Les dirigeants d’établissements et de commissions scolaires ont appris en même temps que la population la fermeture de l’ensemble du réseau scolaire pour les deux prochaines semaines.
Les dirigeants d’établissements et de commissions scolaires ont appris en même temps que la population la fermeture de l’ensemble du réseau scolaire pour les deux prochaines semaines.

Les établissements d'enseignement face à un casse-tête: «on ne l’avait pas vu venir»

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Sébastien Houle
Sébastien Houle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Au Cégep de Trois-Rivières, comme dans bien d’autres établissements de la région, «on ne l’avait pas vu venir», raconte le directeur général, Louis Gendron en parlant de la fermeture de deux semaines, imposée par le gouvernement Legault afin d’éviter la propagation du COVID-19.

On ne peut pas improviser de formation à distance, fait valoir M. Gendon. Il faut donc cesser la plupart des activités. Les étudiants sont invités à profiter des deux semaines de congé forcé pour réviser leur matière.

Certaines activités sont toutefois maintenues comme les cours à distance et les formations en entreprise, tandis que la Zone entrepreneuriale demeure ouverte pour certaines activités.

Les activités de francisation sont suspendues et l’entreprise d’entraînement Alinov est fermée. Quant aux activités des trois centres de transfert technologiques, elles sont maintenues de façon réduite.

Louis Gendron indique que si ce n’était que de lui, la session d’hiver serait prolongée de deux semaines, jusqu’en juin, mais ce sera au ministère d’émettre des directives à ce sujet, explique-t-il.

Au Cégep de Shawinigan, la fermeture temporaire touche les cours et stages prévus tant au CEC La Tuque qu’au Digihub, de même que le service de formation continue et même les activités du Centre sportif. Là aussi on évalue les impacts de cette fermeture sur le déroulement de la session. Des mesures spéciales de travail seront mises en place pour le personnel non enseignant.

Ceux et celles qui ont besoin de récupérer de l’équipement ou de la documentation ne pourront le faire que le lundi 16 mars, de 9 h à 11 h, après quoi ce ne sera plus possible avant le 30 mars, précise le Cégep.

Une situation en développement à l’UQTR

À l’Université du Québec à Trois-Rivières, le responsable des communications, Jean-François Hinse, déclare, au sujet des journées d’enseignement perdues, que «les mesures à appliquer se feront en fonction de plusieurs facteurs, dont le temps de fermeture imposé par le gouvernement. Tous les aspects sont évalués sur une base quotidienne par la direction».

L’Université avait déjà annoncé, tard jeudi, que tout événement, peu importe le nombre de participants, était suspendu, et qu’il en allait de même pour l’accueil d’étudiants étrangers. Un communiqué de presse a été émis en fin de journée vendredi, indiquant suspendre toutes ses activités pédagogiques et avertissant que ni les étudiants ni les membres du personnel ne devaient se présenter sur les sites de l’UQTR. On souligne toutefois que les salaires continueront à être émis.

Le Centre de l’activité physique et sportive (CAPS) et les cliniques universitaires sont fermés. On souligne enfin que toute personne qui juge essentiel de se présenter sur le campus doit s’enregistrer au Centre d’opérations de sécurité du Service de la protection publique de l’institution dès son arrivée.

Défi logistique pour les commissions scolaires

À la Commission scolaire de la Riveraine, «tous les voyages hors Québec sont annulés», indique la secrétaire générale, Émilie Guay. Pour ce qui est des assurances ou des modalités de remboursement, des validations devront être effectuées auprès des agences de voyages, précise-t-elle.

Du côté de la Commission scolaire de l’Énergie, «pour le moment, nous ne sommes pas en mesure de répondre à vos questions. Nous n’accorderons pas d’entrevue avant la semaine prochaine», indique la responsable de communications, Amélie Germain-Bergeron. «Il n’y avait pas de voyages outremer de prévus prochainement pour nos élèves. Pour les services de garde scolaire, nous attendons les directives du MÉES», précise-t-elle.

Le directeur général de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Luc Galvani, a appris en même temps que l’ensemble des Québécois la fermeture de l’ensemble du réseau scolaire.

Le dirigeant a par la suite passé le plus clair de la journée en téléconférence avec le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. On s’est affairé à planifier la façon dont on entend relever le défi logistique qui s’amorce, tout comme à envisager les scénarios possibles, si la fermeture devait se prolonger.

Pour l’instant, on invite les parents à suivre les pages Facebook ou le site Internet des écoles pour connaître la façon dont on pourra récupérer les effets personnels des enfants, lundi venu.

Si on confirme que la fermeture du réseau est effective et immédiate, on demande néanmoins aux employés du centre administratif de se présenter au travail lundi, pour voir à l’élaboration d’un plan de match pour assurer les services essentiels durant la fermeture. Il est notamment question du service de la paye et de l’entretien des bâtiments.

M. Galvani décrète également l’annulation immédiate de tout voyage scolaire, local ou à l’étranger, qui était planifié d’ici la fin de l’année. De manière préventive, on demande au personnel d’annuler tout voyage à l’étranger.

On précise aussi que l’ensemble des activités parascolaires est suspendu jusqu’à nouvel ordre. Une directive qui va de pair avec l’annulation de plusieurs activités dans la région.

Pour ce qui est des services de garde, qui font partie de la directive de fermeture, M. Galvani indique que ceux-ci n’ont pas été sollicités pour ouvrir leurs portes aux travailleurs du réseau de la santé, dans le cadre d’une mesure d’exception annoncée par le premier ministre, plus tôt dans la journée.

École nationale de police, également touchée

Du côté de Nicolet, l’École nationale de police se plie évidemment au mot d’ordre de fermeture. Conséquemment la cérémonie de la 186e promotion autochtone et la cérémonie de la 210e promotion, qui devaient respectivement avoir lieu les 20 et 27 mars sont annulées.

Celles-ci s’ajoutent à l’annulation de l’activité de lancement de l’application des lois concernant les armes à feu et celle de la journée d’actualisation des connaissances sur le profilage racial et social, déjà annoncées. Le maintien des différents événements prévus au-delà du 30 mars sera évalué à mesure que la situation se développe.

On indique que le personnel de l’école est tenu de se présenter au travail le lundi 16 mars, «à moins d’avis contraire».

Les établissements privés gèrent l’incertitude

Au Séminaire Saint-Joseph, on explique que le mot «vacances», évoqué par les autorités, doit être nuancé. Les élèves qui ont des travaux en cours sont tenus de les compléter. Un soutien pédagogique sera assuré par les professeurs, au besoin, par le biais de la plateforme Web de l’institution.

Dany Dallaire, directeur général de l’établissement, explique que toute activité parascolaire est suspendue pour les deux prochaines semaines et que la situation sera ensuite évaluée à la lumière du développement des événements.

De son côté, l’école Kéranna relate avoir donné la consigne à ses élèves de profiter des deux semaines pour réviser la matière. Une réorganisation de la planification sera faite afin que les élèves ne manquent de rien sur le plan pédagogique, précise la directrice à l’innovation, Hélène Boucher.

Ce ne seront pas vraiment deux semaines de vacances au sens où l’entendait le premier ministre Legault. Toutes les activités parascolaires prévues d’ici le 29 mars ont été annulées. Des voyages à l’étranger étaient dans les cartons pour les mois d’avril et de mai et la décision quant à leur annulation ou non sera prise incessamment, précise Mme Boucher.

Technoscience annule ses activités

Technoscience Mauricie, Centre-du-Québec a annoncé vendredi après-midi emboîter le pas à la consigne de fermeture généralisée.

«Nous sommes conscients des déceptions que peuvent entraîner certaines décisions de notre réseau. Toutefois, dans l’immédiat, notre priorité est la sécurité de toutes les personnes touchées de près ou de loin par nos activités», déclare-t-on, par voie de communiqué.

L’école Vision fera du télétravail

S’il est une école, dans la région, où la COVID-19 cause un peu moins de casse-tête, c’est à l’école Vision de Trois-Rivières. Et c’est grâce à la... grippe porcine à laquelle l’école avait eu affaire il y a 11 ans.

Les  élèves de 3e année à 6e année feront en effet du «télétravail» grâce à Google Classroom et à un programme d’apprentissage virtuel des mathématiques.

Ils pourront donc continuer à apprendre le français, l’anglais, l’espagnol et les mathématiques à partir de la maison et en collaboration avec leurs enseignants.

«Ça fait 11ans qu’on se prépare», raconte la directrice, Caroline Melançon.

En 2009, rappelle-t-elle, un groupe d’élèves de 6e année avait fait un échange étudiant au Mexique, mais personne n’avait avisé le groupe ni la directrice de l’existence d’une possible épidémie de grippe porcine au Mexique.

Cette histoire s’était finalement bien terminée, mais la directrice n’en est pas restée là et grâce à l’acquisition de divers outils technologiques, l’école Vision peut maintenant continuer à assurer la formation d’une bonne partie des enfants malgré la fermeture de deux semaines des établissements d’enseignement de la région.

Mme Melançon aurait bien souhaité fermer son école dès jeudi, mais il fallait des regroupements de 250 personnes, rappelle-t-elle. Or l’école ne compte que 210 élèves répartis dans deux édifices. La directrice se dit donc très satisfaite de la décision du premier ministre Legault de fermer toutes les écoles pendant deux semaines. Pour ses élèves, toutefois, ce ne seront pas des semaines de vacances.
Évidemment, cela ne règle pas le problème des plus petits qui, on le comprend, ne pourront pas suivre de classes à distance.