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Lise Gauthier, propriétaire de Gauthier Fleurs et Jardins.
Lise Gauthier, propriétaire de Gauthier Fleurs et Jardins.

Les centres jardins prévoient une deuxième vague... d’engouement

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
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Les sacs de terreau et de compost gelés sont toujours sous bâche dans les centres jardins de la région. La neige n’est pas encore toute fondue. Il fait de plus en plus doux le jour, mais les nuits demeurent sous zéro. Ce n’est donc pas encore le temps de jardiner, visiblement. Malgré tout, André Carbonneau doit «calmer l’ardeur des gens. Ce n’est pas parce que les jardiniers amateurs ont hâte que c’est le temps», fait-il valoir. «Les gens ont peur de manquer de végétaux. C’est comme la peur de manquer de papier de toilette», dit-il.

Les Jardins André Carbonneau de Louiseville ne sont même pas encore ouverts officiellement que le téléphone ne dérougit pas, signe que l’intérêt du public pour l’horticulture et le jardinage se maintient, cette année encore, en ce deuxième printemps de pandémie.

Par rapport à l’an passé, alors que la population vivait un véritable retour à la nature pour mieux traverser l’épreuve du confinement, les centres jardins s’attendent, ce printemps, à une deuxième vague... d’engouement. «Je pense que ça va être pire, cette année», prévoit même M. Carbonneau.

«L’engouement est là déjà», constate-t-il. Ce dernier n’a donc pas le choix. Il reçoit ses clients sur rendez-vous en attendant la grande ouverture.

M. Carbonneau est loin d’être contre cet afflux, bien au contraire. «Honnêtement, ça fait du bien, après quelques années difficiles, d’avoir des années où les gens sont de notre bord. C’est génial», se réjouit-il.

Chez Gauthier Fleurs et Jardins à Trois-Rivières, où une section du commerce est ouverte à l’année, ce sont les fleurs de Pâques qui font affluer les clients, depuis quelques jours. Lise Gauthier, la propriétaire, constate elle aussi que l’engouement nouveau pour le jardinage, qui a émergé en début de pandémie en 2020, ne tarit pas. Tout l’hiver, raconte-t-elle, les gens ont pris des renseignements. «Ils avaient hâte et prévoyaient travailler soit dans leur potager ou leurs plates-bandes.» Ils ont même développé une passion pour les plantes d’intérieur, constate-t-elle.

Malgré tout, les centres jardins ne craignent pas de pénurie de produits, même si certains sont beaucoup plus longs à obtenir que d’habitude, cette année. On se croise les doigts pour ce qui est des importations, notamment les poteries.

André Carbonneau, des Jardins André Carbonneau de Louiseville.

«L’an passé, il y avait eu un débrayage aux ports de Vancouver et de Montréal. Cette année, on a prévu le coup. On a tout fait entrer d’avance. Tout ce qui entre habituellement au mois de mars, on l’a demandé en janvier et tant mieux parce qu’il y a des choses qui ne sont pas arrivées encore. Ce n’est pas que ça manque, mais tout le commerce est chamboulé, dont le transport», constate Mme Gauthier.

Les choses primordiales, comme la terre et les engrais, sont arrivées. «On s’est assuré qu’on puisse avoir de quoi partir la saison comme il le faut», souligne-t-elle. Si le beau temps est de la partie, son entreprise horticole sera ouverte dès la mi-avril.

«On a eu un gros boom pour les semences», ajoute-t-elle. Là aussi, elle constate un retard. «Ce qu’on attendait au mois de février, on vient juste de le recevoir», illustre-t-elle. «Ce qu’on nous dit, c’est qu’il n’y a pas nécessairement une pénurie. C’est que l’ensachage se fait à la main et avec la COVID, il y a moins de monde qui travaille», rappelle-t-elle.

André Carbonneau constate que les fournisseurs ont de la difficulté à livrer certains produits, notamment le terreau pour qui une nouvelle pénurie semble se dessiner, dit-il. Par contre, ce dernier tient à se faire rassurant pour ce qui est de végétaux, légumes et fleurs.

«L’an dernier, quand la COVID est arrivée et qu’on a été confiné, beaucoup de producteurs ont pris peur et ont arrêté de produire», raconte-t-il, ce qui signifiait moins de végétaux sur le marché.

«Cette année, personne ne va arrêter. Tout le monde a augmenté les productions, autant que possible. Il y a même de nouveaux complexes de serres qui se sont construits. Je ne pense pas qu’on aura la pénurie de végétaux qu’on a eue l’an dernier», dit-il.

Avec la COVID, il ne reste plus grand loisirs à pratiquer, rappelle M. Carbonneau. Pour lui, essayer le jardinage, c’est l’adopter et il s’attend à ce que cette activité soit là pour rester pour bien des gens. «Je m’attends à cinq ou six bonnes années comme ça. Après, ça va se stabiliser», prévoit-il.

Selon Lise Gauthier, les produits de potagers et les fleurs auront la cote encore une fois cette année. «Le plus gros engouement, c’est pour les légumes et les plantes d’intérieur», analyse de son côté M. Carbonneau. Ce dernier prévoit qu’à l’ouverture des centres jardins «ça va être le week-end à longueur de semaine. Les gens ont hâte. Ils en ont assez du confinement», constate-t-il.

«Je pense que si je leur demandais 5 $ pour se promener dans les serres, je ferais plus d’argent qu’à leur vendre des plantes», dit-il à la blague.