L’urgence du Centre hospitalier de Trois-Rivières.

Les infirmières protestent de nouveau

Trois-Rivières — Une fois de plus ce week-end, l’imposition du temps supplémentaire obligatoire au Centre hospitalier de Trois-Rivières a soulevé des contestations. Des infirmières de l’urgence ont fait un sit-in alors que celles des soins intensifs ont retardé leur quart de travail afin de protester contre le manque de personnel.

Selon le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, 14 infirmières de l’urgence ont refusé d’entreprendre leur quart de travail à minuit dimanche. Il manquait deux infirmières et deux préposées aux bénéficiaires. Le sit-in pour protester le manque de personnel a duré jusqu’à 1 h 30 du matin.

Des infirmières ont dû elles-mêmes réveiller des collègues, dont un était en vacances, pour leur demander de venir à la rescousse. Geneviève Jauron, conseillère-cadre en communication au CIUSSS MCQ, soutient que des mesures ont été prises par les gestionnaires afin que la situation ne se reproduise pas dimanche.

La situation à l’urgence est particulièrement préoccupante ces derniers jours. Le nombre de patients sur civière a été constamment de 60 à 70, alors que la capacité de l’urgence du centre de santé de Trois-Rivières est de 45 patients. De plus, une infirmière a dû s’occuper de 15 à 18 patients en même temps la semaine passée. Cela dépasse de beaucoup une charge de travail normale. Des infirmières avec qui nous avons discuté soutiennent que cela est dangereux pour la sécurité des patients.

De plus, des infirmières des soins intensifs ont également manifesté samedi. Cinq des huit infirmières devaient faire du temps supplémentaire obligatoire après le quart de jour, ce qu’elles n’ont pas apprécié. «Des membres du personnel de soir ont alors retardé le début de leur quart», précise Geneviève Jauron.

«On a alors été proactif. On a déplacé une infirmière d’un autre service vers les soins intensifs et on a fait appel à la liste de rappel en plus de demander à des infirmières de nuit de commencer plus tôt pour écourter le temps supplémentaire d’autres infirmières. C’est une mesure exceptionnelle le recours au temps supplémentaire obligatoire.»

La présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Nathalie Perron, affirme que la situation s’est toutefois rapidement réglée.

«C’était problématique. Il y avait beaucoup de personnes qui étaient déjà en temps supplémentaire obligatoire et qui faisaient des douze heures», explique la présidente du syndicat.

Ce n’est pas la première fois que les infirmières du centre hospitalier de Trois-Rivières protestent en raison du manque de personnel. En janvier dernier, des situations similaires s’étaient produites. Ce moyen de pression s’est aussi produit dans plusieurs régions du Québec. La raison est toujours la même, les infirmières sont exaspérées par le manque de personnel et l’imposition du temps supplémentaire.

À la suite des sit-in de janvier, la direction du CIUSSS MCQ avait pourtant annoncé son intention d’ouvrir des postes à temps complet à toutes les infirmières travaillant à temps partiel œuvrant actuellement dans des secteurs offrant des services 24h/24 sept jours par semaine. Or, les détails de cette mesure n’ont pas encore été dévoilés, précise Nathalie Perron.

«Il doit d’ailleurs y avoir une annonce cette semaine à ce sujet», note-t-elle. «Mais effectivement, la situation ne s’est pas améliorée tant que ça.»

Les infirmières sont donc en attente et se demandent bien comment les nouvelles mesures se traduiront au quotidien. Elles souhaitent que ces mesures permettent réellement de combler au manque de personnel. Du côté de la direction du CIUSSS MCQ, on assure que les détails de cette annonce seront dévoilés très bientôt.