La rue René à Gatineau, le 27 avril dernier

Les inondations printanières, l’événement climatique de 2019 au Québec

MONTRÉAL - Les inondations majeures du printemps 2019 auront été l’événement météorologique de l’année au Québec, tant en raison de leur ampleur que de la durée de leurs effets qui se font toujours sentir pour de nombreux sinistrés.

Une combinaison catastrophique de pluies abondantes survenues à la suite d’un hiver neigeux et de températures froides qui avaient maintenu le couvert de neige intact jusque-là a forcé l’évacuation de milliers de personnes à travers plusieurs régions du Québec. Les crues ont été assez fortes pour forcer l’évacuation, en avril, de la municipalité de Grenville-sur-la-Rouge alors que l’on a craint que le barrage de la chute Bell ne cède. L’événement a atteint son apogée lorsqu’une digue a cédé le 27 avril à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, forçant l’évacuation d’urgence de centaines de résidants d’un quartier au complet. En marge de ce bilan, le Bureau d’assurance du Canada (BAC) rapporte des réclamations totalisant 185 millions $ en ce qui a trait aux dommages assurables.

En tout, pas moins de 310 municipalités ont été touchées par les inondations, et ce, dans toutes les régions administratives du Québec. Bien que le ministère de la Sécurité publique n’ait pu réaliser de bilan global en raison de données éparpillées dans toutes ces municipalités, La Presse canadienne dressait au 30 avril la compilation suivante, alors que l’événement n’était pas encore terminé: 9070 résidences et 273 commerces inondés, plus de 12 000 citoyens évacués, 82 glissements de terrain et 760 routes touchées (inondées, encerclées ou affectées par la crue des eaux). Les données qu’a pu compiler la Sécurité civile font tout de même état de 7500 demandes de réclamation, plus de 211 millions $ versés aux sinistrés en date du 9 décembre, avec plus de 86 % des particuliers ayant reçu au moins un premier versement de Québec. La moitié des dossiers sont fermés pour l’ensemble du Québec.

Quelques régions touchées venaient pourtant à peine de se relever d’un important épisode de verglas qui s’était abattu au début d’avril sur les régions de Laval, Laurentides et Lanaudière, laissant 20 millimètres de glace sur son passage - dépression qui avait également déposé de 15 à 25 centimètres de neige entre l’Abitibi et la Beauce. La perturbation avait privé quelque 310 000 clients d’Hydro-Québec d’électricité, certains durant 72 heures.

La tempête «des Halloween»

Cependant, la palme toutes catégories en termes de pannes d’électricité revient au deuxième événement climatologique de l’année, soit la fameuse tempête «des Halloween», ainsi surnommée parce que la menace de pluie intense et de vents violents avait amené plusieurs municipalités - mais pas toutes - à reporter la traditionnelle cueillette de friandises des enfants costumés au lendemain, 1er novembre.

Le puissant front froid déverse entre 40 et 60 millimètres d’eau sur presque tout le Québec, précipitations qui atteindront de 80 à 110 millimètres et qui feront déborder des rivières en Estrie et en Chaudière-Appalaches. Ce sont toutefois les vents violents avec des rafales dépassant les 100 km/h qui marqueront le plus les deux journées puisqu’ils seront à l’origine de pannes de courant affectant tout près d’un million de clients d’Hydro-Québec, soit la plus importante panne depuis le grand verglas de 1998. Le BAC rapportera des dommages assurables de 250 millions $ dans l’est du Canada, dont 189 millions $ au Québec seulement.

Un Québec blanc comme neige

Bien que la neige soit un phénomène auquel les Québécois sont habitués, cela ne l’empêche pas de créer des situations complexes lorsqu’elle arrive en quantité industrielle. Le 13 février, entre 25 et 40 centimètres de poudre blanche s’abattent sur le Québec avec des vents forts causant de la poudrerie. Écoles et routes seront d’ailleurs fermées pour la journée à travers le sud, le centre et l’est de la province et de nombreux vols sont retardés ou annulés alors que Postes Canada suspend la livraison pour des raisons de sécurité. Un peu plus tôt, soit du 20 au 22 janvier, plusieurs régions avaient été ensevelies par une bordée de 20 à 50 centimètres lors d’une tempête dont la caractéristique était d’être accompagnée de températures exceptionnellement froides, causant un blizzard et des carambolages multiples.

Aucun répit n’était en vue pour l’hiver suivant, dans lequel nous sommes présentement, puisque la bordée de 15 à 25 centimètres de neige tombée le jour du Souvenir représente un événement très hâtif qui a pris de court de nombreux automobilistes dont les voitures n’étaient pas encore munies de pneus d’hiver. L’arrivée précoce de cette importante quantité de neige ne constitue toutefois pas un record en soi, mais survient environ un mois d’avance pour Montréal et trois semaines pour Québec. Par contre, l’air froid qui accompagne cette dépression battera plusieurs records au Québec, autant des minimums que des maximums froids quotidiens.

Tornades

Le Québec était venu bien près de connaître sa première tornade le 2 juin, lorsque deux d’entre elles se sont approchées de la province dans la région de la capitale fédérale, dont une qui a causé d’importants dégâts dans le quartier Orléans, à Ottawa, mais la première tornade à dévaster le Québec fut celle du 11 juillet, provoquée par une ligne d’orages violents s’étendant sur Chibougamau et Toronto. Une tornade de catégorie EF1 (échelle de Fujita améliorée, vents de 138 à 178 kilomètres à l’heure) s’est alors formée dans la région de Lanaudière, pour parcourir environ 3 kilomètres, endommageant plusieurs bâtiments, des arbres et un site de camping. Plusieurs autres endroits au Québec ont reçu des quantités de pluie importantes ou de fortes rafales d’orages affectant des arbres et des poteaux électriques. Jusqu’à 100 000 personnes ont subi des pannes de courant.

Puis, le 30 juillet, une deuxième tornade EF1 venait encore souffler un terrain de camping, cette fois à Lac-aux-Sables, en Mauricie, faisant trois blessés légers et des dommages. Elle sera suivie d’une troisième de même intensité le 21 août près de Mont-Laurier qui causera uniquement des dommages matériels. Enfin, les vents se sont littéralement déchaînés le 4 septembre dans la petite municipalité beauceronne de Sainte-Rose-de-Waterford, théâtre d’une tornade EF2 (vents de 179 à 218 kilomètres à l’heure), faisant heureusement des dégâts limités en termes de bâtiments, mais les producteurs acéricoles du secteur ont encaissé de lourds dommages avec quelque 20 000 érables couchés par le vent et perdus.