Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale ont fait front commun jeudi pour le «droit à l’amour», à la veille de la Saint-Valentin.
Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale ont fait front commun jeudi pour le «droit à l’amour», à la veille de la Saint-Valentin.

Les partis d’opposition font front commun pour le «droit à l’amour»

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale ont fait front commun jeudi pour le «droit à l’amour», à la veille de la Saint-Valentin.

Ils exigent que les bénéficiaires de l’aide sociale, en couple ou non, puissent vivre sous le même toit sans que leur prestation soit amputée ou carrément coupée.

Si deux prestataires vivent ensemble actuellement, chacun d’eux ne touchera pas son montant minimal de 690 $ par mois, mais c’est plutôt un montant total de 1049 $ par mois qui sera versé à une seule personne du ménage.

Le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale a confirmé à La Presse canadienne en fin de journée qu’il y a actuellement environ 20 000 couples recensés dans un des trois programmes d’assistance sociale, soit Programme d’aide sociale, Programme de solidarité sociale et Programme objectif emploi.

Toutefois, le ministère ne pouvait fournir d’estimation des coûts pour le Trésor public du versement de deux prestations pleines et entières aux couples, parce que c’est «très complexe» à calculer, a-t-on indiqué.

En conférence de presse en matinée, autant le Parti québécois (PQ), que Québec solidaire (QS) et le Parti libéral ont dénoncé les enquêtes du ministère et ses mesures de contrôle jugées «abusives», pour savoir si oui ou non les personnes sont en couple.

«Si le ministère décide d’enquêter et demande à n’importe qui dans l’entourage des personnes si elles vivent en couple, cela peut être suffisant pour décréter qu’il y a vie maritale», a expliqué Emmanuelle Chaloux, du Front commun des personnes assistées sociales.

Le ministère peut aussi appliquer rétroactivement la mesure et réclamer des sommes «complètement ridicules» qui endetteront les personnes concernées pour des années, voire des décennies à venir, a-t-elle ajouté.

Les organismes de défense des plus démunis constatent du «harcèlement» et avancent qu’il en coûte cher en certificats médicaux, soins de santé, procédures judiciaires, pour mettre en œuvre de telles restrictions.

Une personne reconnue comme ayant une contrainte sévère à l’emploi a livré son témoignage par écrit. En 2018, elle a déclaré au ministère qu’elle ne pouvait vivre seule, mais le médecin n’a pas voulu remplir le formulaire d’attestation. Le ministère lui réclame donc 96 000 $ solidairement avec son colocataire, parce qu’il considère que la personne vit maritalement depuis 2005.

«Il y a des situations (où un prestataire doit rembourser) 100 000 $ de dettes, parce qu’il a été dénoncé par un voisin, ça n’a pas de maudit bon sens, s’est insurgé le député péquiste de Rimouski, Harold LeBel. On a ce genre de cas dans toutes nos circonscriptions. Prenons cette situation-là qui est injuste et essayons de faire comprendre ça au gouvernement.»

Le ministre titulaire, Jean Boulet, se trouvait à passer tout près et a prêté l’oreille aux témoignages livrés pendant la conférence de presse. À la période de questions, il a dit qu’il allait travailler avec les partis d’opposition pour examiner des solutions.

«Je suis même prêt à analyser les situations particulières de vie maritale où il y a une relation d’aidant à aidé», a-t-il déclaré. Il a dit qu’il explorerait des solutions pour les personnes qui vivent en situation de couple, afin de «réitérer le caractère extrêmement humain du droit à l’amour et évidemment du droit des personnes de vivre ensemble».