Michael Paul-Hus et Ruby Trépanier, deux des instigateurs de la pétition demandant un meilleur entretien des sentiers du Club de motoneige de la Mauricie.

«Les conditions sont pitoyables»

Trois-Rivières — La motoneige est une industrie majeure pour les régions du Québec. Chaque année, cette activité engendre près de 3 milliards $ en retombées économiques partout au Québec et la Mauricie en profite largement. Alors que la saison bat son plein, trois motoneigistes de la région insatisfaits de la qualité des sentiers sous la responsabilité du Club de motoneige de la Mauricie ont initié une pétition pour faire changer les choses.

Michaël Paul-Hus, Ruby Trépanier et Steve Lavoie ont publié il y a quelques jours une pétition sur les réseaux sociaux et ils ont affiché des copies dans différents relais de la région. Cette pétition, qui «s’adresse plus particulièrement aux membres du conseil d’administration et aux responsables de l’entretien», demande un meilleur entretien des sentiers et un surfaçage sur une base régulière. «Les conditions actuelles sont pitoyables», peut-on lire dans la pétition.

«Cela envoie un message négatif aux motoneigistes provenant de l’extérieur qu’il est préférable d’éviter de circuler dans notre région.»

Le Club de motoneige de la Mauricie est responsable des sentiers du grand Shawinigan jusque vers le parc national de la Mauricie ainsi que de la majorité du territoire de la MRC de Mékinac. Michaël Paul-Hus emprunte ces sentiers depuis dix saisons. Il affirme qu’il n’a jamais vu une aussi mauvaise qualité de l’entretien.

«Les sentiers ne sont pas entretenus. Il y a des lames de neige et beaucoup de bosses. Il y a même des endroits en forêt où il n’y a pas assez de neige, car la neige n’a pas été bien répartie au sol», dénonce-t-il. «Ce n’est pas un manque de neige, il y a eu beaucoup de bordées cet hiver.»

Ces mauvaises conditions ont même, selon les instigateurs de la pétition, entraîné des accidents matériels ces dernières semaines. «Les accidents se sont produits par manque d’entretien et non en raison de mauvaises manœuvres des conducteurs», affirme M. Paul-Hus.

Initiée que depuis quelques jours, la pétition remporterait un certain succès. C’est ce qu’affirment les trois motoneigistes derrière l’initiative.

«Les gens dans les relais n’hésitent pas à signer la pétition», soutient Michaël Paul-Hus. «Nous payons notre droit d’accès annuel. Et les ventes ont été très bonnes cette année.»

Les mauvaises conditions des sentiers pousseraient aussi des touristes à annuler leur séjour dans la région. C’est du moins ce qu’affirme Benoit Germain, le directeur de l’Auberge Beau-Lieu à Trois-Rives. Après un excellent début de saison, il affirme que les motoneigistes des autres régions hésitent à venir en Mauricie. Cette situation est d’autant plus frustrante cette année, alors que d’importants investissements viennent d’être réalisés à cette auberge. Le restaurant et le bar sont entièrement neufs et les chambres ont été rénovées.

«Depuis deux semaines, j’ai eu trois groupes qui ont annulé en raison de l’état des sentiers. Cela signifie que je perds quatre locations de chambre à chaque fois», soutient-il.

Les instigateurs de la pétition veulent se rendre à la prochaine assemblée du conseil d’administration du Club de motoneige de la Mauricie.

«On ne veut pas la démission du conseil d’administration, on souhaite que les sentiers soient bien entretenus», affirme Michaël Paul-Hus. «La Mauricie est supposée être un joyau pour la motoneige. Ce n’est actuellement pas le cas.»

Interrogé sur l’état des sentiers du Club de motoneige de la Mauricie, le président de l’organisme, Louis Germain, soutient que les nombreuses variations de température ainsi que les quelques épisodes de pluie des dernières semaines ont rendu très difficile l’entretien. Il soutient de plus que les surfaceuses sortent trois fois par semaine, ce qui est une pratique normale.

«Nous essayons de faire de notre mieux, mais les changements de température rendent le travail compliqué», note-t-il en précisant que cette année le club a une nouvelle équipe de chauffeurs.

Par ailleurs, Louis Germain soutient qu’un des instigateurs de la pétition était un des chauffeurs chargés de l’entretien des sentiers lors des saisons précédentes. En raison de différends avec ce chauffeur, le club de motoneige n’a pas renouvelé son contrat. Selon M. Germain, cela pourrait être une des raisons qui ont poussé les motoneigistes à lancer la pétition.