Saint-Tite doit accueillir les finales de l’IPRA en mai prochain.
Saint-Tite doit accueillir les finales de l’IPRA en mai prochain.

Les grands événements de la région envisagent tous les scénarios possibles

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — La crise qui sévit en raison de la pandémie de COVID-19 affecte directement les grands événements de la région, qui doivent présentement jongler avec plusieurs scénarios. Si aucun grand événement estival n’est pour le moment reporté ou annulé, tous s’entendent pour dire qu’il faudra statuer rapidement pour éviter d’importantes pertes si les mesures gouvernementales devaient perdurer dans le temps.

Au Festival western de Saint-Tite, on a peut-être encore bien du temps devant nous avant l’édition prévue du 11 au 20 septembre, mais l’organisation doit également accueillir les finales de l’International professionnal rodeo association (IPRA) les 23 et 24 mai prochain. L’événement se tient aux grandes estrades et regrouperait des milliers de spectateurs en plus des compétiteurs et leurs équipes venus d’un peu partout.

«Pour l’instant, tout a lieu comme prévu, mais on se donne jusqu’au début du mois d’avril pour prendre une décision finale. On n’a pas le choix de se donner un deadline pour le plan de communication, le placement publicitaire, mais aussi pour les compétiteurs car ça a une implication pour eux qui doivent se déplacer jusqu’à Saint-Tite», explique le directeur général du Festival western, Pascal Lafrenière.

Ce dernier convient que le scénario est à peu près le même pour l’édition du mois de septembre. Pour le moment, l’équipe travaille pour la tenue de l’événement, mais la direction évalue aussi divers scénarios en partenariat avec le Regroupement des événements majeurs internationaux (REMI), des scénarios qui permettent de déterminer les impacts qu’aurait une annulation selon différents délais. «Il y a les mesures gouvernementales, mais également l’impact économique de la crise. Les gens qui auront vécu des pertes financières durant cette période seront-ils au rendez-vous? On est présentement dans l’administration pure et dure et on évalue l’impact de chaque décision qui pourrait être prise. Nous sommes encore très positifs, mais aussi réalistes», ajoute Pascal Lafrenière.

DansEncore

L’horloge tourne vite également pour le Festival international DansEncore, dont la 26e édition est prévue du 4 au 7 juin. La directrice générale, Maria Juliana Velez, explique que les délais nécessaires à l’achat de billets d’avion et surtout à l’obtention de visas pour plusieurs participants étrangers font en sorte qu’il est impossible de prendre une décision trop à la dernière minute. L’organisation se pliera à toutes les recommandations du gouvernement, mais explique qu’elle aura quand même besoin d’un délai raisonnable pour décider si l’événement se tiendra ou non.

«Nous travaillons en étroite collaboration avec Événements Attractions Québec, qui regroupe plusieurs événements et nous épaule beaucoup. Pour le moment, l’événement a lieu, mais il est évident que ça crée de l’incertitude», constate Mme Velez, qui rappelle que plus de 50 % des artistes participant à l’événement proviennent de l’étranger.

Le Festivoix travaille en fonction de la tenue de son événement, mais envisage tous les scénarios possibles.

Festivoix

Au FestiVoix, tous les scénarios sont également sur la table, mais le scénario actuel demeure encore que le Festivoix aura lieu comme prévu du 25 juin au 5 juillet. L’équipe se pliera toutefois aux recommandations gouvernementales si les mesures de confinement devaient perdurer, mais espère que ces recommandations viendront dans un délai raisonnable pour l’événement.

«À court terme, c’est la santé et la sécurité de notre équipe qui est importante, et nous y avons vu. Maintenant, il faut comprendre que plus les annonces seront faites tardivement, plus le risque financier est grand pour nous. Nous devons, à un certain moment, engager des coûts d’opération pour que ça puisse avoir lieu, et s’il fallait annuler à une semaine de l’événement, on parle de pertes financières très importantes», explique le directeur général Thomas Grégoire, qui rappelle que 80 % du financement du FestiVoix provient de revenus autonomes et non de subventions.

«On a une superbe programmation et on travaille fort pour que l’événement ait lieu, mais on agira aussi de façon responsable», ajoute M. Grégoire.

Grand Prix de Trois-Rivières

Le Grand Prix de Trois-Rivières, qui doit se tenir au début du mois d’août, planche lui aussi sur sa programmation, en gardant un œil sur les consignes gouvernementales. Le directeur général du GP3R, Dominic Fugère, indique que bien que les réunions avec les équipes de bénévoles ont pour le moment été repoussées, aucun employé n’a été mis au chômage et l’équipe planche sur son plan d’urgence, son plan environnemental et son plan d’accueil, afin de se préparer en vue de la prochaine édition.

«Pour le moment, on a une date en tête au-delà de laquelle il faudra avoir des réponses, mais on demeure confiants que ça sera correct pour le début du mois d’août. On sait déjà que des séries européennes ne pourront pas être là et c’est pourquoi nous avons entamé des discussions avec des championnats américains pour bonifier la programmation», mentionne M. Fugère, qui insiste sur l’importance pour l’organisation de pouvoir conserver les appuis de ses partenaires gouvernementaux et corporatifs en ces temps d’incertitude.

Cirque du Soleil

En ce qui concerne le spectacle Vive nos divas du Cirque du Soleil à l’Amphithéâtre Cogeco, le président et directeur général du Cirque, Daniel Lamarre, n’est toujours pas en mesure de confirmer s’il aura bel et bien lieu durant la période prévue. Bien que le concept soit complété et ait même été présenté aux dirigeants de l’Amphithéâtre Cogeco, Daniel Lamarre rappelle qu’il n’est pas possible, pour le moment, de tenir des répétitions avec les artistes en raison des recommandations de distanciation sociale du gouvernement.

«Les artistes ont été engagés et nous sommes prêts à commencer, mais nous devons aussi suivre les mesures gouvernementales pour la santé et la sécurité de tous. Chaque semaine où nous repoussons le début du travail, ça devient de plus en plus difficile», mentionne M. Lamarre.

Ce dernier explique qu’il faudra au minimum deux mois et demi aux artistes pour les répétitions avant le soir de la grande première, prévue le 15 juillet. Ainsi, si au début du mois de mai le travail n’est toujours pas en mesure de commencer, d’importantes décisions devront être prises. «L’enjeu demeure aussi pour nous qu’il n’est pas question de diminuer la qualité du spectacle», évoque M. Lamarre.