Édith Bérubé, coordonnatrice locale des services administratifs et techniques dans l’établissement du Haut Saint-Maurice, s’est adressée à la population de La Tuque lors de la soirée d’échange.
Édith Bérubé, coordonnatrice locale des services administratifs et techniques dans l’établissement du Haut Saint-Maurice, s’est adressée à la population de La Tuque lors de la soirée d’échange.

Les citoyens de La Tuque se prononcent sur les priorités

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
LA TUQUE — Le Comité santé de Ville de La Tuque est allé à la rencontre des citoyens du Haut Saint-Maurice pour connaître leur opinion, mardi soir, lors d’une soirée d’échange. Ils se sont déplacés en grand nombre pour partager leurs préoccupations et discuter des moyens pour améliorer leur satisfaction à l’égard des services de santé et services sociaux offerts en Haute-Mauricie.

«Notre objectif était d’écouter, d’échanger, mais aussi de vous entendre sur les problématiques. On veut prendre action en fonction des besoins de la population», a lancé le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

Les citoyens ont pu s’exprimer après la conférence de la Dre Christiane Laberge sur les saines habitudes de vie. Ils ont exprimé leur mécontentement envers plusieurs services, notamment le GMF.

«Concernant les GMF, il y a les heures d’ouverture, les délais pour avoir un rendez-vous et la prise de rendez-vous par téléphone», a indiqué Julie Boulet, coordonnatrice du comité santé.


« On veut prendre action en fonction des besoins de la population »
Pierre-David Tremblay, maire de La Tuque

Les citoyens ont également demandé d’avoir un portrait comparatif «de l’ancien temps» contrairement à aujourd’hui.

«Comment on a évolué en matière de desserte au niveau des spécialités, est-ce qu’on s’est amélioré? Est-ce que la situation s’est détériorée ? Si oui, pourquoi? Est-ce qu’on peut rattraper quelques choses là-dedans», a résumé l’ancienne ministre et députée de Laviolette.

Les gens ont également dénoncé les coûts de déplacement vers d’autres centres hospitaliers.

«C’est un enjeu sur lequel on va travailler très fort», souligne Mme Boulet.

Les participants ont également parlé de certaines spécialités telles que la pédopsychiatrie et l’orthopédie.

«On va fouiller, mais on ne fera pas de miracle sur tous les dossiers», a lancé Julie Boulet.

La vaccination, la formation des préposées, le délai d’attente pour l’hébergement en CHSLD ont également fait l’objet des discussions.

Une autre préoccupation soulevée par un citoyen concernait la gouvernance. «Est-ce que quelqu’un de la Haute-Mauricie siège sur le conseil d’administration du CIUSSS MCQ et combien il y a de gestionnaires en Haute-Mauricie qui sont décisionnels ? […] Ça prend des décideurs et il n’y a plus de conseil d’administration localement», a lancé Yves Tousignant.

À cet effet, Julie Boulet a expliqué qu’il y avait eu une centralisation qui a fait perdre «ce sentiment d’appartenance et de représentativité des territoires plus éloignés. On essaie de redonner actuellement au territoire éloigné dans les mois qui s’en viennent. Le CIUSSS travaille là-dessus. Je suis convaincue qu’on est sur la bonne voie».

Le maire de La Tuque s’est adressé aux gens présents en fin de soirée. Il a tenu à rappeler que la santé était aussi un moyen de rétention autant les jeunes familles et les personnes âgées.

«La santé, c’est aussi une question de sécurité. Les gens veulent être sécurisés […] Il faut se mobiliser et c’est ce qu’on a fait ce soir», a indiqué Pierre-David Tremblay.

La conférence de la Dre Christiane Laberge a été très appréciée lors de la soirée d’échange.

«Il fallait trouver une façon de défendre nos droits et notre point de vue. On doit être entendus», a-t-il ajouté.

Il a également fait savoir qu’il ne s’agissait pas d’un problème de qualité de soins, mais un problème de services.

«Je voudrais dire merci aux employés de la santé qu’ils font un travail exceptionnel. Ce n’est pas un problème de qualité, les gens sont présents, les gens travaillent avec le sourire. À vous qui prenez soin de nos gens malgré les contraintes, le manque de ressources, le stress, je prends le temps de vous dire merci», a affirmé le maire Tremblay.

Le maire de La Tuque a également fait savoir qu’il n’hésiterait pas à être un élément de revendication important. «Lorsqu’il s’agit d’améliorer la qualité de vie des citoyens, l’équipe de Ville de La Tuque va lever la main.»

Juste avant d’entendre les citoyens, des dirigeants du CIUSSS MCQ ont présenté un bref portrait de la situation en Haute-Mauricie.

«On partage entièrement les deux priorités du comité soit l’accessibilité et la qualité des services», a lancé d’entrée de jeu Gilles Hudon, président-directeur adjoint du CIUSSS MCQ.

Des statistiques ont été présentées. On a pu apprendre que le GMF compte 16 médecins, bientôt 17 et que 95% de la population de La Tuque a un médecin de famille.

On a aussi présenté les défis de couverture médicale vis-à-vis certaines spécialités en radiologie notamment.

«Un candidat est actuellement en parrainage et si tout se déroule bien, il devrait être en poste en juin 2020», a affirmé Édith Bérubé, coordonnatrice locale des services administratifs et techniques dans l’établissement du Haut Saint-Maurice.

D’ici là, ce sont des radiologistes du CIUSSS qui assurent le service. Un poste de psychiatre adulte sur deux est également vacant.

Un poste en obstétrique et gynécologique devra également être pourvu en raison d’un départ en juin dernier. En attendant, le service est également assuré par des médecins dépanneurs.

«Il n’y a aucune inquiétude à y avoir, pour le suivi des femmes enceintes et les accouchements; on peut toujours compter sur la présence de quatre de nos médecins de famille qui font de l’obstétrique et de nos deux chirurgiens pour les césariennes», soutient Mme Bérubé.

Cette dernière a également voulu se faire rassurante en soulignant qu’il n’y avait eu aucun bris de services dans les derniers mois et qu’il n’y en a pas de prévu dans le futur.

Mme Bérubé a également fait état de toutes les actions qui ont été prises vis-à-vis la population autochtone qui représente 30% de la population.

«En tant que centre de santé, on a un souci constant de travailler en étroite collaboration avec les représentations des Premières Nations afin de faciliter l’accès aux soins et services pour cette clientèle en rendant nos services culturellement sécurisants pour eux», a noté Édith Bérubé.

On a évidemment fait ressortir les enjeux reliés à la main-d’oeuvre. On estime que les besoins de main-d’œuvre sont plus grands que la main-d’oeuvre disponible.

«On a 2000 postes d’ouverts, le recrutement est un enjeu majeur», a affirmé M. Hudon.

On n’a pas manqué non plus de souligner les bons coups qui ont été réalisés, comme l’agrandissement et le réaménagement de l’urgence et l’ajout de l’unité satellite en hémodialyse.