Julie Fortier, professeure en loisir, culture et tourisme à l'UQTR, Amélie Dubuc directrice générale de la CDC Trois-Rivières, Robert Tardif, président de la CDC, et Marie-Claude Camirand, agente de communication.

Les organismes communautaires ont un impact considérable

Avec une masse salariale de 26,6 M$ et 1485 employés, le milieu communautaire de Trois-Rivières compte parmi les plus gros employeurs de la région. C'est du moins ce qui ressort du portrait de l'impact socioéconomique des organismes communautaires de Trois-Rivières, commandé par la Corporation de développement communautaire (CDC) de Trois-Rivières et rendu public mardi.
Cette étude, menée par Julie Fortier, professeure du département de loisir, culture et tourisme de l'UQTR, ainsi que Caroline Legault, doctorante en sociologie de l'Université Laval, s'est échelonnée sur un an, entre mars 2013 et mars 2014, et a permis de sonder un peu plus de 120 organismes communautaires de Trois-Rivières.
En dressant ce portrait, la CDC cherchait surtout à démontrer l'importance du milieu communautaire dans la société, mais également son apport essentiel au bon fonctionnement de la vie sociale, puisque bien souvent, les organismes communautaires prolongent les services que le gouvernement n'est pas en mesure de donner.
Ce rapport fera d'ailleurs l'objet d'une vaste campagne médiatique au cours des prochains jours, afin de le faire connaître au plus large public possible, en plus de sensibiliser les partenaires et surtout les décideurs, qui ont un impact direct sur le financement de ces services.
«On a eu une annonce qui a été faite par le gouvernement péquiste en place avant le déclenchement des élections, qui promettait le rehaussement de la mission des organismes communautaires à la hauteur de 162 M$. Ce rapport vient démontrer tout l'apport que les organismes communautaires ont dans notre communauté. On souhaite que cette annonce-là demeure et même soit bonifiée parce que c'est certain que les organismes communautaires aident beaucoup de personnes et ont besoin de financement pour les aider à soutenir ces gens-là», a déclaré Amélie Dubuc, directrice générale de la CDC.
Déjà, la publication du rapport a eu des échos chez certains candidats à l'élection provinciale, alors que les candidats de la CAQ Andrew D'Amours et Diego Brunelle ainsi que le candidat péquiste dans Trois-Rivières Alexis Deschênes ont assisté au dévoilement de ces résultats.
Des chiffres
L'étude révèle notamment que chaque année, les quelque 120 organismes sondés rejoignent plus de 130 000 personnes à Trois-Rivières, dont 44 % sont des femmes, 29 % des hommes et 27 % des enfants. De ce nombre, plus de 60 % des usagers auront recours aux services d'un organisme oeuvrant dans l'aide et l'entraide, le soutien à la communauté et la sensibilisation, promotion et prévention. Par ailleurs, 7 % de la clientèle aura recours à des services d'hébergement.
Malgré que près de la moitié des employés des organismes communautaires détiennent un diplôme de niveau universitaire, le salaire moyen se situe à un peu plus de 15 $ de l'heure. On note également que ce sont les femmes qui oeuvrent en grande majorité dans ces organismes, alors qu'elles représentent 78,8 % des ressources humaines des différents organismes.
Le financement des organismes est assuré à 62,1 % par le gouvernement du Québec, et à plus de 26 % par la communauté, soit par de l'autofinancement, des dons, des contributions des usagers ou encore des contributions par le biais de l'organisme Centraide. On constate par ailleurs que 91 % des organismes communautaires comptent sur l'implication de bénévoles pour réaliser leur mission.
Ainsi, 18 717 personnes bénévoles s'impliquent dans les organismes, pour un total de 315 000 heures qui ne sont pas rémunérées, mais qui sont essentielles à la poursuite des activités, note la conseillère en communication de la CDC, Marie-Claude Camirand.