La porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme, ainsi que la coordonnatrice du Comité logement Trois-Rivières, Marie-Claude Morin, ont présenté des données mauriciennes relatives au logement et à la pauvreté.

Les locataires les plus pauvres au Québec

Trois-Rivières — 29 704 $. Ce montant constitue le revenu annuel moyen des ménages locataires de la Mauricie. À la lumière de cette donnée, les Mauriciens vivant dans des loyers sont les plus pauvres du Québec.

Ce triste constat constitue l’un de ceux que font le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) et le Comité logement Trois-Rivières en se basant sur le plus récent Dossier noir sur le logement et la pauvreté. Ce même rapport révèle que le revenu médian des ménages locataires pour l’ensemble du Québec se chiffre à 37 392 $.

«Même si le loyer moyen est moins élevé à Trois-Rivières que dans les autres régions métropolitaines, l’écart entre leurs revenus est beaucoup plus important que celui entre les loyers. Les locataires de Trois-Rivières ont un revenu médian annuel de 6263 $ plus bas que la moyenne des locataires du Québec tandis que celui pour ceux de La Tuque et Shawinigan le sont respectivement de 9363 $ et 11 007 $», mentionne Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU.

Autre constat inquiétant pour le FRAPRU et le Comité logement Trois-Rivières, les dépenses reliées au logement dépassent la norme de 30 % du revenu pour plus du tiers des 27 355 ménages locataires trifluviens. De ce nombre, 3235 doivent consacrer plus de la moitié de leur revenu à ce poste budgétaire et 1025 se retrouvent dans une situation «extrême» et doivent en verser 80 % ou plus à leur propriétaire.

«Il leur est donc pratiquement impossible de ne pas couper dans leurs autres besoins essentiels une fois le loyer payé, et ce, au détriment de leur santé et leur sécurité», déplore Marie-Claude Morin, coordonnatrice du Comité logement Trois-Rivières.

Dans cette optique, les deux organismes, qui ont tenu un point de presse conjoint lundi avant-midi, considèrent que le marché locatif privé n’est plus en mesure de répondre aux besoins des locataires à faible revenu et que, trop souvent, ces derniers n’ont pas le choix de se rabattre sur les des logements inadéquats et ayant grandement besoin d’amour. Ils croient qu’une valorisation accrue du logement social aurait comme effet d’amoindrir ce fléau. C’est d’ailleurs pour cette raison que le FRAPRU demande la construction de 50 000 nouveaux logements de ce type ainsi qu’un engagement clair du nouveau gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) en ce sens. Mesdames Laflamme et Morin soulignent que le nouveau député de Trois-Rivières, Jean Boulet, s’est étrangement vu confier le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale par le premier ministre François Legault. Selon elles, le ministre se retrouve donc en bonne position pour faire les représentations qui s’imposent auprès des autres membres du conseil des ministres afin que ce dossier soit traité rapidement. Elles tiennent également à rappeler que la CAQ s’était engagée pendant la campagne électorale à livrer les 12 500 logements sociaux déjà annoncés par le gouvernement précédent, et ce, dès le présent mandat.