Au début du printemps, Entreprises G.N.P. avait obtenu des montants supplémentaires de la Ville de Shawinigan pour réhabiliter le terrain du Groupe Château Bellevue, dont le degré de contamination avait visiblement été sous-évalué.

Les mises en demeure sont prêtes

SHAWINIGAN — La Ville de Shawinigan est maintenant convaincue que des fautes ont été commises dans les études de caractérisation réalisées sur le lot du projet du Groupe Château Bellevue, tout près du Centre Gervais auto. Un départ inattendu au Service de greffe et des affaires juridiques fait que les mises en demeure n’ont pas encore été envoyées, mais ça ne saurait tarder.

«Nous, on pense qu’il y a eu erreur professionnelle», estime le maire, Michel Angers. «Nos experts regardent tout ça, nous avons des avis, mais ça prend du temps, ces affaires-là.»

Rappelons qu’en mars, le conseil municipal de Shawinigan avait adopté deux résolutions en l’espace d’une semaine, en assemblée extraordinaire à chaque fois, pour accorder des directives de changement au contrat de réhabilitation environnementale qui avait été octroyé à Entreprises G.N.P. de Victoriaville. Après un montant de 337 782 $ consenti le 19 mars, les élus étaient revenus à la charge avec un ajout de 408 635 $ le 26 mars. Ces sommes s’ajoutaient ainsi au contrat initial de 608 541 $ attribué en janvier.

Ces directives de changement avaient été autorisées parce que les firmes professionnelles qui avaient réalisé les études de caractérisation avaient visiblement sous-estimé la contamination de ce terrain. Selon un avis de la Ville transmis en février au bureau de la publicité des droits, ces études avaient été préparées par Roche Groupe-conseil (aujourd’hui Norda Stelo) et Pluritec.

Difficile, pour le moment, de savoir si les deux firmes portent le même fardeau dans cette histoire.

«Le conseil a autorisé l’envoi d’une mise en demeure aux consultants», confie Me Yves Vincent, directeur du Service de greffe et des affaires juridiques à la Ville. «Nous avions préparé tous les documents, mais notre avocat responsable du dossier nous a quittés. Nous sommes en train de nous restructurer.»

«Nous avons le mandat d’agir», ajoute-t-il. «Nous avons les éléments qui nous permettent de lancer quelque chose.»

À la séance publique de mardi soir, Robert Houle est revenu à la charge sur ce dossier à la période de questions pour un quatrième mois consécutif. Il souhaite que le maire passe de l’indignation exprimée en mars à des gestes concrets pour que la Ville obtienne réparation.

«Je ne peux pas forcer les avocats, le contentieux à accélérer les procédures», explique M. Angers. «Je n’ai rien balayé sous le tapis, loin de là. J’étais en colère à ce moment et je ne suis pas plus content aujourd’hui. Une fois que j’ai dit ça, je peux bien casser une chaise, mais dans la vie, ça ne donnerait rien. Il y a des procédures et il faut les suivre.»