Les Chambres de commerce lancent un cri d’alarme

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Alors que la crise ferroviaire perdure, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et le Regroupement des Chambres de Commerce de la Mauricie (RCCM) demandent l’intervention des gouvernements afin de dénouer l’impasse et de faire libérer les voies des trains de marchandises et de passagers.

«Le secteur ferroviaire est essentiel dans la chaîne logistique de transport et pour les déplacements des passagers, dont les gens d’affaires. Les manifestants qui bloquent les déplacements ferroviaires peuvent certainement avoir l’oreille des gouvernements en s’assoyant pour dialoguer et en permettant la reprise du transport des marchandises et des voyageurs», a fait savoir Charles Milliard, président-directeur général de la FCCQ.

Alors que l’arrêt obligé des opérations ferroviaires du CN a des conséquences importantes pour l’efficacité des échanges commerciaux, il rappelle que le transport par train est crucial pour plusieurs secteurs de l’économie québécoise et canadienne. «On peut penser au propane, mais aussi aux matières premières pour plusieurs médicaments, de même que des produits périssables qui doivent atteindre les marchés», fait-il remarquer.

Par ailleurs, plusieurs entreprises de la région ont interpellé leur Chambre respective afin d’augmenter la pression sur le milieu politique pour faire cesser le blocus qui nuit considérable à l’économie de la Mauricie. Les conséquences pour le domaine de la santé, le bois, les matières premières, produits agricoles, propane et bien plus encore prennent actuellement une ampleur inquiétante et coûtent très cher aux entreprises touchées, a-t-on rapporté. Aussi, compte tenu du contexte préoccupant que traverse la Chine actuellement, certaines industries de la région ne peuvent pas non plus se tourner vers des fournisseurs de ce pays de l’Asie pour compenser leur besoin immédiat.

Le président du RCCM, Pierre Mercier, profite de l’occasion pour rappeler qu’en Mauricie, «on défend depuis longtemps le dossier du train à grande fréquence, ce moyen de transport qui grandit en popularité grâce, entre autres, à ses bénéfices reconnus au niveau écologique».

«Le RCCM réitère son appui au TGF et ramène dans l’actualité l’importance de l’arrivée du train chez nous. Il faut que le gouvernement de M. Trudeau donne son aval officiellement à ce projet pour des voies dédiées au train de passagers de VIA Rail, de Québec à Toronto. Or, avec cette crise, on envoie un message opposé», partage celui qui chapeaute les rencontres de ce regroupement qui représente plus de 2500 gens d’affaires. Pour la FCCQ et le RCCM, le gouvernement fédéral doit prendre le leadership, avec les provinces, pour établir le dialogue avec les manifestants et permettre à l’économie de reprendre son cours.

«Le ministre des Transports avait permis une résolution au conflit de travail de l’automne dernier. Il doit faciliter l’adoption d’une solution pour éviter que les perturbations ne se prolongent», conclut M. Milliard.