Lors des inondations printanières de 2019, des centaines résidences avaient été inondées et isolées, en Mauricie.
Lors des inondations printanières de 2019, des centaines résidences avaient été inondées et isolées, en Mauricie.

Les municipalités parées à d’éventuelles inondations dans des Chenaux

Matthieu Max-Gessler,  Initiative de journalisme local
Matthieu Max-Gessler, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
SAINTE-ANNE-DE-LA-PÉRADE — En pleine pandémie de COVID-19, plusieurs municipalités ont une épée de Damoclès au-dessus de la tête: la montée des eaux. Bien que la situation ne soit pas alarmante pour le moment, les municipalités de la MRC des Chenaux qui ont subi les inondations du printemps dernier se préparent à réagir rapidement si le pire devait se produire.

C’est principalement le niveau du fleuve Saint-Laurent et du lac Saint-Pierre que l’on surveille à Sainte-Anne-de-la-Pérade. La rivière Sainte-Anne, qui avait fait des siennes en 2019, est beaucoup plus docile cette année. Le lac Saint-Pierre a dépassé le seuil d’inondation mineure (2,6 m), avec 2,74 m enregistrés à la balise 15975.

«Il y a une équipe de la municipalité qui fait la tournée des secteurs les plus affectés l’an dernier par la montée des eaux. Pour l’instant, c’est mieux contrôlé que l’an passé, et on ne s’attend pas à avoir des problématiques aussi importantes. Mais les employés vont, à la demande des citoyens, livrer des sacs de sable», indique la mairesse de Sainte-Anne-de-la-Pérade, Diane Aubut.

Les citoyens peuvent également aller chercher eux-mêmes des sacs de sable à deux endroits de la municipalité.

La mairesse indique par ailleurs que la Municipalité assure un suivi constant de la situation avec les responsables de la sécurité civile de la région. Elle s’attend d’ailleurs à ce que le niveau du fleuve monte davantage vendredi et samedi, en raison du phénomène des grandes marées, mais il devrait ensuite redescendre, à partir de dimanche.

«Selon les statistiques qu’on reçoit, il n’y aura pas d’autres marées en mai», se réjouit Mme Aubut.

Seulement quelques secteurs sont affectés par la montée des eaux, alors que des résidences deviennent inaccessibles lorsque la marée monte. Il s’agit toutefois de secteurs où ce phénomène se produit année après année, et où les citoyens y sont bien préparés.

Du côté de Champlain, on surveille aussi le niveau du fleuve. Le maire, Guy Simon, précise être lui aussi en communication quotidiennement avec la sécurité civile. L’eau a déjà atteint le niveau de quelques voies carrossables, mais rien d’alarmant pour le moment.

La municipalité de Batiscan est elle aussi riveraine du fleuve. Les autorités municipales se préparent donc à une éventuelle montée des eaux. Un millier de sacs de sable ont déjà été remplis et 2000 autres sont prêts à l’être, indique le maire Christian Fortin.

«On est prêts. Depuis trois semaines, la municipalité est en mode préparation. On a envoyé un guide en cas d’inondation aux citoyens et on surveille la projection des crues chaque jour. On se croise les doigts pour que tout se passe bien cette année. Le fleuve est très haut, mais il y a eu moins de neige que les autres années», rassure-t-il.

Les routes à risque d’être inondées ont par ailleurs été balisées depuis le printemps dernier, afin d’indiquer aux automobilistes leur emplacement si elles se retrouvent recouvertes d’eau. Les balises permettent également d’avoir une idée du niveau de l’eau sur les routes, pour éviter que des citoyens se retrouvent pris au piège dans leur véhicule.

Le préfet de la MRC des Chenaux, Gérard Bruneau, demeure lui aussi sur le qui-vive. «Au moment où on se parle, il n’y a pas grand danger. Les inondations de 2017 et du printemps passé, on espère vraiment ne pas les revivre, mais pour le moment, ça ne s’enligne pas pour ça», mentionne-t-il.

La Batiscan sous contrôle

À Sainte-Geneviève-de-Batiscan, c’est la rivière Batiscan qui avait causé bien des dégâts l’an dernier.

«Les glaces sont parties de la rivière la fin de semaine passée. L’eau n’a pas embarqué sur les terrains et ne semble pas être sur le point de le faire, même s’il y en a beaucoup. On espère que ça va rester comme ça, on n’a pas besoin de ça en ce moment», souligne-t-il.

La Municipalité est elle aussi en communication avec la sécurité civile. Des sacs de sable ont également été préparés au cas où des citoyens en auraient besoin.

Du côté de la sécurité civile, justement, on prévient que la fonte des neiges au nord de la région ne commencera vraiment qu’au cours de la semaine prochaine.

«Il y a un important couvert de neige dans le nord de la région, comparable à 2017 et 2019, mais si ça fond tranquillement, je pense que ça va bien aller», indique Sébastien Doire, directeur régional de la sécurité civile.

Les précipitations auront également un impact sur la crue des eaux. La neige, comme celle qui tombait jeudi en bonne quantité sur la Mauricie, pourrait avoir peu d’impact sur la crue des rivières, si elle fond lentement.

Rappelons qu’en avril et mai 2019, des centaines de résidences ont été inondées en Mauricie. Dans la MRC des Chenaux, les municipalités de Sainte-Anne-de-la-Pérade et Batiscan avaient été particulièrement affectées.