Après plus d'un an d'attente, le joueur de baseball des Aigles Javier Herrera et sa famille viennent d'obtenir leur statut de réfugiés.

Les Herrera obtiennent leur statut de réfugiés

Quinze mois après avoir fui son Venezuela natal en compagnie de sa femme et de leurs deux enfants, le voeu de Javier Herrera est enfin exaucé. Le joueur de baseball des Aigles et sa famille ont reçu le plus beau des cadeaux, vendredi, lorsqu'ils ont appris, en consultant une lettre d'Immigration Canada, qu'ils pouvaient demeurer à Trois-Rivières, leur demande d'asile politique ayant été acceptée.
«Recevoir cette réponse après plus d'un an d'attente et de stress, c'est formidable! C'est une délivrance. Nous sommes tellement heureux de rester ici! Personne ne voulait retourner au Venezuela», a partagé le père de famille, tard dimanche dans un entretien téléphonique avec Le Nouvelliste.
C'est donc la fin d'une longue saga pour le clan Herrera, arrivé en Mauricie à l'automne 2015. Craignant pour la sécurité de ses enfants, le puissant frappeur des Aigles avait quitté son pays en direction du Canada. À sa sortie de l'avion à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, il avait déposé sa demande d'asile politique aux services frontaliers.
Quelques semaines plus tôt, deux hommes avaient tenté d'enlever ses enfants à l'école primaire de son quartier de Caracas, la capitale. Les enlèvements de la sorte sont fréquents au Venezuela et les ravisseurs demandent des rançons en échange de la libération des captifs. Or, il semble que le clan Herrera était particulièrement visé en raison du statut de joueur de baseball professionnel du paternel. Même s'il ne gagne pas des millions comme certains de ses compatriotes évoluant dans le baseball affilié ou les ligues majeures, l'étiquette collait malheureusement à l'athlète de 31 ans. Voilà pourquoi Javier Herrera avait fait appel à son ami Bob McDuff pour lui venir en aide.
À l'époque, cet ancien directeur général et grand partisan des Aigles s'était porté volontaire pour aider le clan vénézuélien à quitter le Venezuela. Avec l'appui de sa conjointe Nicole Girard, Bob McDuff avait mené le dossier et permis aux Herrera d'arriver à bon port, un matin d'octobre 2015. Débarqués à Trois-Rivières quelques heures plus tard, leur histoire allait faire le tour des médias régionaux. Plusieurs dons ont ensuite été recueillis afin de leur donner un coup de main.
En janvier 2016, leur demande d'asile politique avait été rejetée par un commissaire à l'immigration. Appuyés par Bob McDuff et sa femme Nicole Girard, les Herrera prenaient alors la décision de porter cette cause en appel et demandaient l'aide d'un avocat spécialisé dans ce domaine, Me Éric Taillefer. Ça aura pris plus de temps que prévu, mais le dénouement est celui que tous espéraient. Entre-temps, une petite victoire avait été acquise en juin dernier, quand Javier Herrera avait obtenu son permis de travail. Il pouvait alors jouer avec les Aigles, mais uniquement lors des matchs présentés au Canada.
«En lisant la lettre une première fois, j'étais tellement nerveux que je croyais que notre appel était rejeté. Il a fallu que j'appelle Bob en Floride pour comprendre qu'il s'agissait en fait d'une bonne nouvelle», sourit Herrera, dont les enfants fréquentent l'école depuis plusieurs mois déjà. «Ma femme parle de mieux en mieux français, on fait des progrès. Je crois qu'ils sont plus excités que je le suis en ce moment! Je dors comme un bébé depuis deux jours.»
Bob McDuff partage la joie de ses amis sud-américains. La cour d'appel de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada estime que le commissaire chargé d'évaluer le cas des Herrera n'a pas pris en considération la réalité de la famille, explique M. McDuff. «Ils couraient un véritable danger à Caracas. La direction de l'école avait signé une lettre confirmant que les enfants étaient visés. Même s'ils avaient déménagé ailleurs au pays, les risques auraient été présents. Ce sont les points que nous avions débattus en commission, alors c'est une victoire pour nous.»
La prochaine étape pour eux consiste à remplir une demande de résident permanent. Grâce à son nouveau statut, Javier Herrera pourra accompagner les Aigles lors de leurs voyages aux États-Unis. Le gérant de l'équipe T.J. Stanton, pourra amorcer les discussions avec le joueur étoile en vue d'un nouveau contrat.
«Je lève mon chapeau à tous les acteurs impliqués dans cette histoire. Les médias, la famille McDuff, la population en général et les politiciens ont tous participé d'une façon ou d'une autre à cet heureux dénouement», disait pour sa part le directeur général des Aigles, René Martin. «Les Herrera sont bien intégrés à Trois-Rivières, on ne pouvait souhaiter une plus belle conclusion à cette affaire.»
Javier Herrera et sa femme Ludzmy sont d'ailleurs à la recherche d'un emploi. Bob McDuff invite les employeurs intéressés à le joindre à son adresse courriel bob@bobmcduff.com ou au 819 691-0642.