Le Festival western de Saint-Tite reporte sa 53e édition à 2021.
Le Festival western de Saint-Tite reporte sa 53e édition à 2021.

Les événements touristiques auront besoin d’aide

Saint-Tite — Alors que tous les festivals des prochains mois sont annulés, les événements touristiques comme le Festival western de Saint-Tite doivent être soutenus par Québec et Ottawa, estiment le directeur de Tourisme Mauricie, Stéphane Boileau, et l’ancienne ministre du Tourisme, Julie Boulet.

«Les événements ont besoin du soutien des Municipalités, du gouvernement du Québec et idéalement du fédéral pour continuer à opérer et être présents pour l’année 2021. C’est ça qui est important à ce stade-ci», affirme Stéphane Boileau.

«Le ministère du Tourisme a annoncé qu’il serait au rendez-vous. Mais ce n’est pas assez. Ça prend aussi les villes et on souhaite que les commanditaires parapublics donnent un coup de main.»

La présidente de la 30e édition du Festival western de Saint-Tite et ancienne ministre du Tourisme du Québec, Julie Boulet, croit aussi que les gouvernements doivent soutenir les événements touristiques qui doivent faire une croix sur la saison 2020.

«Où ça fait très mal la COVID-19, c’est dans l’industrie touristique. Je ne sais pas comment le gouvernement va s’inscrire pour soutenir cette industrie, mais elle va avoir besoin d’aide. C’est clair», mentionne l’ancienne députée libérale de Laviolette.

«Le Festival western est un événement incontournable pour la région. »

Le directeur général de Tourisme Mauricie n’est toutefois pas surpris du report de l’édition 2020 du Festival western de Saint-Tite. «Avec l’annulation des événements jusqu’au 31 août par le gouvernement, je vois mal comment les événements des mois de septembre et octobre vont pouvoir se tenir», estime-t-il.

«Plusieurs gros commanditaires, comme les Producteurs de lait du Québec, ont annoncé qu’ils ne supporteraient pas les événements. Toutes sortes de commandites sont tombées. C’est des pertes de revenus pour les événements.»

Dans un contexte de pandémie mondiale, l’annulation de l’édition 2020 s’imposait, estime de son côté la députée de Champlain et ministre de la Justice du Québec, Sonia LeBel. «La santé publique demeure la priorité, dans toutes les actions qui sont posées actuellement. Dans les circonstances, les organisateurs ont pris la décision qui s’imposait pour protéger ses festivaliers, bénévoles, employés et invités», a déclaré Sonia LeBel, tout en se disant consciente que l’annulation de l’édition 2020 du festival entraîne son lot de conséquences pour l’économie de la région.

«Nous sommes très conscients que les festivals et les événements sont durement touchés par les effets de la pandémie, comme d’autres secteurs économiques. Notre gouvernement sera là pour les accompagner en vue d’une relance forte. Déjà, soulignons que les subventions accordées par le ministère du Tourisme aux festivals et aux événements pourront être maintenues même en cas d’annulation.»

Le directeur général de Tourisme Mauricie, Stéphane Boileau.

Dur coup pour Mékinac

La nouvelle attriste grandement la mairesse de Saint-Tite, Annie Pronovost, qui dit cependant comprendre la décision prise par l’organisation. «C’est une journée qui est très triste. Pour eux, prendre cette décision ne devait vraiment pas être évident, mais je les comprends. Je suis sans mots. C’est sûr que la santé des gens est la priorité, mais économiquement parlant, c’est triste», déplore-t-elle.

La mairesse se dit cependant peu surprise par cette décision. Elle avait déjà commencé à se faire à l’idée que l’événement n’aurait pas lieu cette année.

«Je gardais toujours un petit espoir, mais plus le temps avançait, plus ça s’estompait. Quand le gouvernement a dit que jusqu’au 31 août, il n’y aurait pas d’activités, ça m’aurait surpris que 15 jours plus tard, on puisse rassembler sans problème 500 à 600 000 personnes», mentionne Mme Pronovost.

Le préfet de la MRC de Mékinac, Bernard Thompson, dit lui aussi comprendre la décision de l’organisation. «Ils ont pris une décision sage, même si elle est difficile et qu’elle va attrister bien du monde», croit-il.

M. Thompson trouve particulièrement dommage que l’événement fasse les frais de cette crise, alors qu’il plane toujours l’incertitude sur les rodéos, que certains aimeraient voir déclarés illégaux en vertu de la loi sur le bien-être animal adoptée par Québec en 2015. Mais par-dessus tout, il s’inquiète pour les entreprises de la région qui bénéficient des retombées économiques de l’événement.

«Il faut penser que le festival fait vivre beaucoup de gens. Avec la COVID-19 qui en fait vivre pas mal moins, alors que des entreprises ont dû cesser ou ralentir leurs opérations, le festival les aurait probablement aidés. Mais cette aide disparaît. C’est ça qui est difficile à accepter», souligne-t-il.

La MRC a récemment adopté un programme d’aide d’urgence pour les entreprises de son territoire. D’autres mesures ont été adoptées par le conseil des maires qui avait lieu mercredi après-midi et devraient être annoncées sous peu.

La directrice générale de la Chambre de commerce de Mékinac, Mélanie Thiffeault, rappelle que les retombées économiques du Festival western, évaluées à 45 millions $, «touchent à peu près toutes les sphères économiques» de la MRC.

«Beaucoup de commerçants actuellement fermés en raison de la COVID-19 voyaient le festival comme une bouée de sauvetage», précise-t-elle.

«On sait tous que c’est la meilleure décision que le festival pouvait prendre, car il y a beaucoup d’enjeux humains, mais il y aura beaucoup de conséquences économiques.»

L’ancienne ministre du Tourisme, Julie Boulet.

Avec la collaboration de Matthieu Max-Gessler