Les trois chefs Paul-Émile Ottawa, Christian Awashish et David Boivin.

Les chefs atikamekws rencontrent leur population

Des membres des trois communautés autochtones - les organisateurs en attendaient entre 200 et 300 - se sont réunis hier lors d'une grande rencontre au camp Kawaie, situé à une vingtaine de kilomètres de la réserve d'Opitciwan en haute Mauricie.
Les trois chefs des conseils de bande ainsi que la grande chef du conseil de la nation étaient tous présents pour prendre le pouls de leur population. Les chefs voulaient connaître ses intentions afin de mieux préparer les discussions à venir cette semaine avec Québec.
La rencontre s'est déroulée entièrement en langue atikamekw et la population a pu s'exprimer longuement. «C'était une grande rencontre communautaire où la population était invitée à se prononcer sur leurs attentes et leurs visions de la suite du blocus», expliquait hier soir Suzanne Bourdon, conseillère en communication chez Cardinal Commununication, une entreprise qui travaille auprès des Atikamekws.
Malheureusement, la réunion, qui a eu lieu dans un site forestier isolé où les télécommunications sont inexistantes, s'est terminée tard en soirée. Les chefs n'étaient pas disponibles pour une entrevue. Cette rencontre dresse toutefois la table pour la reprise des discussions entre les Atikamekws et le gouvernement du Québec. Rappelons que les Atikamekws demandent la négociation d'une entente similaire à la Paix des Braves qui permettrait d'encadrer l'exploitation des ressources naturelles sur leur territoire ancestral.
À ce titre, Jimmy Néashit, l'émissaire des trois communautés atikamekws nommé la semaine dernière, rencontrera demain en compagnie de deux chefs le gouvernement du Québec. L'objectif de la rencontre est de préparer les négociations à venir. Les leaders autochtones n'excluent pas la possibilité de lever le blocus pendant ces prochaines négociations.
Cette possibilité permettrait aux entreprises forestières de reprendre les opérations de coupes et de transport de la ressource première. Une centaine de travailleurs forestiers et de camionneurs sont sans travail depuis l'imposition le 26 juin dernier du blocus. De plus, trois usines de transformation du bois sont directement menacées par ce blocus. Les réserves diminuent et l'approvisionnement est complètement arrêté.
La Sûreté du Québec, qui surveille de près les barrages routiers des autochtones, ne déplore aucun incident ce week-end. Des barrages routiers sont toujours érigés notamment au kilomètre 25 de la route forestière 25 ainsi que sur la route de Clova. Le blocus ne vise cependant que les opérations forestières. En aucun cas, les touristes ou voyageurs sont arrêtés par les manifestants autochtones. Par ailleurs, les Atikamekws n'excluent toujours pas une intensification des moyens de pression débutés le 26 juin dernier.
Rappelons que les leaders autochtones ont déjà levé une première barrière la semaine dernière. Ceux-ci ont accepté jeudi dernier de laisser circuler les trains de marchandises du Canadien National (CN). Le chef de Wemotaci, David Boivin, avouait la semaine dernière que l'injonction qu'avait obtenu le CN avait pesé dans la balance.