La centrale Gentilly-2

Les citoyens divisés sur l'avenir de Gentilly-2

À quelques jours à peine des audiences de la Commission canadienne de sûreté nucléaire portant sur le renouvellement ou non du permis d'exploitation de la centrale Gentilly-2, un sondage mené par la firme Segma-Recherche pour le compte du Nouvelliste et d'Info Astral évoque qu'une majorité de la population souhaite que la centrale demeure en opération.
En effet, la moyenne des 550 personnes sondées à Trois-Rivières, Bécancour et Champlain s'oppose à 56 % à la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2, contre 39 % qui souhaiteraient voir la centrale fermer ses portes.
Les répondants de Trois-Rivières et Gentilly se disent en faveur du maintien des opérations à 57 %, une statistique qui tranche toutefois de manière draconienne lorsqu'on considère uniquement les répondants de la municipalité de Champlain. En effet, les Champlainois sont plutôt en faveur de la fere de la centrale, à 60 %. De ce nombre, 49 % répondent «oui, certainement» à la question portant sur la fermeture de la centrale nucléaire.
«On peut voir le très grand écart qui existe entre l'opinion des gens de Trois-Rivières et Bécancour avec ceux de Champlain. Évidemment, plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomène. On constate que Champlain est la municipalité située la plus près à vol d'oiseau de la centrale, qu'elle est la seule à avoir une vue directe sur les installations et qu'en plus, elle est la municipalité parmi les trois qui bénéficie le moins des retombées économiques de la centrale», constate Raynald Harvey, président de Segma-Recherche.
Ce dernier note par ailleurs que les opinions à l'égard de la fermeture de la centrale sont tout à fait proportionnelles au sentiment de sécurité ou d'insécurité qui prévaut dans la population sondée dans chacune des municipalités. Cette notion de sécurité fera d'ailleurs l'objet d'un autre reportage diffusé demain dans nos pages.
Impact économique
Récemment, une coalition regroupant les maires et les présidents des chambres de commerce de Trois-Rivières et Bécancour, en plus des CLD, de la SADC de Nicolet-Bécancour, de la Conférence régionale des élus, de syndicats, de commissions scolaires, de l'UQTR, d'entrepreneurs, de fournisseurs et de sous-traitants, lançait un appel à ce que la centrale nucléaire poursuive ses activités, notamment en raison des retombées économiques de plus de 100 millions de dollars annuellement et des 800 emplois directs. Des chiffres avancés par la coalition.
Selon les répondants, les retombées économiques de la centrale nucléaire dans la région doivent être prises en considération dans la décision de fermer ou non la centrale nucléaire. En effet, 69 % des répondants jugent très importante ou assez importante la considération des retombées économiques dans la décision de fermer ou non la centrale.
Encore une fois, cette donnée diffère à Champlain, où seulement 55 % des répondants estiment important de considérer les retombées économiques, contre 44 % qui jugent peu ou pas du tout important d'en tenir compte.
Raynald Harvey souligne une nouvelle fois cette différence par les retombées directes dans le milieu de vie des répondants, alors que des villes comme Trois-Rivières ou Bécancour sont beaucoup plus susceptibles de compter, parmi leurs résidents, des employés de la centrale nucléaire ou encore des entreprises sous-contractantes qui bénéficient indirectement de la présence de la centrale nucléaire dans la région.