Trois-Rivières s’est doté d’un plan d’action sur cinq ans qui permettra notamment d’implanter un projet pilote sur les poules en milieu urbain.

Les poules urbaines bientôt permises à Trois-Rivières?

TROIS-RIVIÈRES — La Ville de Trois-Rivières vient de se doter de son tout premier Plan d’agriculture urbaine, un plan d’action sur cinq ans qui permettra notamment d’implanter un projet pilote sur les poules en milieu urbain, en plus de créer un marché public et implanter de nouveaux sites de compostage collectif.

Le conseil municipal de Trois-Rivières a effectivement donné son aval, mardi soir, à ce plan d’action qui s’étendra jusqu’en 2024. À travers les différents objectifs adoptés, la Ville souhaite que l’agriculture urbaine s’intègre autant dans les pratiques quotidiennes des citoyens, des organisations et de ses propres activités.

Un forum réunissant pas moins de 60 citoyens s’était tenu sur ce sujet à la fin du mois de novembre, et un sondage auprès de plus de 1100 participants a également été tenu afin d’identifier les principales orientations à prendre pour ce plan, qui a été financé à 50 % par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ).

À travers le sondage mené, il a notamment été établi que 35 % des répondants aimeraient pouvoir garder des poules en milieu urbain, un enjeu qui avait plusieurs fois été discuté au conseil municipal, notamment à la suite de demandes citoyennes, mais pour lequel on n’avait jamais donné suite. Le règlement municipal a toujours interdit la garde des poules en milieu urbain, mais des interventions auprès des propriétaires récalcitrants se faisaient uniquement lorsqu’une plainte était portée par le voisinage.

Avec ce nouveau plan d’action, la Ville s’engage dès 2019 à établir un projet pilote, en partenariat avec la Société protectrice des animaux de la Mauricie (SPAM) afin d’évaluer les balises pour permettre la garde de poules en milieu urbain. L’évaluation de l’encadrement et du contrôle de la garde de poules, spécialement dans les milieux de vie résidentiels, sera alors étudiée pour voir à la possibilité de la modification du règlement municipal actuel.

Par ailleurs, à plus long terme, le plan prévoit la création d’un marché public dans un horizon de 5 ans, toujours dans une optique de favoriser la consommation de produits locaux. Le modèle d’affaires ou encore le lieu d’implantation d’un tel équipement ne sont toutefois pas encore précisés.

Il est également question d’implanter de nouveaux sites de compostage collectif, des sites qui sont déjà présents à certains endroits ciblés de la ville, dont un à l’Académie les Estacades et un autre dans la cour du Musée POP.

Le plan prévoit aussi le développement d’un programme de ruelles vertes mettant à contribution la communauté locale. Selon les données recueillies par la Ville, pas moins de 40 ruelles seraient présentement identifiées comme pouvant être développées comme ruelles vertes, et le plan visera à encourager les initiatives en ce sens.

Selon la mairesse suppléante, Ginette Bellemare, cette nouvelle volonté du conseil municipal émane de demandes citoyennes. «Les gens nous le demandent beaucoup, il y a eu un changement dans les habitudes de vie des gens. La santé est de plus en plus une préoccupation des citoyens, et ça rejoint aussi les priorités du conseil. Ça vise à offrir une meilleure qualité de vie à nos citoyens», considère-t-elle.

Le conseiller municipal Claude Ferron, qui a pour sa part travaillé à l’élaboration de ce plan, indique que le partenariat développé avec la SPAM pour la mise en place d’un projet pilote est une excellente nouvelle pour les citoyens. Il souligne en outre que le plan prévoit des séances de formation pour les citoyens afin de les aider dans les différentes habitudes qu’ils souhaitent adopter en ce qui concerne l’agriculture urbaine.