La chasse est toujours aussi populaire en Haute-Mauricie.
La chasse est toujours aussi populaire en Haute-Mauricie.

Les chasseurs au rendez-vous... malgré la pandémie

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Tuque — L’automne rime avec chasse, que ce soit au petit ou grand gibier, pour de nombreux citoyens. Les chasseurs ont d’ailleurs commencé à prendre la forêt d’assaut. Malgré toutes les contraintes en lien avec la pandémie de COVID-19 et les directives à respecter, l’engouement se fait sentir dans les pourvoiries de la Mauricie et à la SÉPAQ.

La COVID n’a pas eu d’impact négatif sur les ventes de séjour de chasse dans les réserves Saint-Maurice et Mastigouche.

«Il s’agit de deux destinations populaires et elles n’ont pas souffert de la pandémie», confirme Simon Boivin, responsable des relations avec les médias pour la SÉPAQ.

«Au niveau des réservations, je pense que c’est plein partout. Il y a autant de demandes pour la chasse à l’orignal que la chasse au petit gibier et on est aussi dans la pêche d’automne. On est assez occupé. La chasse à l’orignal, c’est très en demande, mais c’est toujours complet même dans une année normale», lance Bruno Caron président de l’Association des pourvoiries de la Mauricie et propriétaire de la pourvoirie Waban-Aki.

Signe que les chasseurs sont au rendez-vous, le Club Odanak n’a eu aucune annulation et on a même dû créer une liste d’attente pour les clients. Les dirigeants constatent même que l’enthousiasme est plus grand qu’à l’habitude.

«Il y a eu beaucoup plus de demandes c’est certain. Les gens ont envie de sortir, ils veulent aller à la chasse. Je pense que d’avoir été confinés, ç’a donné le goût aux gens d’aller en forêt. Ça aide au moral de tout le monde, je crois. Chez nous, on a priorisé nos clients habituels, on n’a pas pris d’autres personnes pour cette année», soutient Véronique Pittikwi, directrice du Club Odanak.

On a même senti un fort enthousiasme pour la petite chasse. Il y a des clients qui ont profité de la prolongation de la saison de pêche pour pratiquer les deux sports, une situation particulièrement exceptionnelle.

«La grosse différence cette année, c’est l’augmentation de la demande pour le petit gibier. On est complet autant la semaine que la fin de semaine jusqu’à la fin. […] On a même fait des combos avec la pêche! Ça plaît aux clients, ça nous tient occupés et ça nous fait une belle saison prolongée», soutient M. Caron.

Ce dernier note également que la chasse est exceptionnelle cette année, notamment en raison de la température et du nombre élevés de perdrix.

Par contre, comme tout n’est pas simple cette année avec la pandémie de COVID-19, les mesures sanitaires doivent encore être appliquées et respectées à la lettre.

«C’est difficile à gérer ce bout-là. Il faut respecter les demandes de la Santé publique, on n’a pas le choix. Les gens font très attention, ils n’ont pas envie d’être malades, mais on commence vraiment à être tanné de la COVID», lance Valérie Pittikwi.

On redoute également les fermetures de régions comme celles vécues au printemps qui pourraient avoir des impacts dans certaines pourvoiries. «On surveille ça attentivement, si ça passe au rouge et qu’ils ne peuvent plus changer de région, ça nous affecterait parce que nos clients arrivent beaucoup des grands centres», confirme Bruno Caron.

Respect des mesures

À la SÉPAQ, on assure également que les activités de chasse vont se dérouler dans le respect des mesures et directives sanitaires de la Santé publique.

Évidemment, toutes les procédures de nettoyage en profondeur des chalets et aires communes et l’ensemble des protocoles mis en place au printemps vont se poursuivre.

D’ailleurs, les chasseurs devront suivre les règlements visant les rassemblements. Dans une zone verte, ils doivent se limiter à un maximum de 10 personnes par chalet. De plus, il est fortement recommandé qu’ils incluent des personnes d’un maximum de 3 ménages.

Pour la chasse plus spécifiquement, d’autres changements ont dû être apportés au fonctionnement à la SÉPAQ. On demande aux gens de faire l’enregistrement en ligne ou de prendre rendez-vous dans les postes d’accueil pour restreindre les contacts entre les chasseurs.

Les guides de la SÉPAQ donneront leurs recommandations aux chasseurs à l’extérieur et même, dans certaines réserves, les séances d’information ont été faites par capsules vidéo. Lorsqu’il y aura un guide, il portera le masque et les lunettes de protection.

«Dans certains véhicules, la banquette arrière a été séparée de la banquette avant par un plexiglas. Il demeure aussi, je me dois de le mentionner, que la mesure de distanciation s’applique bien. Chacun arrive avec son propre équipement et quand on chasse en réserve faunique, on a un secteur de chasse exclusif qui est en moyenne de 65 km2. Il y a de la place pour se distancier», note le porte-parole Simon Boivin.

«Les gens qui sont dans une situation qui ne serait pas conforme aux recommandations de la Santé publique, on essaie de les contacter ou ils nous contactent pour régulariser la situation», ajoute-t-il.

On note également que les chasseurs devront «prendre en considération les directives concernant entre autres les déplacements interrégionaux et les restrictions possibles à cet égard».