Pascal Bastarache, président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec (SPPSAM-CSN), confie que la situation est particulièrement invivable cette année pour le personnel des hôpitaux.

Les employés du CIUSSS sont à bout de souffle

TROIS-RIVIÈRES — Avec la forte affluence dans les hôpitaux et les épidémies d’influenza, le personnel du milieu de la santé est particulièrement sollicité dans le temps des Fêtes. Si les différents corps de métier qui travaillent dans le domaine de la santé sont habitués à cette surcharge de travail, la situation est encore pire cette année en raison des problèmes de gestion du personnel par le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec, dénonce un syndicat.

Selon le président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec (SPPSAM-CSN), Pascal Bastarache, la situation est particulièrement invivable cette année.

«On a des manques sur le terrain et on apprend que la liste de rappel n’est même pas au courant alors que c’est elle qui, normalement, devrait trouver des personnes pour travailler en surplus, déplore-t-il. On constate qu’il y a des personnes qui auraient pu venir donner un coup de main, mais qu’elles n’ont simplement pas été appelées. Je pense qu’il y a vraiment une difficulté avec la gestion des remplacements.»

M. Bastarache donne l’exemple de l’urgence du Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières, qui a par moment débordé, allant jusqu’à 75 civières alors que sa capacité maximale est de 45 civières, sans que le nombre d’employés ne soit augmenté. Même situation du côté des préposés en hygiène et salubrité, qui sont particulièrement sollicités lors d’épisodes de grippe ou de gastro-entérite et dont le nombre n’est pas augmenté pour autant.

Or, cette problématique relève de ce qu’il considère être de la mauvaise gestion du personnel venant du CIUSSS, ce qu’il dénonce depuis déjà un moment.

«C’est de plus en plus difficile avec les manques de personnel: il y a des gens qui s’épuisent et qui tombent en maladie, ce qui force d’autres temps supplémentaires obligatoires, critique M. Bastarache. C’est un cercle vicieux. Les membres sont fatigués, surtout avec la période des Fêtes. N’importe qui dans ce type de situation développerait un sentiment de détresse.»

Grief collectif: pas encore d’arbitre

Le SPPSAM-CSN a d’ailleurs déposé un grief collectif de 12 millions $ contre le CIUSSS, à la fin de novembre 2018, contre le recours au temps supplémentaire obligatoire comme pratique courante. Le CIUSSS et le syndicat doivent s’entendre sur le choix de l’arbitre qui examinera cette cause. «On est en pourparlers et on veut avoir une date d’arbitrage dès que possible, explique M. Bastarache. On a eu une première discussion avec l’employeur au mois de décembre pour nommer un arbitre.»

M. Bastarache promet par ailleurs de tenir la population au courant de l’évolution du dossier, puisqu’il la touche directement, selon lui.

«La problématique touche vraiment monsieur et madame Tout-le-Monde, tous les bénéficiaires de soins, soutient-il. C’est vraiment un débat qu’on veut avoir devant la société et que la population comprenne bien l’enjeu et les problématiques qu’on vit depuis plusieurs années.»

Si le syndicat a choisi la voie des tribunaux pour faire cesser le recours systématique au temps supplémentaire obligatoire et obtenir une compensation de 5000 $ pour chacun de ses membres, il reste ouvert à discuter avec le CIUSSS pour tenter de trouver des solutions.

«Si l’employeur est prêt à régler la problématique, c’est sûr qu’on va vouloir travailler en collaboration, assure M. Bastarache. On dirait qu’il y a une prise de conscience de la direction, qu’elle reconnaît la problématique, mais c’est dans l’application des solutions, il y a beaucoup de difficultés à le faire, dû à l’immensité du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec.»