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Les masques à fenêtre qui seront portés par les éducatrices favoriseront l’apprentissage et le développement du langage des enfants.
Les masques à fenêtre qui seront portés par les éducatrices favoriseront l’apprentissage et le développement du langage des enfants.

Les CPE toujours sans masques à fenêtre

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
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Un mois après l’octroi d’un contrat d’approvisionnement, les masques à fenêtre sont toujours absents des visages des éducatrices de CPE, car cet équipement fait l’objet de vérifications supplémentaires de la part du gouvernement.

Le gouvernement a choisi la compagnie estrienne Medsup pour fournir 2,9 millions de masques à fenêtre transparente au personnel des centres de la petite enfance et des services de garde. Malgré le fait que ces masques sont fabriqués en Chine, Medsup a été préférée à Entreprise Prémont de Louiseville, car chaque masque était vendu 1,40 $ au lieu de 1,45 $, respectant ainsi la règle du plus bas soumissionnaire conforme à l’appel d’offres. Le délai de livraison inscrit dans l’appel d’offres était assez court. Sauf que rien n’a encore été acheminé vers les CPE, confirme le ministère de la Famille dans un échange de courriels avec Le Nouvelliste.

«Il n’y a pas de difficulté de livraison, nous effectuons actuellement toutes les vérifications requises avant la distribution. En attendant la première livraison, des masques de procédure ont été livrés dans l’ensemble du réseau. Les masques seront livrés au cours des prochaines semaines, dans toute la province», écrit Bryan St-Louis, responsable des relations de presse à la direction des communications du ministère de la Famille.

Le Nouvelliste a voulu savoir quel genre de vérifications un ministère peut faire sur un produit ayant déjà été évalué selon les critères de sélection établis par un appel d’offres du gouvernement. Une brève réponse est venue du Centre d’acquisitions gouvernementales, dont la mission est de fournir les biens et services aux organismes publics.

«Des vérifications de conformité supplémentaires sont actuellement en cours avant la distribution», mentionne par courriel la direction des communications du CAG.

Geneviève Bélisle, directrice générale de l’Association québécoise des centres de la petite enfance, a confirmé vendredi matin que les installations attendent toujours le fameux masque à fenêtre.

«On ne sait pas quand ils vont arriver et je ne sais pas pourquoi ça traîne. Dans une communication transmise par le ministère de la Famille le 18 mars, le ministère dit que le premier appel d’offres (celui remporté par Medsup) est complété, mais que les masques à fenêtre ne seraient pas distribués pour le mois de mars et que ce serait au cours des prochaines semaines. Je trouve ça curieux. Un des critères de l’appel d’offres était un approvisionnement rapide», raconte Mme Bélisle, qui affirme que cette association représente environ 75 % des CPE.

Mathieu Lacombe a annoncé en février qu’il désirait fournir des masques à fenêtre transparente aux éducatrices des CPE, en garderie et en service de garde en milieu familial.

Selon Mme Bélisle, le ministère de la Famille a aussi confirmé qu’un autre appel d’offres, ayant pris fin le 19 mars, va permettre l’octroi d’un contrat à une entreprise qui devra fournir des masques à fenêtre servant à approvisionner les CPE du mois d’avril jusqu’au mois d’août. La directrice de l’association estime que l’approvisionnement en masques pour le personnel est vraiment toute une aventure depuis le début de la pandémie.

«Des gens ont reçu des masques laissés dehors sur une palette. On a reçu des masques pas ensachés, des masques avec des bibittes dedans en janvier. Les membres s’attendaient à avoir des masques à fenêtre en mars. Et voyant qu’on a reçu des masques toxiques, le niveau de confiance par rapport au processus des masques commence à s’effriter. «Depuis le début, c’est un dossier extrêmement complexe et cahoteux.»

La direction de Medsup Canada assure qu’une partie des masques a été acheminée. Les livraisons sont effectuées selon les commandes placées par le gouvernement, indique le président de Medsup, Éric Éthier.

«Les masques sont livrés dans des entrepôts de Revenu Québec. C’est eux qui font la redistribution. Tout ce qui est masques, gants, produits COVID, c’est livré à Revenu Québec. Au niveau de la distribution, tout ce qu’on sait est qu’avec tout ce qui entre, le gouvernement est prudent. Tout est testé par leur équipe. Mais je n’ai aucune idée de la procédure.»

M. Éthier ignore quand la livraison des 2,9 millions de masques sera complétée. Selon lui, livrer un très fort volume de masques en peu de temps compliquerait la logistique pour le gouvernement.

«Les masques à fenêtre, c’est nouveau. Pour eux, dans leurs analyses de produit, il y a une adaptation à faire, je pense», dit le président de Medsup, en assurant que son produit respecte les critères de l’appel d’offres.

Mathieu Lacombe, ministre de la Famille, avait annoncé en février qu’il désirait fournir ce type d’équipements au personnel afin de faciliter le développement et l’apprentissage du langage des tout-petits, un point de vue partagé par Geneviève Bélisle.

Éric Éthier, président de Medsup Canada.

«On souhaite que les milieux éducatifs les aient le plus rapidement possible.»