Des cabanes installées sur la rivière Sainte-Anne pour la pêche aux petits poissons des chenaux.

Les prières des pourvoyeurs exaucées

Les prières évoquées par les pourvoyeurs de la rivière Sainte-Anne ne seront pas demeurées lettre morte, ayant été enfin entendues soit par sainte Anne elle-même, soit par Dame nature. Chose certaine, les températures hivernales qui s'installent pour de bon sur la région et les -20 degrés Celsius attendus dans les prochains jours ont épaissi à ce point la glace de la rivière que les premières cabanes à pêche et les lignes électriques ont été mises en place lundi.
«Nous avons déjà installé une quinzaine de chalets de pêche, donc le village commence à prendre forme», se réjouit le président de l'Association des pourvoyeurs de pêche aux poissons des chenaux, Steve Massicotte. «Nous prenons possession de la rivière et on maintient le cap pour le 31 décembre, le temps qu'on puisse monter le maximum de chalets. Pour l'instant, nous avons 15 à 16 pouces de glace, ce qui est déjà très sécuritaire. À -20 degrés Celsius, la glace épaissit par en dessous et, lorsqu'on l'arrose, épaissit au-dessus d'un pouce chaque nuit.»
Ce mardi, les pourvoyeurs poursuivront le développement du plan d'urbanisme fluvial qui fait la renommée de la rivière Sainte-Anne et foreront les lunettes par où les pêcheurs laisseront filer leurs lignes. Seule ombre au tableau, la neige est rare comme un merle blanc. «Pour rechausser les chalets, on doit la courir un peu partout», précise M. Massicotte.
Habituellement, les premiers hameçons à taquiner le poulamon ballottent sous la glace vers le 26 décembre. On estime à 6000 visiteurs en moins les pertes d'achalandage occasionnées par l'entêtement du temps clément. Les inconditionnels devront patienter jusqu'à mercredi avant de se mettre du baume au coeur en remontant au crochet de leur ligne un ou plusieurs des 800 millions de poissons qui frayent dans le courant.
«Les poissons sont arrivés depuis la mi-décembre, donc ça fait un bout de temps qu'ils nous attendent. Ils sont tranquilles et ne se doutent de rien. Lorsque nous descendrons des crevettes au bout d'un fil, ils vont être fous de joie», imagine M. Massicotte. Chaque année, à Sainte-Anne, entre 2 et 3 millions de menus fretins terminent leur course dans une poêle bien chaude ou en bouillotte, selon les goûts.