Malgré une hausse substantielle de consommation au printemps, Shawinigan ne songe toujours pas à imposer les compteurs d’eau au secteur résidentiel.
Malgré une hausse substantielle de consommation au printemps, Shawinigan ne songe toujours pas à imposer les compteurs d’eau au secteur résidentiel.

Les compteurs d’eau toujours pas envisagés à Shawinigan

SHAWINIGAN — Malgré les avis de restriction de consommation d’eau potable émis au printemps, la Ville de Shawinigan n’envisage toujours pas l’imposition des compteurs d’eau pour le secteur résidentiel. Le maire, Michel Angers, s’en remet toujours à la responsabilité citoyenne pour protéger ses deux principales sources, les lacs à la Pêche et des Piles.

En séance publique régulière mardi soir, le conseil municipal a adopté un règlement établissant un programme d’aide aux particuliers en matière environnementale. Cette mesure vise à encourager l’achat de certains produits pour réduire les impacts sur la nature.

«Par souci de préservation des ressources en eau potable, la Ville souhaite également instaurer des mesures incitatives pour encourager l’utilisation des récupérateurs d’eau de pluie et composteurs ainsi que l’installation de compteurs d’eau», indique la note explicative du règlement.

Or, l’article pertinent précise que cette mesure ne s’adresse qu’aux propriétaires visés par l’obligation d’installation de ces appareils, donc les industries, commerces et institutions. L’aide prévoit le remboursement de 80 % du coût d’installation du compteur d’eau avant taxes, jusqu’à concurrence de 250 $.

Selon M. Angers, le conseil municipal n’a pas vraiment amorcé de réflexion pour le secteur résidentiel, malgré un printemps critique en ce qui concerne la consommation d’eau potable.

Le 26 mai, la Ville de Shawinigan publiait un communiqué pour demander aux citoyens de réduire «considérablement» leur consommation d’eau potable. À ce moment, elle surpassait jusqu’à 50 % la moyenne des années précédentes. Dame Nature n’a pas aidé en retenant les précipitations, forçant la Ville à imposer une interdiction d’arrosage des pelouses le 17 juin, qui demeure en vigueur.

Par contre, pour les travaux de terrassement, l’émission des permis a repris le 30 juin. À ce moment, le directeur du Service de l’ingénierie, André Lahaye, émettait que la consommation en eau demeurait élevée «dans plusieurs quartiers».

Rappelons que le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques suit de près le comportement des lacs à Shawinigan, puisqu’il avait émis des réserves sur leur capacité à fournir l’eau potable à la population à long terme, tout en respectant l’écosystème. Le MELCC trouvait le débit de la rivière Saint-Maurice plus sûr, mais le conseil municipal avait finalement convaincu le gouvernement du Québec de conserver ses sources, en s’engageant toutefois à prendre toutes les précautions nécessaires pour protéger les lacs à la Pêche et des Piles.

Malgré ces balises et l’anormale consommation printanière, M. Angers réitère qu’il ne bronchera pas sur la question des compteurs d’eau pour le secteur résidentiel. Les seules exceptions touchent les maisons qui ont été choisies de façon aléatoire pour former un échantillonnage pour se conformer à la Stratégie québécoise d’économie d’eau potable. Environ 400 résidences privées, comprenant des maisons unifamiliales et des multilogements, sont impliquées. Pour le reste, pas question d’imposer les compteurs d’eau à la grandeur de la ville, martèle M. Angers.

«Tant que je serai là, je ferai confiance aux gens», répète-t-il.

Le maire de Shawinigan ajoute qu’une baisse de consommation d’eau a été observée au cours des dernières semaines, sans toutefois la quantifier.

«Les gens font bien ça», se réjouit-il. «Mais il ne pleut pas suffisamment pour aider le niveau des lacs, qui demeure problématique.»

Les autres mesures du règlement adopté mardi soir prévoient un remboursement d’un maximum de 50 $ pour l’achat d’un baril pour récupérer l’eau de pluie ou un composteur et d’un maximum de 100 $ pour l’achat de couches lavables. Dans tous les cas, l’aide financière correspondra à 50 % du coût d’achat.