La refonte des circuits d’autobus de la STTR est aussi difficile à vivre pour les chauffeurs d’autobus.

Les congés de maladie se multiplient pour les chauffeurs d’autobus de la STTR

Trois-Rivières — La refonte des circuits d’autobus de la Société de transport de Trois-Rivières (STTR) n’a pas seulement des impacts chez les usagers, mais également chez les chauffeurs. Selon ce qu’a appris Le Nouvelliste, un nombre record de congés de maladie sont présentement enregistrés depuis la mise en place des nouveaux circuits, au début du mois de juillet.

Sur la centaine de chauffeurs actuellement en poste, huit sont partis en congé de maladie seulement au cours des dernières semaines, confirme le président du syndicat, Donald Simard. À cela s’ajoutent plusieurs autres employés qui, quotidiennement, démontrent à leurs collègues de travail des signes d’épuisement professionnel et de fatigue psychologique.

«C’est du jamais-vu! Je suis à la STTR depuis 21 ans et je n’ai jamais connu une pareille situation», déclare le président du syndicat. Selon lui, il n’est pas rare que les chauffeurs manifestent des signes d’épuisement ces derniers temps. «On les entend nous dire: ‘‘ça commence à être assez, c’est trop pour moi’’. Certaines de nos conductrices aussi, ce n’est pas rare qu’on les voie pleurer. Ce n’est pas évident», constate-t-il.

Les changements au nouveau réseau, mais plus précisément les commentaires reçus quotidiennement de la part des usagers de la STTR, sont principalement au cœur de cette détresse que vivent les chauffeurs d’autobus, constate M. Simard. À cela s’ajoutent des circuits plus serrés et des conditions de travail difficiles à rencontrer en raison de retards sur les réseaux, dont le respect des pauses par exemple. Mais il ressort avant tout que les insultes reçues de la part des usagers sont le principal dénominateur commun.

«On se met à la place des usagers et on comprend bien la frustration qu’ils vivent. Mais le message qu’on essaie de passer en est un de tolérance envers nos chauffeurs. Nos employés sont en première ligne, mais ils ne sont pas à l’origine de ces changements. On est là pour servir la population et on le fait du mieux qu’on peut, mais ça devient difficile à supporter pour certains», confie Donald Simard.

Ce dernier précise toutefois que l’ouverture de la part de l’employeur est très grande afin de trouver des solutions visant à améliorer les choses, mais que de grands changements ne peuvent pas s’opérer du jour au lendemain. «Déjà pour refaire un circuit, il est inscrit dans la convention collective qu’il faut se rasseoir ensemble pour discuter de ces modifications. Mais il y a de la bonne volonté, on regarde ce qui peut être fait au moins pour que les pauses soient respectées en tout temps. Nous sommes ouverts à travailler avec l’employeur, et on sent que cette ouverture est là aussi de leur côté», constate Donald Simard, qui ajoute toutefois qu’à l’intérieur du cadre financier extrêmement serré que la Ville donne à la STTR, les changements majeurs sont difficilement envisageables.

Du côté de la direction de la STTR, on se dit évidemment très sensible à la situation, qu’on reconnaît être difficile pour les chauffeurs d’autobus. «Nous sommes très sensibles à ce qu’ils vivent. Ils ont à gérer au quotidien les commentaires des gens qui doivent adapter leur façon de voyager», signale le directeur général, Guy de Montigny, qui invite la population à non seulement faire preuve de patience, mais à utiliser les bonnes plates-formes afin de faire connaître leurs commentaires à la STTR, notamment par le biais du service à la clientèle.

Entre-temps, un grand plan de mobilisation est à être déployé pour aider les chauffeurs d’autobus et améliorer leur quotidien à court et moyen terme, signale M. de Montigny.

Ce plan passera par une meilleure communication, via différents outils, aux employés afin que ces derniers soient informés des étapes à venir et des avancées du travail du Comité d’amélioration continue, afin de leur démontrer que l’employeur est en mode action et apporte des changements constamment pour améliorer le réseau. Par ailleurs, le soutien direct aux employés sera bonifié, que ce soit par le Programme d’aide aux employés mais aussi d’autres actions qui seront mises en place sous peu, assure le directeur. Finalement, la STTR entend souligner par de nouveaux gestes et de nouvelles actions sa reconnaissance aux employés.

«Nos employés font un excellent travail et on veut les féliciter. Ça va passer par plusieurs leviers, et on veut s’assurer qu’ils savent que nous sommes conscients et très sensibles face à ce qu’ils vivent», conclut Guy de Montigny.