J’ai très peur. Je crains non seulement pour ma sécurité, celle de mes enfants en bas âge et celle de mes parents, mais également pour celle de mon frère, qui pourrait se faire du mal à lui-même en raison de sa condition. On est tristes de le voir dans cet état-là, on voudrait nous faire justice nous-mêmes. Cependant, pour lui, ce sont nous les méchants», a conclu Jessica Tremblay.