Pierre Giguère, président de l’Association libérale de Laviolette - Saint-Maurice, a accueilli la députée de Verdun et marraine de la Mauricie, Isabelle Melançon à son arrivée au restaurant Le Tzav de Shawinigan, lundi soir.
Pierre Giguère, président de l’Association libérale de Laviolette - Saint-Maurice, a accueilli la députée de Verdun et marraine de la Mauricie, Isabelle Melançon à son arrivée au restaurant Le Tzav de Shawinigan, lundi soir.

Les libéraux veulent se redonner de la vigueur pour le rendez-vous de 2022

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — Après s’être enraciné dans la région pendant une quinzaine d’années, le Parti libéral du Québec a été complètement rayé de la carte le 1er octobre 2018, la population se tournant sans nuance vers la Coalition avenir Québec. Mais attention, l’humeur de l’électeur change tellement rapidement aujourd’hui qu’il est hors de question de concéder un deuxième mandat consécutif à François Legault.

Cette mise en garde est servie par Isabelle Melançon, députée de Verdun et marraine de la Mauricie pour le PLQ, lors d’une visite au restaurant Le Tzav de Shawinigan, lundi soir. Elle répondait alors à l’invitation de l’Association libérale de Laviolette - Saint-Maurice et de son président, l’ex-député Pierre Giguère, qui a accepté de reprendre du service au printemps pour recoller les morceaux à la suite d’une campagne difficile, particulièrement dans ce comté.

Rappelons que le 2 février 2018, l’ex-premier ministre Philippe Couillard annonçait que Julie Boulet était son choix pour représenter cette nouvelle circonscription lors de la prochaine élection. La ministre régionale semblait alors ragaillardie par cette marque de confiance, mais les militants locaux étaient très divisés. Trois mois plus tard, Mme Boulet consternait la région en annonçant son retrait de la vie publique, prétextant que la motivation n’y était plus.

M. Giguère avait accepté de prendre la relève comme candidat, mais cette crise interne, combinée à la vague caquiste, laissait bien peu de chance aux libéraux. Marie-Louise Tardif a finalement été élue avec 45 % des voix dans Laviolette - Saint-Maurice, contre près de 21 % pour son principal adversaire.

Lundi soir, une trentaine de militants ont répondu à l’appel de l’association locale. Visiblement en grande forme, Mme Melançon mord à belles dents dans ce défi qu’elle qualifie elle-même de «reconstruction» du PLQ. Dans le comté, M. Giguère croit que les plaies sont pansées.

«La fusion s’est bien faite», assure-t-il. «C’est sûr que ça a pris du temps pour former l’association. En fait, ça a pris un an après que Julie (Boulet) soit partie.»

Parallèle

Les libéraux ont connu d’autres années de vaches maigres en Maurice. Dans les années 90, la région était dominée par le Parti québécois. Mais en 2003, Guy Julien et Rémy Désilets cédaient leur place à André Gabias et Francine Gaudet, dans Trois-Rivières et Maskinongé respectivement.

Mme Boulet avait été élue lors d’une élection partielle dans Laviolette, deux ans auparavant. Les libéraux reprenaient vie, après avoir disparu du radar électoral régional pendant presque dix ans.

Cette fois, une résurrection peut-elle être envisagée dès 2022? «Ça va vite», fait remarquer Mme Melançon. «Nous sommes dans la consommation rapide, avec les réseaux sociaux. Les avis changent, les sondages fluctuent. Un gouvernement se fait ou se défait avec un sondage.»

«Ce qu’on doit apprendre de la dernière élection fédérale, c’est qu’on a besoin d’un ou d’une chef rapidement», ajoute-t-elle. «Pas quelqu’un en transition. Ça va prendre quelqu’un qui sera prêt. Personne n’avait vu venir la possibilité que le gouvernement de Justin Trudeau soit en danger. Ça s’est passé en un claquement de doigts!»

Mme Melançon ne nie pas que sa formation doive faire une profonde introspection de la dernière déroute, mais elle ne veut rien concéder à la CAQ en 2022.

«Ce serait mal connaître qui nous sommes», sourit la députée de Verdun. «Le Parti libéral du Québec a connu d’autres défaites, mais a aussi vécu de grandes victoires après ces défaites.»

L’arrivée d’un nouveau chef, en 2020, donnera une nouvelle impulsion au parti, croit Mme Melançon. Pour le moment, Dominique Anglade apparaît comme la grande favorite, mais sa collègue de Verdun ne détesterait pas assister à une vraie course à la chefferie.

«Pour un parti politique, avoir des choix, c’est toujours une bonne chose», glisse-t-elle. «Mais je ne veux pas me positionner en disant qu’il faut une course ou pas. Je suis dans une position de neutralité (comme leader parlementaire adjointe de l’opposition).»

Le comité de l’Association libérale de Laviolette - Saint-Maurice compte pas moins de 14 administrateurs, se réjouit M. Giguère. Selon lui, l’organisation regroupe un peu plus de 300 membres, mais il convient qu’il reste de la besogne à abattre, particulièrement dans le nord du comté.

«Au cours des prochains mois, nous irons faire une activité à La Tuque», avance le président d’association. «Les membres sont là, mais ils ont un certain âge. Il n’y a pas beaucoup de jeunes. Il y a un travail à faire.»

M. Giguère prétend qu’à la fin novembre, 40 % de l’objectif de 16 000 $ en vue de l’élection de 2022 sera déjà acquis dans la circonscription.

«Notre association n’a vraiment amorcé ses activités qu’à la fin avril», rappelle-t-il. «On n’avait plus d’organisation, on n’avait rien sur le terrain à ce moment. Nous avons remis ça sur les rails.»