Le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant prévoit que l’adoption de la loi permettra de procéder à quelque 3500 cycles par année, soit un investissement de 45 millions $, annuellement, de la part de l’État.
Le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant prévoit que l’adoption de la loi permettra de procéder à quelque 3500 cycles par année, soit un investissement de 45 millions $, annuellement, de la part de l’État.

Les couples infertiles auront accès gratuitement à la procréation assistée

Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Les couples infertiles et les femmes seules rêvant d’avoir un enfant auront bientôt accès gratuitement à la procréation assistée.

En vertu du projet de loi 73, déposé mercredi par le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, l’accès à un cycle de fécondation in vitro (FIV) sera désormais inclus dans le panier de services de santé couverts par l’assurance-maladie.

Actuellement, il en coûte au bas mot au moins 6000 $ pour obtenir cette procédure, sans compter le cocktail d’hormones à ingurgiter.

Le traitement sera accessible aux couples hétérosexuels ou homosexuels composés de deux femmes, ainsi qu’aux femmes seules. Dans le cas des couples féminins, une seule des deux femmes y aura droit.

Âge limite

L’âge limite pour l’obtenir a été fixé à 41 ans, un âge au-delà duquel le taux de réussite (entre 5 et 10 %) est estimé trop faible par les experts, a expliqué le ministre en point de presse. Les femmes âgées de 42 ans et plus pourront continuer à recourir aux services d’une clinique privée en assumant les frais.

La couverture publique de l’accès à la procréation médicalement assistée avait été offerte il y a une dizaine d’années par le gouvernement Charest, puis abolie en 2015 par le gouvernement Couillard, qui a préféré instaurer un système de crédits d’impôt.

Fidèle à sa promesse électorale, le gouvernement caquiste revient donc avec cette idée de faciliter la vie aux personnes infertiles qui souhaitent devenir parents, en leur offrant un coup de pouce financier.

M. Carmant prévoit que l’adoption de la loi permettra de procéder à quelque 3500 cycles par année, soit un investissement de 45 millions $, annuellement, de la part de l’État.

La première année, on pense même qu’il pourrait y avoir une forte demande, soit pour environ 7000 cycles.

Un cycle de fécondation in vitro comprend plusieurs étapes, soit d’abord six traitements d’insémination suivis d’une stimulation ovarienne, de la ponction de l’ovule, la congélation de l’embryon et, finalement, l’implantation de l’embryon dans l’utérus de la femme. C’est une procédure réputée «agressive» sur le plan médical et souvent éprouvante sur le plan psychologique.

Taux de réussite

Rappelons que loin d’être garanti, le taux de réussite de cette procédure demeure faible, soit autour de 10 %. Il peut varier beaucoup en fonction de l’âge de la femme et de son état de santé.

«On sait que plus l’âge avance, plus les réussites diminuent», a reconnu le ministre.

La nouvelle a été très bien accueillie par l’Association des obstétriciens et gynécologues du Québec.

Au cours des dernières années, les médecins disent avoir été «témoins des impacts négatifs qu’a eus la fin de la couverture publique de ces actes sur nos patients», a indiqué la présidente de l’association, la Dr Violaine Marcoux, en entrevue téléphonique.

«À première vue, on peut seulement saluer l’initiative», a commenté la DMarcoux, qui n’a trouvé rien à redire à l’esprit et à la lettre du projet de loi.

Elle estime que le projet de loi actuel balise mieux la procédure que l’ancienne façon de faire. Il importe surtout, selon elle, que ce type de pratiques soit bien encadré, grâce à des règles précises, et que «les services offerts soient pérennes».