Photo: Christian Chevalier, Assemblée nationaleDans l'ordre habituel, on voit Sylvie Roy, députée de Lotbinière et amie de Nicole Poirier, Gerry Sklavounos, député de Laurier-Dorion et représentant du premier ministre, Nicole Poirier, directrice de Carpe Diem, Yvon Vallières, président de l'Assemblée nationale, et Bernard Drainville, député de Marie-Victorin et porte-parole de de l'Opposition officielle en matière de santé.

Les grands honneurs pour Nicole Poirier

La fondatrice et directrice de Carpe Diem, Nicole Poirier a eu droit aux grands honneurs, hier, en recevant la médaille d'honneur de l'Assemblée nationale pour son dévouement et son implication envers la maladie d'Alzheimer.
Au cours d'une cérémonie courte mais empreinte d'émotions qui lui était entièrement consacrée, Mme Poirier a été saluée pour son travail et son humanisme auprès des personnes atteintes de cette terrible maladie.
«Un seul mot vous définit et c'est le mot empathie. Votre parcours et votre oeuvre sont marqués par l'altruisme. Vous êtes une travailleuse infatigable et une femme de coeur. C'est pourquoi aujourd'hui vous avez droit à toute l'admiration et la reconnaissance de l'Assemblée nationale», a expliqué Yvon Vallières, président de l'Assemblée nationale.
Il a profité de l'occasion pour souligner les faits d'armes de Mme Poirier. Dès l'âge de 21 ans, elle a en effet transformé la maison familiale en résidence pour personnes âgées. Après des études en psychologie et gérontologie, elle a lancé l'approche Carpe Diem, révolutionnant par le fait même les soins apportés aux personnes souffrant d'Alzheimer et ouvrant en 1996 la maison du même nom à Trois-Rivières et ce, sans aide gouvernementale.
Cette approche, qui met l'accent sur la personne et ses capacités plus que sur ses déficits, a par la suite fait boule de neige. Au cours des années qui ont suivi, Mme Poirier a donné des conférences un peu partout en Europe et dans les Antilles sur le sujet et contribué à l'implantation de l'approche outre-frontière. Elle fait également partie du comité des experts chargés de préparer un plan d'action national sur la maladie.
La députée de Lotbinière et aussi amie de la récipiendaire, Sylvie Roy, a d'ailleurs eu peine à retenir ses larmes en lui rendant hommage. «Tout le bien que tu fais à Trois-Rivières m'émeut tellement. C'est vraiment difficile l'Alzheimer. Les gens n'ont pas idée de tout ce que tu peux accomplir auprès des gens qui en sont atteints», lui a-t-elle lancé.
Représentant le premier ministre, le député de Laurier-Dorion, Gerry Sklavounos, a pour sa part indiqué que Carpe Diem était devenu une composante essentielle du réseau de services sociaux.
«On peut dire qu'il y a un avant et un après Nicole Poirier, car vous avez su jeter un regard nouveau sur le quotidien de ces personnes. Merci d'avoir su incarner le véritable concept de l'expression Carpe Diem. Nous avons besoin de quelqu'un comme vous pour continuer à avancer», a-t-il mentionné.
Malgré tous ces éloges, Mme Poirier est demeurée fidèle à elle-même, n'hésitant pas à bousculer le protocole du parlement pour inviter sa famille et ses proches à venir la rejoindre à l'avant et pour les présenter un à un.
Outre sa mère et ses enfants, on retrouvait quelques collaborateurs et employés de Carpe Diem de même que Louis Gince, président du conseil d'administration et Jean Poliquin, président de la Fondation Carpe Diem. «J'accepte cet honneur mais en toute humilité, car ce sont eux et tous ceux qui souffrent de l'Alzheimer qui le méritent», a-t-elle déclaré.
Bien qu'émue, elle a par la suite profité de la tribune qui lu était offerte pour relancer le gouvernement. Il faut dire que les députés Danielle Saint-Amand, Jean-Paul Diamond et Noëlla Champagne s'étaient déplacés pour assister à la cérémonie.
«J'ai espoir qu'au Québec, on va enfin se donner les moyens d'aller plus loin et qu'on va mettre en place de meilleures conditions de vie pour les gens qui en souffrent. L'aspect novateur de l'approche Carpe Diem est une caractéristique qui nuit justement à son financement et à son développement. Depuis 2003, nos demandes de développement et de diffusion de notre approche sont refusées car nous sommes hors normes. Nous avons besoin de vous pour aider à transformer la machine gouvernementale. Il faut avoir des moyens à la hauteur de cette reconnaissance», a-t-elle précisé.
Plus tard en entrevue, Mme Poirier a rappelé qu'il n'existe aucun traitement ni moyen de prévenir l'Alzheimer. «La plus grande avancée, c'est dans le domaine humain. C'est pourquoi il faut plus que des médailles: les règles devront être assouplies et le gouvernement devra donner plus de financement», a-t-elle ajouté.
Interrogée à ce sujet, la députée de Trois-Rivières a dit être bien au fait de la situation. «Nous travaillons fort pour mieux soutenir le développement de Carpe Diem. C'est un dossier qui chemine très bien et je suis confiante qu'à court terme, au cours des prochains mois, il y ait des solutions», a répondu Mme Saint-Amand.
La médaille d'honneur de l'Assemblée nationale est remise à des personnalités se méritant la reconnaissance de l'«ensemble» des parlementaires de l'Assemblée nationale. Parmi les récipiendaires des deux dernières années, notons Ingrid Betancourt, Dany Laferrière, Beau Dommage, Bernard Derome, Michel Louvain et Jean-Pierre Ferland.