Patrick Bellemare, propriétaire du camping H2O de Trois-Rivières, veut savoir quand il pourra ouvrir son parc aquatique. Il est accompagné sur la photo de sa fille Ann Bellemare.
Patrick Bellemare, propriétaire du camping H2O de Trois-Rivières, veut savoir quand il pourra ouvrir son parc aquatique. Il est accompagné sur la photo de sa fille Ann Bellemare.

Les parcs aquatiques réclament l’ouverture de leurs sites

Trois-Rivières — Le Aqua Parc H20 de Trois-Rivières et le Regroupement des parcs aquatiques du Québec (RPAQ) veulent savoir quand ils pourront reprendre du service. Ils exigent un calendrier et demandent des mesures financières pour traverser la crise sanitaire.

«On essaie de se préparer, mais ce n’est pas évident. C’est assez plate comme situation. Si au moins on avait un son de cloche, mais on n’a rien. On est dans le néant. C’est du jamais vu et j’espère qu’on ne reverra plus jamais cette situation-là», souligne Patrick Bellemare, propriétaire du camping H2O de Trois-Rivières, dans le secteur de Pointe-du-Lac.

Des délais sont nécessaires pour préparer la saison et déployer les mesures sanitaires requises pour l’exploitation des sites dans un contexte de pandémie. Au moins deux semaines seront nécessaires pour tout mettre en place à l’Aqua Parc H20.

«De préparer un site comme le nôtre, ça ne se fait pas en une semaine. On parle d’environ deux semaines, et encore là, il ne faut pas avoir les doigts dans le nez […] Jusqu’à quel point on peut aller pour se préparer, ce sont des coûts. Est-ce qu’on va pouvoir ouvrir ou non? Ce n’est pas évident», affirme M. Bellemare.

C’est pourquoi les propriétaires de parc aquatique exigent des indications claires. Ils veulent être en mesure d’effectuer une saine gestion de leur entreprise, autant pour la planification de leurs activités que pour leur santé financière et celle de leur personnel.

Le RPAQ estime que l’annonce de l’ouverture des piscines publiques ajoute à l’incertitude des préparatifs. Les exploitants de parcs aquatiques s’expliquent difficilement l’exclusion des sites de baignade privés dans l’annonce de samedi dernier faite par les ministres de la Santé et des Affaires municipales et de l’habitation.

Ils ajoutent que cette incompréhension est d’autant plus choquante puisque «rien n’indique que les risques de contagion de la COVID-19 soient variables en fonction d’une exploitation privée ou publique d’un lieu de baignade».

Le propriétaire du Camping H2O affirme également que la distanciation sociale est tout à fait possible dans ses installations aquatiques.

«Le terrain est tellement grand que c’est faisable. Ce n’est pas tout le monde qui est séparé non plus, il ne faut pas oublier qu’il y a beaucoup de familles qui viennent ici», note Patrick Bellemare.

Le RPAQ souligne également qu’un plan de sécurité sanitaire a été déposé aux autorités gouvernementales le 25 mai dernier afin d’encadrer l’exploitation des sites et d’y incorporer toutes les consignes sanitaires exigées par la Santé publique du Québec.

«Depuis les dernières semaines, le RPAQ a travaillé sans relâche avec le ministère du Tourisme, la CNESST, le CQRHT et la Société de sauvetage afin de produire un plan de sécurité sanitaire COVID-19, respectant toutes les normes demandées. Les exploitants de parcs aquatiques sont stupéfiés d’apprendre que les lieux de baignade publics ont bénéficié d’un décret gouvernemental qui les exclut, d’autant plus que leur site et leurs infrastructures leur permettent un cadre d’exploitation plus sécuritaire que les lieux publics, notamment par la présence de surveillants et de sauveteurs certifiés pour encadrer les visiteurs», indique Yves Juneau, porte-parole du RPAQ.

Rappelons que le RPAQ représente neuf entreprises, dont le Village Vacances Valcartier, le Parc Safari, le Zoo de Granby, le Mont Cascades, Parc aquatique Sommet Saint-Sauveur, Super Aqua Club, Parc aquatique Bromont et l’Éco-Parc des Etchemins et l’Aqua Parc H2O.

En plus du calendrier de planification de la reprise des activités, l’autre défi identifié par le RPAQ est la fragilité financière des parcs aquatiques. On somme le gouvernement de dévoiler ses intentions quant à l’exploitation des sites cet été.

Les entrepreneurs demandent d’être «considérés équitablement» dans les décisions prises par Québec et souhaitent que le gouvernement puisse les aider à passer à travers les prochains étés.

«Qu’on ouvre ou qu’on n’ouvre pas, il y a des coûts. On va être encore là en 2021, mais ce serait le fun de savoir ce qu’il arrive avec nous autres. La gestion de tout ça laisse à désirer», note Patrick Bellemare.

«Qu’il y ait beaucoup, peu ou aucun client, on doit entretenir nos infrastructures, payer nos taxes et continuer à couvrir nos autres frais fixes qui sont très importants dans notre industrie. On est prêt à participer activement à la relance de l’économie et je suis persuadée qu’on peut le faire en toute sécurité pour nos clients et nos employés, mais encore faut-il connaître les intentions du gouvernement sur la suite des choses, et ce, très rapidement. On ne peut pas nous garder à l’écart encore longtemps. Il va nous falloir une aide pour garder la tête hors de l’eau et penser à contribuer à notre économie régionale à moyen et long terme», ajoute Nadine St-Amant, propriétaire du Super Aqua Club.

Au camping H2O, il ne se passe pas une journée sans que les gens parlent du parc aquatique. Si dans d’autres terrains de camping, c’est la folie actuellement la situation est différente en raison de l’incertitude vis-à-vis un des attraits principaux.

«C’est loin d’être la folie. On a eu des annulations. C’est certain qu’en n’ayant pas de piscine... La piscine et les glissades d’eau, c’est l’activité principale des gens qui viennent au camping. Il n’y a rien de drôle pour personne», a conclu M. Bellemare.