La Maison Saint-Joseph du secteur Pointe-du-Lac a accueilli les quatre derniers Frères de l’instruction chrétienne qui demeuraient à Shawinigan.

Les derniers frères de l'instruction chrétienne quittent Shawinigan

Trois-Rivières — Les quatre derniers Frères de l’instruction chrétienne (FIC) qui demeuraient à Shawinigan ont quitté leur résidence le 8 décembre pour rejoindre leurs 11 confrères de la communauté de Pointe-du-Lac.

Les frères Roger Bourassa, Germain Mélançon, Gilles Champagne et René Hébert sont partis de la résidence de la rue Sigmen (111e Avenue) du secteur Shawinigan-Sud, alors que d’autres maisons au Centre-de-la-Mauricie avaient déjà été désertées, dont celles de l’avenue Hart à Shawinigan en 1999, et celles de la 4e Avenue et de la 7e Rue dans le secteur Grand-Mère, respectivement en 1974 et en 1972.

La communauté des Frères de l’instruction chrétienne s’est établie au Québec en 1886 et s’est installée à Shawinigan en 1904 en prenant la direction de l’école secondaire Immaculée-Conception. Par la suite, les FIC prirent la tête de l’école du Sacré-Cœur en 1916, puis de l’école Saint-Maurice en 1931.

Les frères se sont établis dans le secteur Shawinigan-Sud en 1938 pour gérer ce qui allait devenir l’école secondaire Saint-Georges, sur la 111e Rue, en 1943. En 1969, l’école devint un établissement de niveau primaire, et le frère Bernier Bourassa fut le dernier directeur FIC lorsqu’il a quitté en 1970.

Comme l’a recensé le directeur des archives de la congrégation, François Boutin, les FIC ont aussi pris les rênes des écoles Saint-Sacrement à Shawinigan en 1939, Notre-Dame à Shawinigan-Sud en 1940, Saint-Dominique-Savio à Baie-de-Shawinigan en 1951, et du Sacré-Cœur à Saint-Boniface-de-Shawingan en 1955.

Les Frères de l’Instruction chrétienne ont également œuvré dans le secteur Grand-Mère, et ce dès 1902, alors qu’ils prenaient la direction de l’école du Sacré-Coeur. En septembre 1962, l’école du 633, 5e Avenue, devient un établissement primaire. Les frères y sont restés jusqu’en 1968.

La congrégation a aussi été en charge de l’école Laflèche de 1951 à 1981. Les FIC ont également dirigé l’école secondaire Lionel-Groulx de Grand-Mère à compter de 1962. La communauté a laissé la direction de l’école en juin 1972. Des laïcs ont pris la relève de ce qui est aujourd’hui l’école secondaire Du Rocher.

Enfin, les FIC ont dirigé l’école Saint-Joseph de Sainte-Flore de 1949 à 1962.

Pour ce qui est de la communauté de Pointe-du-Lac, elle fut constituée en 1911 avec l’acquisition de l’ancien domaine Montour et du manoir seigneurial. Les FIC prirent la direction des écoles Saint-Paul (1926), Chamberland (1943-1974) et Saint-Jean-Bosco (1945-1959) à Trois-Rivières et d’un juvénat à Pointe-du-Lac.

Ils ont démoli le manoir en 1946 pour faire place à une nouvelle bâtisse, la maison Saint-Joseph, détruite par un incendie en 1994. Il reste donc 15 Frères de l’instruction chrétienne à la maison de Pointe-du-Lac, âgés entre 70 et 99 ans. Le supérieur Marcel Lafrance confirme que la relève est pratiquement nulle dans la région et même au Canada.

Pour expliquer ce constat généralisé dans plusieurs congrégations religieuses, le frère Lafrance identifie quelques éléments relatifs au contexte social, dont le fait que les familles soient moins nombreuses que par le passé, combiné à la prise de distance par rapport à l’Église et au décalage générationnel entre les frères plus vieillissants et la jeunesse.

Par contre, la relève est active en Afrique et en Amérique du Sud, où les FIC sont présents.

Au Québec, les FIC dirigent encore deux écoles, une à La Prairie et l’autre à Lévis.