Le maire de Louiseville Yvon Deshaies et le conseiller Jean-Pierre Gélinas

Les dernières sinistrées forcées de regagner leur résidence

Les dernières sinistrées des inondations à Louiseville ont réintégré leur domicile vendredi, mais non sans peine selon le maire de la municipalité, Yvon Deshaies.
Les deux dernières sinistrées du secteur du lac Saint-Pierre à Louiseville auraient préféré bénéficier d'un peu d'aide supplémentaire de la Ville, tandis que selon les experts mandatés pour vérifier l'état des lieux, les deux résidences étaient en assez bon état pour accueillir leur propriétaire. Le maire leur laissait jusqu'à vendredi matin pour quitter le motel dans lequel elles étaient hébergées aux frais de la Ville, ce qui n'a pas été apprécié par les deux dames.
«J'ai eu des heures et des heures de conversation jeudi et vendredi avec les deux et elles ont finalement réintégré leur maison, débute le maire Deshaies. Pour la première, Line Ferron, les pompiers sont passés, l'électricien aussi et tout est beau, l'eau est retirée. Elle me disait qu'elle avait peur, mais un moment donné... Elle n'était pas de bonne humeur», poursuit-il. 
«Chez la deuxième résidente, Louise Fagnan, un pompier est aussi passé, mais il n'est pas entré dans la maison parce qu'il n'y a pas eu d'eau au premier plancher. Maintenant, il n'y a plus d'eau sur le terrain donc tout est beau, mais elle voulait que j'envoie d'autre monde vérifier sa maison. J'ai refusé et je lui ai dit de retourner chez elle. Je l'ai avisée que les repas payés par la Ville se terminaient vendredi soir et qu'elle devrait quitter le motel samedi matin (une journée de plus que prévu) sinon c'est elle qui payerait pour les nuits supplémentaires. Elle avait du courant chez elle et n'avait plus d'eau, tout était beau», raconte Yvon Deshaies.
Mmes Ferron et Fagnan sont les mêmes sinistrées qui avaient été obligées d'évacuer leur résidence contre leur gré la semaine dernière. «Je les ai forcées à sortir, maintenant faut que je les force à rentrer...» ironise le premier magistrat.
Dur retour à la maison
De son côté, Louise Fagnan ne partage évidemment pas l'avis du maire lorsqu'il dit que «tout est beau». Même s'il lui avait offert de rester une journée de plus au motel, elle maintient que ça n'aurait pas changé l'état de sa maison qu'elle a dû réintégrer vendredi.
«Le maire a mis ma voisine dehors du motel aujourd'hui (vendredi), moi il me laissait une journée de plus... probablement parce que j'ai chialé. J'ai refusé parce que quand même qu'il nous laisserait jusqu'à la semaine prochaine et quand même qu'il y aurait des psychiatres, des psychologues qui nous appelleraient toutes les cinq minutes, ce n'est pas ça qu'on a besoin, on a besoin de concret. On est déprimé quand on revient chez nous parce qu'on voit tout ce qu'il y a à faire», rage-t-elle.
Mme Fagnan déplore l'aide, selon elle, inexistante des autorités depuis son retour chez elle. «On dirait qu'on est lâché. Ma pompe à eau ne marche plus, je n'ai plus d'eau, je ne peux pas utiliser les toilettes parce que les fosses septiques sont pleines, personne ne s'occupe de rien. Il y a des cochonneries partout sur le terrain. Je n'ai jamais vu une affaire de même. Ça n'a pas d'allure!»
Elle est d'avis que dans ces circonstances, c'est normal que les sinistrés soient «déprimés».
«Moi, ce n'est pas si pire que ça, il y en a des bien pires. J'imagine très bien à quel point ils peuvent être déprimés et je comprends pourquoi ils le sont. Les caves pleines d'eau, c'est épouvantable. Moi, ce n'est même pas ça et je suis découragée! Et pour avoir de l'aide du gouvernement, ils nous demandent de savoir combien ça va coûter. Je ne sais pas combien ça coûte les rénovations, je ne sais pas c'est quoi les dommages. On appelle à Québec, ils nous disent qu'ils vont nous rappeler, mais ils ne nous rappellent pas», désespère Louise Fagnan.
Un peu de retard dans les travaux de vidange
Saint-Étienne-des-Grès (BT) - Les inondations qui ont frappé récemment la Mauricie occasionnent un peu de retard dans le calendrier des travaux de vidange des fosses septiques.
C'est que certains secteurs ont été ou demeurent difficiles d'accès pour les camions de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie qui effectuent cette tâche pour les citoyens d'une vingtaine des 39 municipalités de la Mauricie.
«Durant les inondations, les installations septiques ne fonctionnaient pas à leur pleine capacité parce que l'élément épurateur qui reçoit le surnageant de la fosse septique était saturé d'eau. «Dans les prochaines semaines, l'eau va se retirer du terrain graduellement et la fosse septique va se remettre à fonctionner normalement», explique la porte-parole de la Régie, Sylvie Gamache.
Lorsque les terrains seront suffisamment asséchés, «on va recommencer à vidanger les fosses selon le calendrier prévu à partir du moment où l'on va avoir accès aux résidences qui n'étaient plus accessibles», dit-elle.
La Régie vidange 10 000 installations septiques chaque année.