Les opposants à la fluoration ne lâchent pas prise

Au lendemain de la décision à neuf voix contre sept par le conseil municipal de reprendre le programme de fluoration de l'eau potable à Trois-Rivières, les opposants se mobilisent déjà et n'entendent pas en rester là. La Coalition Trifluvienne pour une Eau Très Saine compte d'ailleurs tout faire pour profiter du passage de la première ministre Pauline Marois à Trois-Rivières ce soir pour faire valoir leur point.
«Je vais tout faire pour avoir au moins un petit deux minutes avec elle. On ne fera pas une grande manifestation ou rien. Je veux juste qu'elle entende ce que les citoyens ont à dire. Il faut qu'elle comprenne que des citoyens dans trois comtés, soit Champlain, Trois-Rivières et Maskinongé, vont devoir subir cette décision», explique Philippe Giroul, porte-parole de la coalition.
Ce dernier s'étonne d'autant plus que l'abolition de la mesure de fluoration de l'eau potable faisait partie du programme électoral du Parti québécois. Or, lors de la commission parlementaire sur le sujet, Québec a plutôt opté pour le statut quo, relayant la décision finale aux municipalités.
Il s'agit donc là d'une première action que la coalition compte entreprendre, mais elle n'a pas l'intention de lâcher le morceau. M. Giroul indique que les opposants s'adresseront également à trois ministres du gouvernement Marois, soit Stéphane Bédard au Conseil du trésor, Sylvain Gaudreault aux Affaires municipales et Yves-François Blanchet à l'Environnement.
La coalition travaille aussi sur un projet de recours collectif qu'elle compte intenter contre la Ville de Trois-Rivières. «Nous travaillons avec un avocat qui va nous guider là-dedans, mais le recours serait possible sur différents aspects», a signalé M. Giroul, sans vouloir aller plus loin puisque le processus ne fait que commencer.
Mardi, le sujet a enflammé les réseaux sociaux, tant chez les partisans de la fluoration que chez les opposants. De nombreux commentaires ont été enregistrés sur les pages des médias ayant relayé l'information, autant que dans des statuts et publications personnelles de citoyens de Trois-Rivières et même de l'extérieur de la région. La Coalition Eau Secours a publié un communiqué sur sa page, dans lequel elle invite les citoyens de Trois-Rivières à continuer de faire connaître leur opinion aux conseillers municipaux.
«À partir de maintenant, que pourront faire les citoyens qui ne veulent pas boire d'eau fluorée? L'eau de leurs robinets, payée par leurs taxes municipales ne correspond plus à ce qu'ils désirent boire. La Coalition Eau Secours incite les citoyens à continuer à écrire et à parler à leurs conseillers municipaux pour faire connaître leur opposition à cette décision. Une décision peut être changée, surtout quand il y a visiblement division au sein des élus», signale la coalition Eau Secours.
Une pétition a également été mise en ligne sur le site avaaz.org, qui s'intitule «Élus municipaux de Trois-Rivières: procédez à une consultation populaire sur la fluoration de l'eau potable». En fin de soirée hier, déjà 300 personnes avaient signé la pétition.
Rappelons que Trois-Rivières a fluoré son eau de 1962 à 2008, moment où des travaux de réfection ont débuté à l'usine de filtration. En 2012, le conseil reconduisait le projet de fluoration de l'eau, mais un moratoire était par la suite voté en 2013, le temps que la commission parlementaire se prononce. Ce moratoire a donc été levé lundi soir. La fluoration devrait reprendre d'ici les six prochains mois.