Les avocats de l’aide juridique de la Mauricie et du Centre-du-Québec sont en grève aujourd’hui. Ce matin, ils ont manifesté devant les bureaux de l’aide juridique à Trois-Rivières avant de se rendre à Québec. Ils sont accompagnés à l’avant de Bruno St-Hilaire, président du syndicat des avocats et avocates de l’aide juridique de la Mauricie/Bois-Francs.

Les avocats de l’aide juridique réclament la parité salariale

TROIS-RIVIÈRES — Sans convention collective depuis avril 2015, les quelque 364 avocats de l’aide juridique au Québec ont délaissé les tribunaux le temps d’une journée pour interpeller le gouvernement sur leurs revendications salariales.

Ils ont ainsi tenu deux journées de grève. La première a eu lieu jeudi et visait les avocats de l’ouest du Québec. Ils en ont alors profité pour manifester devant le palais de justice de Montréal. Et vendredi, c’était au tour des avocats de l’est du Québec, incluant ceux de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Ces derniers ont affiché leurs couleurs tôt en matinée devant les bureaux de l’aide juridique sur la rue Royale à Trois-Rivières avant leur départ pour la Vieille capitale où une manifestation devait avoir lieu devant le Conseil du Trésor à Québec. 

L’essentiel de leurs demandes porte sur la parité salariale qu’ils souhaitent maintenir avec les procureurs aux poursuites criminelles et pénales. Ces derniers ont conclu avec le gouvernement une entente leur accordant une hausse salariale de 10% sur 4 ans, à raison de 2,5 % par année. Les avocats syndiqués de l’aide juridique  veulent la même augmentation en rappelant qu’ils ont depuis plusieurs années cette parité avec les procureurs. Ils se sont fait offrir les mêmes augmentations que l’ensemble des employés de l’État, soit 5,25 pour cent, de 2015 à 2020.

«Nous faisons un travail semblable. Alors pourquoi les procureurs qui portent les accusations auraient un salaire supérieur aux avocats qui défendent une clientèle vulnérable? Le système doit être juste et équitable. C’est un question de principe pour nous», a indiqué Me Karine Bussière, avocate de l’aide juridique à Shawinigan et porte-parole du syndicat des avocats et avocates de l’aide juridique de la Mauricie/Bois-Francs. 

Dans leurs réclamations, ils soutiennent qu’ils travaillent fort pour préserver les droits des personnes économiquement défavorisées. «Nous nous assurons d’une justice équitable pour tous les citoyens malgré les nombreuses inégalités sociales auxquelles nous sommes confrontés tous les jours.  Notre clientèle est trop souvent aux prises avec des problématiques de santé physique et mentale, de pauvreté, de toxicomanie et d’isolement social. Nous sommes à l’écoute des besoins des personnes les plus vulnérables. Nous proposons à la Cour des moyens alternatifs afin d’assurer la réinsertion sociale des clients», a précisé Me Bussière. 

 Les moyens de pression qu’ils ont décidé de mettre en place visent non seulement à faire progresser les négociations sur les paramètres salariaux mais aussi à inciter les partis politiques à se prononcer avant les élections. «Établir des conditions de travail différentes entre les deux groupes d’avocats enverrait un mauvais message quant à l’importance qu’accorde le gouvernement à la défense des droits et libertés des personnes les plus vulnérables de la société. Et cela causerait également des problèmes de recrutement», a ajouté Me Bussière. 

Notons qu’au niveau des clauses normatives, une entente de principe a déjà été conclue. Le débat porte uniquement sur les salaires. 

Au palais de justice de Trois-Rivières, cette journée de grève n’a cependant pas paralysé les audiences. Un avocat était sur place pour assurer les services essentiels auprès des personnes détenues. Les causes impliquant des individus en liberté ont cependant été reportées.