Les manifestants ont quitté la voie ferrée à Saint-Lambert, en Montérégie.
Les manifestants ont quitté la voie ferrée à Saint-Lambert, en Montérégie.

Les manifestants lèvent le camp à Saint-Lambert

Sidhartha Banerjee
La Presse Canadienne
SAINT-LAMBERT — Les manifestants ont quitté la voie ferrée à Saint-Lambert, en Montérégie.

Plus tôt en soirée, les militants avaient commencé à démonter leur campement, mais la tension était montée d’un cran quand de nouveaux manifestants sont venus les appuyer près du périmètre policier en chantant des slogans hostiles aux forces de l’ordre.

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Plus d’une cinquantaine de manifestants se sont rassemblés vers 21h à proximité du barrage ferroviaire pour appuyer les militants qui campaient sur place depuis mercredi.

«À tous ceux et celles qui ont à cœur les souverainetés autochtones ancestrales, il faut agir maintenant. Répondez à l’appel des chefs héréditaires. Bloquez par tous les moyens ponts, ports, routes et rails», ont déclaré des militants, dans un point de presse vers 22h, avant de quitter la voie ferrée.

Ils avaient commencé à plier bagage en début de soirée, face à un important déploiement de policiers antiémeutes. Ils transportaient du matériel tel que des sacs de couchage, des chaudrons, des bombonnes de propane et un poêle à bois jusqu’à la limite du périmètre érigé par le Service de police de l’agglomération de Longueuil.

La situation s’est toutefois tendue entre les nouveaux venus et les forces policières. Des dizaines de manifestants sont arrivés près du périmètre en chantant des slogans tels que «Tout le monde déteste la police!».

Il y a eu de l’animosité avec les policiers présents quand certains manifestants ont tenté de franchir le périmètre, puis des dizaines d’agents se sont déplacés pour venir surveiller la foule.

Des militants irréductibles à la barricade, à environ 150 mètres plus loin, répondaient à leur tour à leurs sympathisants avec des slogans. La Presse canadienne a pu observer au cours de la soirée une communication constante entre militants et policiers.

Le blocage est désormais levé.

Un signal d’une mobilisation policière pour les déloger était intervenu en après-midi, peu de temps après que le premier ministre Justin Trudeau eut appelé au démantèlement du blocus ferroviaire.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a réagi sur Twitter. «À la suite de la déclaration du premier ministre du Canada, je réaffirme que les barricades doivent être levées, mais les actions doivent être coordonnées par le gouvernement fédéral avec chacune des provinces», a-t-il écrit.

Un nouveau barrage a par ailleurs été érigé en début d’après-midi vendredi sur une voie du Canadien National à L’Isle-Verte, dans le Bas-Saint-Laurent. La Sûreté du Québec a dit être «au courant de la situation».

Un train de pales éoliennes devant partir le 15 février est notamment bloqué, à New Richmond dans ce cas, dans l'attente de la levée du blocus de Listuguj.

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15 EMPLOYÉS DE LA SOCIÉTÉ DU CHEMIN DE FER DE LA GASPÉSIE MIS À PIED

NEW RICHMOND — La Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) a annoncé vendredi qu’elle doit temporairement mettre à pied 15 de ses 40 employés en raison du blocus ferroviaire empêchant tout passage de trains dans la communauté autochtone de Listuguj depuis le 10 février. Le président de l’entreprise sous contrôle municipal, Éric Dubé, note que le transporteur n’a «aucun impact ni influence sur les mesures qui pourraient inciter les manifestants à mettre fin au blocus de la voie ferrée» et que, conséquemment, «il nous est impossible d’anticiper la fin de celui-ci». Les mises à pied découlent donc de l’impact financier énorme venant de la paralysie du transport ferroviaire et de transbordement, de même que du manque de travail qui s’y rattache. La SCFG a perdu 180 000 $ en recettes en 12 jours. À cause de la nature imprévue des licenciements, la SCFG offre des mesures d’accommodements financiers et autres pour aider les employés qui en ont besoin. «Nous souhaitons ardemment une résolution rapide de ce litige pour permettre à nos trains de circuler à nouveau […], permettre à nos employés de retourner au travail et à nos clients de pouvoir expédier à nouveau leurs produits [par train], le mode de transport terrestre le plus écologique pour l’expédition de grand volume de marchandises.» Gilles Gagné (collaboration spéciale)